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Les négationnistes sur internet

par Gérard Panczer

 

« La perversité du négationnisme, qui ajoute mensonge et raillerie
à la souffrance d'un monde consterné, ne pourra pas effacer cette monstrueuse
atrocité humaine. La falsification de l'histoire ouvre la voie à des "Auschwitz"
à venir qui pourraient se servir des moyens techniques de l'avenir ! »
Léon Nisand, Les nouveaux horizons de l'éthique - V
ers une redéfinition des valeurs essentielles de la personne humaine
1

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Le procès de Jean Plantin, éditeur du quatrième numéro de la revue négationniste Akribeia est décrit par la presse d'extrême droite comme l'« acharnement » d'une prétendue « police de la pensée » contre la liberté d'expression d'un petit éditeur isolé, ancien étudiant en histoire des universités lyonnaises [Note de l'AAARGH : cf le dossier de l'AAARGH sur l'affaire Plantin.]. Qu'en est-il exactement ? Le réseau de soutien qui s'est constitué sur Internet en dit long sur le prétendu isolement et les objectifs véritables de cette revue.

En Grande-Bretagne, le site néonazi Heretical Press, nostalgique du Troisième Reich, impulse une campagne de soutien pour Jean Plantin. Son logo est une croix gammée inscrite dans une croix celtique. Une citation d'Adolf Hitler est placée en exergue. Ce site est connecté à celui du Ku Klux Klan américain, du National Party britannique ainsi qu'aux [41] divers sites négationnistes internationaux dont le centre canadien d'Ernst Zündel. Il appelle ses militants à envoyer des pétitions en faveur de jean Plantin au « Directeur de la sécurité publique, Hôtel de Police de Lyon » en indiquant adresse, numéro de fax et de téléphone ainsi qu'en dénonçant nommément les deux policiers qui ont conduit l'enquête. Cette opération est menée sous la signature « The Friends of Jean Plantin ». Peu après, le site du BNP (British National Party), principal groupe d'extrême droite, héritier des « chemises noires » d'Oswald Mosley, relaye de même l'appel des amis de jean Plantin. Son slogan est « combattre le racisme anti-blanc ». Le BNP affirme avoir été officiellement remercié par le groupe « The Friends of Jean Plantin ».

En Espagne, Jean Plantin reçoit le soutien du réseau nazi espagnol « España Gotica Nacional-socialismo español ». Son site « Mundo NS » (pour « Monde national-socialiste ») est placé sous le signe de la croix gammée et des SA combattant pour le « pouvoir blanc ». Akribeia est incluse dans la liste des « contacts nationaux-socialistes » au même titre que White Suprematist en Australie, Der Führer en Argentine, ou Hammer Skins en Angleterre : « Akribeia, 45-13 route de Vourles, 69230 Saint-Genis-Laval, France. Le numéro 2 de ce livre-revue de révisionnisme est sorti. C'est tout simplement un joyau. Il faut s'abonner et le lire si l'on veut savoir la vérité sur le révisionnisme. En plus, dans ce numéro, il y a trois textes de E. Aynat, dont les travaux sont estimés dans le monde entier. Ils publient aussi un index complet des textes révisionnistes édités en 1997 partout dans le monde. Cela fait plaisir de voir comment le révisionnisme croît malgré la persécution, et prend une qualité énorme. »

Il est vrai que, de son côté, Jean Plantin annonce dans Akribeia les sommaires de NS Mundo dont celui-ci : « Au sommaire de ce numéro, le cinquième consacré au révisionnisme : un article sur la vie [43] et la carrière de Julius Streicher, responsable du journal antisémite bien connu, Der Stürmer. L'auteur rappelle aussi les nombreuses brutalités dont Streicher a été victime en marge du procès de Nuremberg. »

Les sites spécifiquement négationnistes, auxquels les sites nazis sont directement rattachés par liens hypertextes, ne sont pas de reste. En Belgique le site flamand VHO (Vrij Historisch Onderzoek) se réclamant d'un « révisionnisme pur », dénonce la « terreur contre Jean Plantin et Akribeia » ! Mais, réciproquement, Plantin ne manque jamais l'occasion de faire de la publicité pour les nouvelles parutions de VHO. Le site australien Adelaide lnstitute dont les « lettres » sont relayées par Akribeia, appelle ses militants à faire pression sur le directeur de la sécurité publique de Lyon. Aux États-Unis, à Coeur d'Alene, Idaho, c'est Robert Faurisson en personne qui dénonce en anglais la « persécution » à Lyon des révisonnistes dans les pages virtuelles du site « Campagne pour une vérité radicale en Histoire ». L'activiste Michael Hoffman Il (sic), promoteur du site, appelle ses sympathisants à contribuer financièrement à l'entreprise de Jean Plantin et livre même son numéro de téléphone.

En France, c'est le « Libre journal de la France Courtoise », « décadaire de résistance française et catholique » animé par le vétéran du Front national Serge de Beketch, après avoir dénoncé « l'avocat israélite Yves Jouffa », bête noire de Maurice Papon et de Robert Faurisson, qui apporte son soutien à Jean Plantin. Il donne les noms des policiers chargés de l'enquête, une menace à peine voilée : « En rendant publics les noms de ces fonctionnaires, de ces policiers et de ces magistrats, les Amis de Jean Plantin ne font, en somme, que remplir le devoir de mémoire qui leur incombe. »

Mais c'est surtout le site AAARGH qui sert de relais, un sigle qui signifie, dans l'humour très particulier de La Vieille Taupe : « Association des anciens [44] amateurs de récits de guerre et d'holocauste ». Il a installé sur Internet l'intégralité des « notes de lectures » du n° 1 d ' Akribeia rédigées par Jean Plantin. Mieux encore, ce site est tenu informé de source directe de l'enquête visant Jean Plantin. Sous la rubrique « L'Actualité de mars 1999 » AAARGH décrit l'arrestation de Jean Plantin et la perquisition à son domicile, donnant le nom des policiers, citant les titres des livres saisis, l'heure de la remise en liberté de Plantin, etc. :

« Le 14 et le 15 janvier 1999, le (sic) Jean Plantin, éditeur de la revue Akribeia, aux sympathies révisionnistes avouées, a passé plus de vingt-quatre heures en garde à vue à l'hôtel de police de Lyon [...] Après un interrogatoire de deux heures, il passe la nuit au dépôt et subit de nouveau un interrogatoire de plusieurs heures. [...] Il accompagne chez lui les policiers lyonnais [suivent les noms des policiers, les inspecteurs Jean-Pierre Ducros et Damien Baconnier] assistés d'un individu mal défini venu de Paris, apparemment agent de la "Direction des libertés publiques" du ministère de l'intérieur. » etc.

La stratégie et le discours obsessionnel des négationnistes sur le Web ne diffèrent guère de celui de leurs publications papier. Leurs constantes sont, la recherche d'une légitimité scientifique, la tentative d'infiltration des milieux universitaires, un antisémitisme virulent déguisé sous un antisionisme militant, le mythe d'un complot judéo-politico-journalistique [Note de l'AAARGH : mais où diable évoquons nous un tel complot ? Nous nous contentons d'attribuer à des organisations sionistes internationales ayant pignon sur rue une politique terroriste (destinée à tuer le plus de Palestiniens possibles) appuyée sur une propagande du type le plus banal !]. Tout cela sous la proclamation frénétique de la « liberté d'expression » et un verbiage « rouge-brun ». Le mythe du complot juif est une des autres constantes des articles présentés sur le Web où sont soulignés les « intérêts juifs », « les journalistes juifs », « les lobbies juifs »... [Note de l'AAARGH : les « journalistes américains = complot américain » ; « les intérêts américains = complot américain »...] Les gestionnaires de ces sites Web sont régulièrement poursuivis par la justice pour incitation à la haine raciale et pour négation des crimes contre l'humanité [Note de l'AAARGH : voir, à la page d'index actualité de l'AAARGH, comment les deux ou trois plaintes qui ont été portées contre des sites révisionnistes ont finalement échoué : affaire Töben, Faurisson, UEJF.]. Mais l'absence apparente de législation sur Internet les préserve souvent de toute condamnation.

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Sur Radio-islam, traduit en dix langues 2, Ahmed Rami, extrémiste marocain réfugié en Suède, donne libre cours à son antisémitisme : « terrorisme intellectuel et politique exercé par les juifs » ; « propagande mensongère juive » , « les médias français totalement manipulés par les juifs » ; « le lobby sioniste » ; « mafia juive » ; « la marionnette juive, Mouloud Aounit, président du Mrap ». Be Wise As Serpents [Soyez rusés comme des serpents] tenu par la très sectaire International Christian Educationai Services, dont le logo représente un loup déguisé en mouton portant une étoile de David, propose des pages « conspiration » et « judai~me talmudique » et fournit en intégrale les Protocoles des Sages de Sion comme d'ailleurs Radio-Islam. Serge Thion, gestionnaire de AAARGH, cultive également la thèse des opprimés oppresseurs : « On nous présente une Internationale noire [...] qui est l'exacte réplique de la conspiration décrite par les Protocoles des Sages de Sion. »

Il est révélateur qu'une publicité enthousiaste soit faite à ces sites sur les serveurs néofascistes annonçant cette fois clairement la couleur. Parmi eux citons National Alliance, « pour une société aryenne » (les critères d'adhésion sont : être blanc, non juif et d'ancêtres exclusivement de souche européenne), Metzger, site de Tom Metzger 3,ou la « Haine Résistante des Aryens Blancs » (diffusant des caricatures racistes et antisémites) ou encore Stormfront. Harold Covington, leader du Parti national-socialiste du peuple, ne déclare-t-il pas : « La raison véritable du révisionnisme est de faire à nouveau du national-socialisme une alternative politique acceptable » ?

La loghorrée raciste diffusée par ces sites extrémistes, sur fond d'idéologies d'extrême droite et de tiers-mondisme ultra-gauchiste, est combattue par certains serveurs actifs. Les sites du Centre Simon Wiesenthal 4 (Californie), le site de Daniel Keren avec ses Réponses aux négateurs de l'holocauste 5 (Holocaust Denial and the Big Lie), le site de Hilary [46] Ostrov 6, Shamash 7, et le célèbre site du projet Nizkor (« Nous nous souviendrons ! » en hébreu) 8, de Ken McVay qui se charge de mettre en connexion les sites négationnistes et ceux réfutant leurs arguments. Le CHR, Coalition pour la dignité humaine (Portland, USA) rapporte régulièrement les faits et gestes des organisations négationnistes et se mobilise contre les interventions de leurs leaders. Lin Collette en décrit les mécanismes, surtout aux USA, dans « Rencontre avec les négateurs de l'holocauste »9, Communauté On-Line consacre une page au négationnisme et Michel Fingerhut offre ses excellentes « Ressources documentaires sur le génocide nazi et sa négation »10, mettant régulièrement à jour les articles ou ouvrages traitant du négationnisme. Quant à Gilles Karmasyn, il analyse la pratique de l'histoire et les dévoiements négationnistes 11. Les sites haineux, racistes ou révisionnistes sont répertoriés dans la page « Haine sur le Net : le côté obscur du Net »12 et « Un regard sur la haine »13, qui révèlent et analysent une centaine d'adresses de par le monde. Il dénonce en particulier AAARGH et Radio-islam dont on trouve la publicité dans la revue néonazie Nordland et dans Rivarol 14.

Après avoir créé des forums de discussions thématiques (news group) tels que alt.revisionism, où leurs arguments étaient systématiquement contrés par des cybernautes vigilants, les activistes « révisionnistes » se sont donc installés sur des pages Web ne nécessitant pas de débats 15. Outre ceux déjà cités, les principaux sites sont l'Institute for Historical Review pour la « révision historique » de Greg Raven (Californie) et le Zundelsite - Site de la réfutation de l'holocauste, géré par Zundel, un germano-canadien dont le logo est une croix gammée "épurée", noire sur fond rouge et blanc. Ceux-ci reproduisent les articles de la Revue d'Histoire Révisionniste française où l'on retrouve les Henri Roques, Serge Thion, David Irving, etc. Les négationnistes européens rattrapent leur retard. Ainsi ont été créés le Wilhelm Tell Revisionismus en Suisse et Sleipnir en Allemagne. Bien entendu tous ces sites sont interconnectés et se font mutuellement de la publicité. Akribeia cite systématiquement le Codoh ou Sleipnir. Le site australien Adélaïde se targue d'être un « Institut ». Frédéric Töben, son animateur, ne perd pas une occasion pour préciser qu'il est « doctor », et l'Américain Arthur Butz, hébergé par un serveur universitaire (North-Western University) précise dans ses articles qu'il est professeur (associé en ingénierie électrique et informatique !). Tous recherchent la reconnaissance universitaire, essentielle à la légitimité de leurs discours.

L'ADL, Ligue anti-diffamation, organisation antiraciste nord-américaine, présente sur le Web donne de nombreux exemples du mode d'infiltration des activistes négationnistes dans les universités 16. Bradley Smith (Codoh) ne cache d'ailleurs pas ses intentions dans son « projet Campus ». En 1994, il a pu faire paraître dans le journal d'une université canadienne un encart publicitaire intitulé : « L'histoire de l'holocauste : à quel point est-elle fausse ? » Depuis, de nombreuses tentatives ont été faites pour s'introduire dans les publications des campus universitaires, en particulier à l'université du Maryland et de Chicago. Au nom de la liberté d'expression, une tentative illusoire d'équilibre a été proposée par les rédacteurs de ces éditions en invitant le directeur de l'ADL pour une conférence contradictoire sur le campus ! Le Student Revisionnist Ressource Site, « Site ressources des étudiants révisionnistes » du Britannique David Irving, est hébergé par le serveur de l'université de l'État de Washington (dont l'URL se termine par « edu » signe des serveurs universitaires ou de l'éducation).

Tous ces serveurs Web ont la caractéristique de s'abriter derrière la « liberté d'expression » et de se réclamer du premier amendement de la constitution des États-Unis. ils arborent le blue ribbon, le ruban bleu en faveur de la liberté absolue d'expression sur Internet. C'est le cas du site FAEM (Machine à exercer [48] le premier amendement) de David McCalden [Note de l'AAARGH : Bien sûr, on souffre pour l'auteur qui nous avait pourtant dévoilé les mystères du .edu. En effet, Mac Calden est mort et bien mort, bien avant l'Internet...]. Ce Californien d'origine irlandaise se réfère au premier amendement de la constitution des États-Unis d'Amérique qui garantit la liberté d'expression et, sous ce drapeau, favorise la diffusion des textes révisionnistes. Serge Thion, quant à lui, se prévaut de l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme alors que Hoffmann dans sa Campagne pour une vérité radicale en Histoire cite John Milton : « Donnez-moi la liberté de savoir, de déclarer, et d'argumenter librement en accord avec ma conscience et ceci au-dessus de toutes autres libertés. » Le débat sur la tolérance et le tolérable ne risque pas d'être clos de sitôt.

Le débat sur l'opportunité d'une législation internationale sur Internet est en cours. Les serveurs se déchargent de toute responsabilité quant au contenu des pages Web connectées par leur intermédiaire. Le serveur commercial Kaiwan (.com) hébergeant les sites du Codoh et PHI ? de Greg Raven, comme le serveur universitaire (.edu) hébergeant Butz (université du Nord-Ouest) préviennent : « Le contenu de toutes les pages Web que nous hébergeons est uniquement sous la responsabilité de ses auteurs et non sous la responsabilité de la Northwestern University [ ...]. La Northwestern University n'interférera pas dans le contenu des pages Web à l'exception, si nécessaire, de vérification de contenus violant les règlements fédéraux, de lÉtat, les règlements locaux ou ceux de l'Université. »

Il semble donc qu'au regard de la loi nord-américaine rien des propos ou des connections présentes sur le site de Butz ne soit répréhensible, alors qu'en France cette propagande tomberaient sous le coup de la loi. Le responsable du serveur fournit néanmoins une adresse où signaler les abus relevés. Cependant certains serveurs, rares il est vrai, ne donnent pas d'accès aux mainteneurs de pages négationnistes ou racistes. C'est le cas de Geocities, qui immédiatement est devenu la cible des sites haineux.

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Dans Holocaust denial and the lnternet17, Avi-Jacob Hyman propose une étude juridique pour une potentielle action contre les holocaust deniers, les négateurs de la Shoah, tout en préservant les principes de la liberté d'expression.

Les serveurs Internet français ont été sensibilisés à ce problème après avoir été assignés en référé par VUEIF (Union des étudiants juifs de France) en 1996 afin de répondre du fait qu'ils permettent d'accéder aux sites négationnistes même s'ils sont étrangers. Le débat a donc été ouvert. Marc Knobel, relais en France du Centre Simon-Wiesenthal, estime qu'il existe désormais « un arsenal juridique largement suffisant » dont le législateur en France doit pouvoir se servir 18. Les conseillers juridiques auprès des universités sont formels : « Nous entendons souvent parler d'un prétendu 'vide juridique" qui entoure Internet... En réalité, s'il n'appartient à personne, l'Internet n'est pas sans loi, bien au contraire »19. Le Web n'est qu'un support public comme un autre regi par les conventions internationales, le droit communautaire et le droit national. Robert Faurisson a pu être mis en examen pour contestation de crimes contre l'humanité à partir « d'un site révisionniste »20. Une charte éthique 21, ou tout du moins de bonne conduite, est envisagée en particulier au CNRS afin qu'aucune publication révisionniste ne puisse être diffusée en France à partir de son réseau Renater.

De ce point de vue, Serge Thion, l'animateur de AAARGH, est un « cas d'école » exemplaire. Une des revues de l'extrême droite antisémite, Faits et Documents 22 animée par Emmanuel Ratier, faisait savoir à ses lecteurs, dans un article de soutien à Roger Garaudy, qu'il était possible de se procurer la liste des textes révisionnistes dans la revue Le Temps irréparable disponible pour la modique somme de 50 F à une adresse dans l'Essonne. Il s'agissait de l'adresse personnelle de Serge Thion. Son cas ne mériterait sans doute pas spécifiquement l'attention s'il n'était rétribué par le contribuable en tant que [50] fonctionnaire de l'État, chargé de recherches en sciences humaines au très honorable Centre national de la recherche scientifique (CNRS) dont il utilise abusivement la caution scientifique. Dès 1995, Serge Thion se met à utiliser systématiquement les moyens mis à disposition par le CNRS. Il n'hésite pas à communiquer son adresse électronique de la Maison des sciences de l'Homme et de son laboratoire d'affectation à Paris, le Centre d'anthropologie de la Chine du sud et de la péninsule indochinoise (le CACSPI, Unité propre n' 413 du CNRS), dans ses pamphlets nauséabonds jusqu'alors sur support papier : Global Patelin, La Gazette du Golfe et des Banlieues, Le Temps irréparable. Après avoir été hébergé par le Codoh et Radio-islam, sites Internet localisés respectivement en Californie et en Suède, Serge Thion crée en 1996 son propre site : AAARGH (Association des anciens amateurs de récits de guerre et d'holocauste) hébergé par Ahmed Rami (www.abbc.com) responsable de Radio-islam. Tous deux émettent à partir de la société Crawford 23, un serveur d'Atlanta (Georgie, USA). AAARGH, site multilingue, se nomme en anglais WHOTAAAN (War and Holocaust Tales Ancient Amateurs Association) d'après le dieu germanique. La fascination aryenne étant une constante dans ces milieux et ce n'est sans doute qu'une coïncidence si un groupe néonazi anglo-saxon se dénomme WOTAN (Will Of The Aryan Nation).

Le site de Serge Thion est le seul diffuseur sur le Web des bulletins confidentiels de la secte de La Vieille Taupe, qui se définit elle-même comme un « Organe de critique et d'orientation postmessianique », se plaignant de la « persécution des hérétiques », et écrivant le mot « médiats » avec un t, à la suite de Bernard Notin, comme signe de reconnaissance des activistes négationnistes. Dans ce milieu, les concours de jeux de mots exécrables sont monnaie courante : « Carmel Mou »24 ; « Shoah-Business »25[Note de l'AAARGH : bien sûr, cette expression n'est d'aucun révisionniste ; elle est des auteurs juifs américains, fort nombreux, qui dénoncent l'exploitation de l'"extermination des juifs par les nazis" dans un but commercial et non purement politique ­ ce qui ne les rend guère plus sympathiques que leurs ennemis, d'ailleurs. L'expression exacte « There's no business like shoah-business » est une parodie de l'expression courante « There's no business like show-business ».] ; « Auschwitz über alles » [Note de l'AAARGH : personne à l'AAARGH, ne se souvient d'avoir écrit une telle ineptie sur le sens de laquelle on s'interroge par ailleurs. Son auteur souhaiterait-il qu'Auschwitz soit le maître du monde ? Que le monde soit transformé en Auschwitz ? Ou alors, s'agirait-il d'une accusation portée contre les idéologues qui voudraient mettre Auschwitz à toutes les sauces, universitaires, scolaires, télévisuelles, radiophoniques, littéraires, internetienne et judiciaire ­ nous avons certainement oublié certains lieux d'expression ; qu'ils nous le pardonnent !], « canulars [51] holocaustiques » [Note de l'AAARGH : nous rigolons beaucoup devant l'emploi du mot holocauste pour désigner un génocide du XXe siècle. Un holocauste est un sacrifice où la victime est entièrement brûlée, ce qui signifie que les prêtres n'en recueillent pas les restes, généralement abondants, comme ils le font dans les autres sacrifices, et qu'il faut donc les payer en plus pour leur liturgie. C'est un terme qui est tombé en désuétude vers le IIIe siècle après Jésus-Christ, lorsque le christianisme eut supplanté les religsions traditionnelles. Il ne peut appartenir en aucune façon au vocabulaire historique utilisé pour décrire l'histoire de la seconde guerre mondiale et n'est utilisé que par des idéologues. Au mois d'octobre 1999, interrogée sur Arte, l'historienne Wievorka déclarait que ce terme, utilisé presque exclusivement par les Anglo-Saxons, était ignoré des historiens français qui avaient en revanche adopté le mot Shoah, qui signifie catastrophe en hébreu. Nous n'utilisons pas davantage ce terme, premièrement parce qu'il est étranger ; deuxièmement parce qu'il fait de l'extermination présumée des juifs par les nazis « la » catastrophe par excellence. Or il y en eut d'autres, et d'avérées : ainsi Anne Comnène raconte dans L'Alexiade comment son père, l'empereur Alexis Comnène, extermina tous les Petchenègues, y compris les femmes et les enfants ; elle en fait un titre de gloire. Qui, depuis le XIe siècle (date de l'extermination) a entendu parler des Petchenègues ? Doit- on verbaliser la comparaison plus avant, ou l'allusioln suffit-elle ?]], « mirobolante carpentrasserie »26. Serge Thion fait également de la publicité pour une page Web, Solus, qui, toujours bien sûr au nom du droit à « l'information », propose les textes les plus antisémites de Céline (Bagatelles pour un massacre), antisionistes de Genet (Quatre heures à Chatila, « version non censurée par les autorités palestiniennes » [sic]) ainsi que des textes « érotiques » pédophiles ! Mis en cause dans Négation des camps, Négation des corps de Didier Daeninckx 27, Serge Thion se défend d'être le responsable de Solus, qui pourtant est à la même adresse Web que AAARGH, celle du serveur Radio-islam (abbc.com). [[Note de l'AAARGH : pour toute cette affaire Daeninckx, voir l'analyse de Serge Thion dans L'Ahuri des poubelles (Didier Daeninckx), juillet 1997.]

Depuis 1980, le rôle de Serge Thion comme l'un des principaux activistes négationnistes français est connu. Il a été exposé dans de très nombreux articles ou ouvrages traitant du négationnisme en France. Citons Avis aux lecteurs de Jean-Paul Sartre28 ; Faussaire de l'histoire du génocide hitlérien, Robert Faurisson est confondu par les avocats de Laurence Rubinstein 29 ; L'histoire d'une dérive. Les Naufragés de La Vieille Taupe de Henri Guirchoun 30 ; Parcours du ressentiment31et Les Redresseurs de morts32 de Nadine Fresco ; L'avenir d'une négation d'Alain Finkielkraut 33 ; La négation de l'holocauste aujourd'hui de Manuel Prutschi 34 ; Où l'on reparle du révisionnisme de Marc Knobe 35 ; Le génocide nazi et les négationnistes de Bernard Comte 36 ; Le négationnisme en France de Pierre Milza 37  ; Zones d'ombre et coup monté de Philippe Videlier 38 et Des croix gammées sur Internet, de Sara Daniel et Marie-France Etchegoin 39 ; French research agency to seek ruling on Holocaust sceptics de Declan Butler 40. Malgré cela Serge Thion n'a jamais été inquiété par son institution. André Kaspi, ancien directeur du département des sciences de l'Homme et de la société du CNRS entre 1994 et 1997, supérieur hiérarchique de Serge Thion jusqu'en octobre 1997 et membre du Comité d'honneur de l'association Fondation pour la mémoire d'Auschwitz (AFMA), ne [52] fait cependant jamais allusion dans ses interventions, Négationnisme et révisionnisme 41 et Un tabou a été levé 42, au fait qu'un des chercheurs de son département est l'un des activistes négationnistes français les plus productifs.

Serge Thion n'hésite pas à mêler ses écrits négationnistes avec ses publications officielles de « scientifique » sur une page web personnelle « Totus ». Mais sont-elles si différentes ? Le négationnisme de Thion « chercheur au CNRS à ses moments perdus » d'après Pierre Vidal-Naquet ** 43, est une seconde nature puisque ses écrits se rapportant à son activité au CNRS portent sur la « révision » du génocide cambodgien : Khmers rouges ! 44 (« Si les mots ont un sens, il n'y a certainement pas eu de génocide au Cambodge ») et Cambodgia genocide controversy file (1995) 45. Ce dernier dossier, hébergé sur Internet par les serveurs des universités de Berkeley et de Princeton, est édité sous le sigle Le Temps irréparable à l'adresse personnelle de Serge Thion, mais il est disponible sur simple demande à son adresse électronique professionnelle du CNRS ([email protected]) ! Dans « Le Cambodge, les droits de l'homme et l'opinion internationale » 46 Paul Thibaud relevait déjà « l'incapacité où se trouvent Chomsky et Serge Thion de prendre, à propos du Cambodge, la mesure d'un phénomène totalitaire ». De même, Jean-Paul Sartre, suite à la parution dans Les Temps Modernes (n° 404, 1980) d'un article de Serge Thion « à la faveur d'un tour de passe-passe », mettait les lecteurs en garde : « Nous avons appris que Serge Thion défendait les thèses du sinistre Robert Faurisson qui nie, on le sait, la réalité de l'extermination et l'existence des chambres à gaz. Ceci nous amène évidemment à demander à nos lecteurs d'accueillir avec réserves les informations communiquées par Serge Thion sur l'Indochine. » Avec un « spécialiste » de cette trempe, les génocidaires khmers rouges peuvent dormir sur leurs deux oreilles !

[53]

Paradoxalement, le brûlot antisémite Revision 47, qui propose dans son catalogue (n° 79, 1997) Vérité historique ou Vérité politique ? de Serge Thion (en compagnie des Protocoles des Sages de Sion, version « authentique » de 1903 [sic ! ] n'hésite pas à se féliciter de la demande de dissolution « pure et simple » du CNRS par Pierre Vial, professeur à l'université Lyon III et membre du Bureau politique du Front national avant d'en être exclu comme mégrétiste.

Revision ne craint pas d'écrire :

« Il aura fallu longtemps pour qu'un parti politique fasse la judicieuse proposition de dissoudre le Centre national de la recherche scientifique, cette officine juive. Non pas que cet organisme soit uniquement composé de juifs, loin s'en faut, mais parce qu'un grand nombre de ses directeurs de recherche sont juifs et qu'ils semblent considérer que leur fonction consiste à empêcher la poursuite de toute recherche un tant soit peu pointue, risquant de contrarier les intérêts de leur secte, quand bien même la plupart d'entre eux sont athées ou agnostiques. »

Serge Thion n'est pas un cas isolé. Deux de ses collègues sociologues, également chargés de recherches au CNRS, Gabor Tamas Rittersporn et Claude Karnoouh sont des vieux de la Vieille (Taupe !). Pierre Guillaume, éditeur en chef de La Vieille Taupe, ne manque d'ailleurs pas une occasion de se féliciter d'avoir des amis si bien placés  48. Ils se sont associés en effet à plusieurs publications négationnistes éditées par la secte dont Vérité historique ou Vérité politique ?' « ouvrage édité [ ...] avec la participation et sous la responsabilité de Gabor Tamas Rittersporn et Serge Thion » (entre autres) 49 et Intolérable Intolérance, où se retrouvent ensemble notamment Jean-Gabriel Cohn-Bendit, Éric Delcroix et Claude Karnoouh 50. On retrouve leurs noms dans les procès de Robert Faurisson :

« On vit alors un chercheur du CNRS, M. Claude Karnoouh, défendre l'indéfendable Faurisson »51. G. T. Rittersporn vient, lui, témoigner pour Faurisson au [54] nom d'une « solidarité intellectuelle et morale », défendant « la rigueur et l'honnêteté » de ses travaux 52. Dans l'introduction à l'ouvrage d'Ernst Zündel de 1993 retraçant son procès au Canada, (Six millions sont-ils vraiment morts ?), Robert Faurisson explique qu'il ne peut être accusé d'antisémitisme puisqu'il est soutenu dans ses thèses par « les juifs Claude Karnoouh et Tamas Rittersporn ». Alain Finkielkraut commente ainsi la présence de ces « fers de lance de la négation » aux cotés de Faurisson : « Sans doute, Claude Karnoouh, [ ...] Gabor Rittersporn ajoutent-ils un chapitre à l'histoire interminable de la haine de soi. » Triste ironie du sort, G. T. Rittersporn venait d'être affecté en 1997, au Centre franco-allemand de recherche en sciences sociales Marc-Bloch de Berlin (unité mixte de recherche, n' 296), institut de recherche dont le nom honore le célèbre historien français, fondateur des Annales d'Histoire, résistant juif républicain, fusillé par les nazis. Devant le scandale, le ministère des affaires étrangères français prit alors la décision de rappeler Gabor Rittersporn en France, une position tranchée qui embarrassa le département des sciences de l'Homme et de la société du CNRS [Note de l'AAARGH : voir notre dossier Rittersporn, qui raconte l'affaire jusqu'au moment où Rittersporn gémit dans Le Monde : «  Ça peut pas êt'moi, j'suis juif. », ce qui lui vaut l'absolution du Monde et des fanatiques mous mais évidemment pas celle du gang du poisson de Lyon, pour qui il n'est pas de pardon. Et ces gens-là prétendent que leur revue est chrétienne].

Pétri d'un sentiment d'impunité, se sentant à l'abri derrière l'absence de règles concernant Internet, Serge Thion n'hésite pas à « cracher dans la soupe ». Il s'en est déjà pris aux éditions du CNRS, à la présidente du Comité d'éthique pour les sciences du CNRS (Comets) : « Mme Ahrweiller a beau promettre à Wiesel qu'elle maintiendra la Sorbonne... revisionnistfreï [sic], le révisionnisme est sous vos pieds. Vous ne pourrez plus faire un pas sans tomber dans ses trappes »53 et continue de plus belle en insultant ses collègues (Vidal-Naquet, Bédarida, Kaspi 54...). Voilà plus de vingt ans qu'il sévit, qu'il utilise abusivement le matériel informatique de la Maison des sciences de l'Homme à Paris, le sigle du CNRS", et son statut de chercheur 55, [Note de l'AAARGH : l'idée que le CNRS mette du matériel informatique à la disposition de ses chercheurs fait hurler de rire quiconque a passé deux heures dans les labos-trous-à-rat où s'empilent vingt-cinq chercheurs dans dix mètres carrés, avec un budget informatique de misère], vingt ans que le CNRS est éclaboussé à chaque procès (« cour [55] d'appel de Paris, 26 avril 1983 : parties en cause : M. Robert Faurisson [ ... ], M. Serge Thion, chargé de recherche au CNRS ... »56,) que l'éthique de la recherche est bafouée sans que les questionnements éthiques ne soient suivis d'effets. Esprit de corps ? Manque de courage ? Désintérêt ?

Le Comité national d'évaluation des universités a pourtant lui été clair en 1992 en ce qui concerne l'université Jean-Moulin-Lyon III, repaire bien connu de l'extrême droite radicale : « ... les errements constatés dans un passé récent conduisent à recommander aux autorités responsables [...] d'allier à une vigilance active la plus grande fermeté. [...] Un universitaire a des obligations de rigueur scientifique non seulement lorsqu'il exerce ses fonctions d'enseignement, de recherche [...] au sein de l'université, mais aussi lorsqu'il s'exprime publiquement audehors en faisant état de ses titres et de son appartenance à l'université. Dès que des manquements à cette déontologie sont constatés, les autorités universitaires doivent les sanctionner. Cette responsabilité est la leur. [...] C'est bien la communauté universitaire et elle seule qui doit intervenir. Elle doit le faire sans hésitation, sans retard, sans faiblesse, sans céder à la tentation parfois grande d'étouffer une "affaire". Cette rigueur, cette fermeté, et pour tout dire cette loyauté sont attendues des universitaires. Qui ne comprendrait aujourd'hui que, sur ce terrain, c'est l'image et l'avenir de l'institution universitaire qui sont en jeu ? »

En 1982, puis en 1983, la direction générale et le Comité national du CNRS sont alertés sur la présence de plusieurs négationnistes au sein de la section sociologie. Pas de réaction. Il faut attendre 1984 pour que la section de sociologie du travail du Comité national, l'« assemblée nationale » des chercheurs chargée de l'évaluation scientifique des chercheurs, juge bon, sous la plume et à l'honneur de Mme Sabine Erbès-Seguin, présidente de la section, de mettre (discrètement) en garde quelques-uns de [56] ses chercheurs favorables au thèses de Faurisson : « Chacun a bien entendu le droit d'exprimer, en tant que personne privée, les opinions qu'il souhaite. Cependant, l'exercice de cette liberté pose, dans ce cas précis, des problèmes déontologiques. Le combat politique auquel vous adhérez vise en effet à ouvrir un débat estimé "scientifique". Or la seule mention de votre appartenance au CNRS, lors de vos interventions dans ce débat, tend à créer une équivoque et à faire supposer que vous vous appuyez sur les résultats de recherches entreprises dans le cadre du CNRS pour défendre vos opinions, ce qui n'est nullement le cas. [...] Il est de ma responsabilité de vous demander très fermement de n'exprimer vos opinions qu'en votre seul nom personnel, sans faire aucune mention de votre appartenance au CNRS, ce qui pourrait apparaître proche de la faute professionnelle. »

Et Pierre Guillaume de se gausser 57. Le message discret ne semble vraiment pas être passé...

En 1997, les recommandations louables du Comets quant à la diffusion sur Internet 58, ne tiennent aucun compte des graves dérives qui peuvent exister dans sa propre institution :

« Il faut que la société accepte que les scientifiques responsables se construisent un espace propre d'information et de diffusion, où la qualité de ce qui est livré est contrôlée » (La diffusion des savoirs) 59.
« Un premier aspect qui relève de l'éthique concerne la responsabilité accrue du chercheur et de l'organisme devant le développement d'un tel moyen de communication [Internet] difficile à contrôler : responsabilité devant le choix des informations utilisées, responsabilité devant le choix des informations mises à disposition ou bien communiquées, et enfin responsabilité devant sa propre capacité de maturation et d'analyse. Dans ses contacts directs avec l'extérieur, le chercheur ne doit pas oublier qu'en plus de lui-même, il représente aussi [57] son laboratoire et son organisme de tutelle » (Activités scientifiques et Internet)60.

Ainsi, Serge Thion se vante de posséder un site français « révisionniste » qui rivalise d'activité avec ceux de ses confrères de l'internationale négationniste. Même Maurice Papon est venu y puiser ses sources pour diffamer Maître Yves Jouffa 61. AAARGH est devenue, en France, la principale caisse de résonance du réseau négationniste. C'est ainsi qu'il est en première ligne dans l'affaire Plantin.

Face aux manipulateurs de l'histoire, la vigilance reste d'actualité, vigilance raisonnée et lucide, mais sans complaisance et sans concession. Car comme le dit Déborah Lipstadt  :

« la vérité est bien plus fragile que la fiction, la raison seule ne peut la protéger »62. [Note de l'AAARGH: le livre de Lipstadt se trouve en entier sur le site ds l'archive en anglais.]

Gérard Panczer

enseignant-chercheur [chimiste]


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