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RAPPORT D'EXPERTISE

SUR LA FORMATION ET LA DETERMINATION

DES CYANURES ET DE LEURS DERIVES DANS LES

"CHAMBRES A GAZ" D'AUSCHWITZ

par Germar Rudolf



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[Pour les tableaux, les formules chimiques écrites sous forme canonique, les graphiques et les illustrations, qui dépassent nos compétences numérisatrices, les spécialistes voundront bien se reporter à la version allemande, accessible surn www.org.( Das Rudolf Gutachten) ou disponibles sur papier (en allemand et en français) à VHO, Posbus 60, B-2600 Berchem 2. NDLR]



3.4.2.4. Rapidité de la ventilation des "chambres à gaz"

Une expérience par la pensée peut éclaircir un problème mathématique assez compliqué. Supposons que devant le sujet se trouve un récipient contenant 100 boules bleues. Le sujet répète l'opération suivante: déposer une boule rouge dans le récipient, mélanger brièvement le contenu de ce récipient, retirer une boule au hasard. Combien de fois doit-il répéter l'opération avant qu'il ne reste plus que 10 boules bleues dans le récipient? Voici une petite indication: supposons qu'il a déjà remplacé la moitié des boules bleues par des rouges; quelle est la probabilité pour qu'en tirant au hasard il prenne une boule rouge et non une bleue, faisant ainsi un coup "pour rien"?
En mathématiques, l'équation correspondant à ce problème est appelée une équation différentielle linéaire homogène.
De façon générale, lors du remplacement d'un gaz (i) par un autre (ne contenant pas i), la variation de la concentration de i en fonction du temps est donnée (dans le cas où le mélange se fait dans des conditions idéales) par la formule suivante (où c i /t) désigne la concentration de la substance i à l'instant t):

dci sur dt = -a*ci(t) (6)

c'est-à-dire que la dérivée de la concentration de la substance i par rapport au temps est, à un instant donné, proportionnelle à la concentration de i à cet instant.
En transformant cette équation différentielle, on obtient:

Intégrale de 1 sur ci(t) = dci intégrale de -a*dt(7)

puis, en intégrant à gauche par rapport à dc et à droite par rapport à dt:

In(ci(t)) = a' - a*dt (8)

ou encore: ci(t) = a"*e-at (9)

Pour t = 0, nous avons e -at = 1, d'où:

a" = ci(t=0) = c o (10)

où c o désigne la concentration initiale (à la mise en marche de la ventilation). Il en résulte:

ci (t) = c o*e-at (11)

L'équation (6) donne, pour la valeur initiale dc i (t = 0)/dt de la dérivée de la concentration par rapport au temps:

dci (t=0) sur dt = -a*c o (12)

On obtient ainsi pour valeur de la constante a:

-a = dci (t=0) sur dt*c o (13)

Si le volume dv de gaz échangé par intervalle dt de temps est assez petit, le rapport c o/dci peut être remplacé par le rapport du volume total V au volume dv de gaz échangé (c'est mathématiquement correct si dt tend vers zéro).
Par exemple, si le volume d'air échangé par unité de temps est 1/1 000 du volume total, la diminution de concentration par unité de temps est également 1/1 000 de la concentration.
Dès lors, (13) peut s'écrire:

-a = dv sur dt*V (14)

Après le temps t = V*dt/dv le volume complet est échangé exactement une fois. Donc, a est l'inverse du temps nécessaire pour changer une fois l'air:

a = 1/temps d'échange d'air.

Pour la concentration après un échange du volume d'air, nous avons:

ci(t) = co*e-1 = co sur e = 0,37*co(15)

Le temps après lequel la valeur de la concentration est descendue à 1/x est donné par:

t l/x = ln (1/x) sur -a (16)

Exemple: le temps nécessaire pour que la concentration tombe à 1 % de la valeur de départ (2 g d'acide cyanhydrique par m3, 0,17 % en vol. au départ, 20 mg par m3, 0,0017 % en vol. à la fin) est donné par:

t 1/100 = ln (1/100) sur -a = 4,6 x temps d'échange d'air (17)

Pour le temps après lequel la concentration est tombée à la moitié de sa valeur, nous avons:

t1/12 = 0,693 sur a(18)

Ainsi, la concentration est tombée à la moitié de sa valeur après environ les 2/3 du temps nécessaire pour changer une seule fois le volume de l'air.

Autres scénarios possibles de ventilation:
1. Seul le gaz ancien est extrait (courant linéaire et laminaire à travers toute la section transversale du local); le temps d'échange de l'air est alors à peu près égal au temps de ventilation. Techniquement impossible dans les installations qui nous intéressent.

2. Extraction importante d'air frais (sortie et arrivée d'air trop proches), une partie du gaz à évacuer n'est pas extraite au cours du cycle: le temps de ventilation est plusieurs fois plus long que dans le scénario détaillé plus haut. Dans le cas qui nous intéresse, ces conditions auraient certainement été remplies pour l'espace entre les corps entassés, car l'air à évacuer et l'air frais s'y seraient mélangés difficilement. De plus, la trop grande proximité de l'entrée et de la sortie d'air provoque une extraction partielle d'air frais (court-circuit d'air). Cela multiplie le temps de ventilation par un facteur de 2 à 4 ou même plus.
A cela s'ajouterait l'inconvénient que l'acide cyanhydrique continuerait encore pendant quelques heures à se dégager de son support, de sorte qu'une ventilation ne pourrait être efficace que deux heures après l'introduction du Zyklon B. Mais, même alors, de l'acide cyanhydrique absorbé par les murs et par les corps continuerait à s'évaporer. La ventilation aurait donc dû continuer à fonctionner à plein rendement même pendant l'évacuation des cadavres. Comme on ne dispose pas de données techniques sur le système de ventilation de la "chambre à gaz" (morgue) du crématoire I, il est impossible de rien affirmer à ce propos. Comme on l'a montré à la section 1.2, cette morgue n'avait pas de système de ventilation par le toit. Elle ne pouvait donc pas avoir la fonction qu'on lui attribue.
D'après les données qu'on a sur les sytèmes de ventilation des morgues I ("chambres à gaz") des crématoires II et III (ces systèmes ont été décrits sous 1.3.1), le temps nécessaire à l'échange d'un volume d'air égal à celui de la pièce aurait été d'environ 15 minutes (voir aussi 3.4.2 et [39, 209]). D'après les témoignages, on peut supposer une concentration de 2 g d'acide cyanhydrique par m3 (0,17 % en vol., concentration finale théorique 10 g d'acide cyanhydrique par m3, 0,83 % en vol. le reste absorbé). Dans le cas idéal (où il ne reste pas de granulés continuant à dégager de l'acide cyanhydrique), le temps de ventilation doit donc être estimé au moins à une heure (formule 17) et, si on considère que l'échange d'air ne se faisait pas de façon idéale entre les corps, au moins à deux heures. Le tableau 9 donne des exemples numériques. On voit qu'on ne pouvait entrer dans les locaux en toute sécurité qu'après 4 à 5 heures. Ceci à condition qu'on pût extraire l'excédent de Zyklon B, ce qui n'était pas le cas. Sans dispositif permettant cette extraction, il fallait que l'acide cyanhydrique fût presque entièrement évaporé avant qu'une ventilation pût être efficace et qu'on pût entrer dans la pièce. Vu les grandes quantités de Zyklon B qui, d'après les témoignages, auraient été utilisées, ceci aurait encore prolongé la ventilation de quelques heures.



Tableau 9: Diminution de la concentration en acide cyanhydrique avec échange d'air idéal et réel (gêné)

Nombre des renouvellements d'air


Temps

Quantité restante d'acide cyanhydrique


conditions idéales conditions réelles

1


2


3


4


5


7


10


15


20

15 min


30 min


45 min


1 h


1 h 15


1 h 45


2 h 30


3 h 45


5 h

36,8 %


13,5 %


5,0 %


1,8 %


0,7 %


0,1 %


0,0 %


0,0 %


0,0 %

77,9 %


60,7 %


47,2 %


36,8 %


28,7 %


17,4 %


8,2 %


2,4 %


0,7 %

Tableau 9: Diminution de la concentration en acide cyanhydrique avec échange d'air idéal et réel (gêné)



Les locaux dits "chambres à gaz" des crématoires IV et V, comme les fermettes I et II, n'avaient pas de système de ventilation; leurs portes, peu nombreuses, ne pouvaient leur procurer qu'une médiocre aération. Comme il n'était pas possible d'enlever les granulés de Zyklon B dispersés entre les corps et que ces granulés auraient encore libéré du gaz pendant des heures, il faut compter avec des durées de ventilation allant jusqu'à un jour et, par temps froid et sans vent, jusqu'à plusieurs jours, conformément aux indications fournies par la littérature, par les directives et les informations du fabricant concernant les gazages de locaux [2, 140, 152, 153, 156, 158, 162, 164, 165, 173-176].
Pendant ce temps, les activités dans les autres pièces du bâtiment (bureau du médecin, incinération) n'auraient plus été possibles.


3.4.2.5. Capacité des filtres protecteurs

Les appareils à filtre contre les gaz et vapeurs mettant en danger la santé ou la vie sont répartis (a) en types selon la nature des gaz à filtrer et (b) en classes selon la capacité d'absorption. Les filtres de la classe 3, qui ont une grande capacité d'absorption, sont placés dans des récipients externes qui, la plupart du temps, doivent être portés car ils sont trop lourds pour être fixés directement sur le masque. Le filtre est relié au masque par un tuyau souple. Les filtres de la classe 2 (qui forment le type le plus souvent utilisé) sont vissés aux masques. Les filtres de la classe 1 sont souvent des filtres à insérer.
La durée des filtres à gaz dépend:
-- de la nature et de la concentration du gaz toxique;
-- des besoins en air du porteur, en fonction du travail fourni et des dispositions personnelles;
-- du degré d'humidité et de la température de l'air.
Le Deutsche Institut für Normung (institut allemand de normalisation) a cependant déterminé pour les filtres des valeurs minimales des durées d'efficacité dans des conditions expérimentales standard. Ces conditions sont:
-- 20*C
-- 70 % d'humidité relative de l'air
-- débit d'air de 30 litres par minute.

Tableau 10: Concentration maximale en gaz toxique admise pour les filtres protecteurs [210]

Classe du filtre

Concentration maximale tolérable

1


2


3

0,1 % en vol.


0,5 % en vol.


1,0 % en vol.

1 000 ml m

-3

(ppm)


5 000 ml m

-3

(ppm)


10 000 ml m

-3

(ppm)
Un doublement de ces valeurs est tolérable pour de brèves durées

Tableau 10: Concentration maximale en gaz toxique admise pour les filtres protecteurs [210]

Le tableau 11 donne les valeurs pour différents types de filtres et pour les principaux gaz toxiques qui leur correspondent.

Tableau 11: Durée minimale d'étanchéité des filtres en minutes d'après DIN 3181, partie 1 [211]


Type


Gaz

Critère de perte d'étanchéité (ppm)

Classe 1 Concentration


0,1 % en vol.

Classe 2 Concentration


0,5 % en vol.

Classe 3 Concentration


1 % en vol.

A

CCl4
10

80

40

60

B

Cl2
1

20

20

30

H2S
10

40

40

60

HCN
10 *

25

25

35

E

SO2
5

20

20

30

K

NH3
25

50

40

60
* concerne HCN + (CN) 2

Tableau 11: Durée minimale d'étanchéité des filtres en minutes d'après DIN 3181, partie 1 [211]

A l'époque, les masques protecteurs contre l'acide cyanhydrique utilisés par les Alliés étaient de la classe 3, avec des filtres extérieurs à porter. La durée de port indiquée pour ce type de filtre était, en cas de travail lourd et pour une concentration en acide cyanhydrique de 0,05 % en volume, de 3 à 5 heures. Si la concentration est supérieure à 1 % en volume, le gaz cesse vite d'être retenu, même dans ces appareils [212].
Pour les filtres allemands qui étaient utilisés pendant la seconde guerre mondiale lors des épouillages par acide cyanhydrique, il existe un compte rendu d'expériences par R. Queisner [213]. Les appareils à filtres "J" et "G" utilisés à l'époque avaient été conçus spécialement pour servir dans des atmosphères contenant de l'acide cyanhydrique et, selon les indications du fournisseur, pouvaient être gardés 30 minutes sous des concentrations de 1 % en volume. Comme les opérations d'épouillage n'exposent le porteur du masque qu'à de faibles quantités d'acide cyanhydrique (la concentration en acide cyanhydrique étant très faible lors de la répartition du produit et après l'opération), l'expérience a montré qu'il est possible d'utiliser ces filtres pendant plusieurs heures.
D'après Schmidt [214], l'être humain au repos inhale environ 14 litres d'air par minute. En cas de grands efforts physiques, le besoin d'air peut atteindre 50 à 60 litres par minute et, dans les cas extrêmes, 100 à 120 litres.
Si, comme Pressac et conformément aux témoignages, on admet pour les gazages une concentration finale théorique de un pour cent en volume, les détenus appartenant au Sonderkommando auraient dû porter des masques à gaz pour tirer les corps hors des "chambres à gaz" (non ventilées) des crématoires IV et V et hors des fermettes I et II. Munis de filtres de classe 2, ils auraient ainsi été longuement exposés à une forte concentration de gaz toxique en fournissant un travail corporel lourd. Cela aurait certainement provoqué des empoisonnements, car l'acide cyanhydrique est très facilement absorbé par la peau couverte de transpiration.
La durée minimum d'étanchéité pour les filtres actuels de la classe 2, type B (pour acide cyanhydrique), est de 25 minutes pour des concentrations de 0,5 % en volume, avec un débit d'air de 30 litres par minute. En cas de travail physique lourd, cette durée tombe facilement à la moitié ou au quart de sa valeur. On peut estimer que, dans les conditions considérées, un filtre actuel de classe 2 n'est sûr que quelques minutes. Ces filtres auraient considérablement gêné la respiration (maximum 5,6 mbar de différence de pression à 95 litres par minute, selon les normes DIN actuelles), ce qui aurait ralenti le rythme du travail, augmenté le besoin de repos et nécessité des interruptions à cause d'empoisonnements par le gaz. Les filtres de l'époque étaient spécialement destinés à l'acide cyanhydrique et avaient donc une plus grande capacité; dès lors, leur charge devait être d'autant plus grande afin de permettre une utilisation plus longue.
Selon Pressac [209], une concentration en HCN de 1 % en volume ne serait pas supportable même avec un filtre; on pourrait la subir tout au plus une minute en cas de nécessité et cela n'irait pas sans grands dommages corporels !
Enfin, un empoisonnement par la peau couverte de sueur n'aurait pu être évitée que par le port d'un vêtement protecteur, ce qui n'a été mentionné par aucun témoin et aurait d'ailleurs énormément diminué le rendement. Les déclarations de certains témoins sur les concentrations utilisées et sur l'évacuation rapide des locaux après les exécutions, sans vêtement protecteur et sans masque, déclarations sur lesquelles s'appuie Pressac, se contredisent les unes les autres et sont donc certainement inexactes.
Il ne faut pas oublier que l'acide cyanhydrique empoisonne par le simple contact. Le transport de corps dont la peau humide avait absorbé de grandes quantités d'acide cyanhydrique, éventuellement mortelles, aurait obligé les Sonderkommandos à porter des vêtements protecteurs. Enfin, les concentrations utilisées d'après les témoignages, outres qu'elles n'auraient pu être supportées par les Sonderkommandos, auraient au moins mis en danger la santé des gardes. Ceci s'applique à toutes les "chambres à gaz".

3.4.3. Appréciation des témoignages

Par l'interprétation des photos aériennes et des considérations sur la technique du bâtiment, nous avons pu apporter une réponse satisfaisante à la question des ouvertures d'introduction du Zyklon B dans les toits des morgues I ("chambres à gaz") des crématoires II et III. Nous avons conclu que les ouvertures visibles aujourd'hui n'ont été pratiquées qu'après la destruction des bâtiments, destruction qui date de l'hiver 1944/1945. Il en résulte que le gaz toxique ne pouvait pas être introduit dans les prétendues "chambres à gaz" de la façon mentionnée par les témoins. Si, malgré tous les indices, on admet que des ouvertures d'introduction existèrent et furent utilisées avant la destruction des bâtiments, on doit corriger les dimensions indiquées par le témoin Michel Kula pour être en accord avec les dimensions des trous visibles aujourd'hui dans les toits. D'autre part, des ouvertures de la grandeur des trous actuels devraient être visibles sur les photos aériennes, ce qui n'est pas le cas. Si on suppose, conformément aux témoignages, que de grandes concentrations d'acide cyanhydrique étaient utilisées pour permettre une mise à mort rapide, ceci n'est pas compatible avec les quantités de Zyklon B réellement fournies au camp, puisque 95 % de ces quantités auraient servi aux épouillages. Si on se base sur la faible proportion de la quantité totale de Zyklon B qui aurait servi aux gazages d'êtres humains (quelques centaines de kilos par an), on entre en contradiction avec tous les témoignages concernant la quantité de Zyklon B et la durée des opérations, car les exécutions de courte durée que décrivent les témoignages auraient exigé d'énormes quantités de Zyklon B. Enfin, en cas d'utilisation de quantités minimales de Zyklon B, l'usage de gaz toxique n'aurait pas eu de sens, car, si les victimes avaient été enfermées pendant des heures dans un local exigu et étanche, elles seraient mortes d'asphyxie par le seul manque d'air. Cinq pour cent des fournitures en Zyklon B n'auraient pas suffi aux mises à mort massives et rapides relatées par les témoins.
Répétons-le: le Zyklon B, dans les conditions techniques données, n'aurait en aucune façon permis la rapidité que les témoins attribuent aux exécutions, surtout dans leurs affirmations extrêmes ("quelques instants", "quelques minutes", "deux minutes"&ldots;).
Qu'on ait déambulé dans les chambres à gaz sans mesures de sécurité, qu'on y ait accompli des travaux lourds, parfois torse nu, en mangeant et en fumant, tout cela alors que de grandes quantités de gaz étaient mises en _uvre, ce sont des affirmations qui relèvent du faux témoignage.
Tout aussi fausses sont les déclarations sur la durée d'aération des morgues I ("chambres à gaz" des crématoires II et III, car ces déclarations reposent sur la supposition erronée qu'un seul échange du volume d'air fait disparaître tout le gaz toxique. Vu la loi exponentielle de la diminution de la concentration résiduelle en acide cyanhydrique, la durée d'aération devrait en fait être, dans le cas idéal, 5 fois plus grande que ne le disent les témoins et, dans le cas réel (circulation de l'air gênée par les cadavres, court-circuit d'air), le facteur de multiplication devrait même être porté à plus de 20. Il en irait autrement si Pressac, par manque de compétence dans ce domaine, avait confondu le temps d'aération signalé par les témoins avec le temps nécessaire pour échanger un volume d'air égal à celui du local. Dans ce cas, les installations de ventilation des morgues I ("chambres à gaz") des crématoires II et III auraient pu, en effet, permettre un renouvellement complet de l'air en moins de 3 minutes, ce qui, pour une morgue, n'est pas techniquement impossible. Mais il reste le problème des résidus de Zyklon B qui devaient continuer à dégager du gaz pendant des heures et auraient rendu impossible, au moins deux heures après le débit de l'exécution, de parcourir les chambres à gaz, même ventilées; à elle seule, cette impossibilité convainc elle aussi les témoins de faux témoignage.
Enfin, les témoignages sur les prétendus procédés de combustion des cadavres regorgent d'absurdités: combustion dans des fosses profondes, cadavres brûlés avec des combustibles liquides, tout à fait sans combustible ou avec une quantité dérisoirement faible, destruction de cadavres par explosion, récupération de la graisse des corps. Ces affirmations sont incompatibles avec les réalités techniques et les photos aériennes prises par les Alliés les contredisent largement (pas de fosses géantes, pas de fumée, pas de feu, pas de réserves de combustible).
Les scénarios de gazage dans les "chambres à gaz" des crématoires IV et V [59] et dans les fermettes I et II étaient non seulement, comme Pressac lui-même le reconnaît, illogiques et ridicules, mais ils mettaient aussi en danger la vie des participants, surtout celle des Sonderkommandos; pourtant, ces bâtiments devraient avoir été conçus et construits comme instruments de meurtre en masse [62] si des gazages massifs étaient déjà pratiqués de la façon qu'on prétend à l'époque de leur construction. Des esprits qui tiennent compte des sciences de la nature doivent en conclure qu'on choisit précisément le moyen le plus coûteux, le plus dangereux et le plus problématique de tuer des gens en masse. Les usines BUNA de la société I.G.-Farben, où l'on distillait la houille, n'étaient qu'à quelques kilomètres et auraient pu fournir facilement et à bon marché du gaz riche en monoxyde de carbone pour empoisonner les victimes ou de l'azote comprimé en bonbonnes pour les étouffer. Mais c'est précisément à Auschwitz qu'on aurait utilisé le Zyklon B, un produit cher, rare et difficile à manier, dont on avait partout un besoin pressant pour combattre les épidémies. Et dans d'autres prétendus camps d'extermination, éloignés des usines BUNA, on aurait tué des êtres humains à l'aide de monoxyde de carbone, prétendument fourni par les moteurs Diesel de tanks russes, dont les gaz d'échappement ne contenaient pourtant que des quantités non mortelles de monoxyde de carbone [215].Il faut se rappeler que, non loin des prétendues "chambres à gaz homicides" d'Auschwitz, il y avait des installations d'épouillage qui fonctionnaient très bien, avec des sas, du chauffage, de grands ventilateurs, etc., et qui avaient toutes été construites avant les prétendues "chambres à gaz homicides". De plus, la technologie du gazage rapide de matériel avait beaucoup progressé à l'époque de la construction des prétendues "chambres à gaz homicides" et on produisait les installations correspondantes à grande échelle (voir section 3.3). En outre, la pratique quotidienne de la désinsectisation devait avoir enseigné la différence, en durée de gazage et en quantité de Zyklon B, entre un gazage avec et un gazage sans système à air circulant. Dès lors, un niveau technique au moins semblable aurait dû être adopté pour les prétendues installations de gazage d'êtres humains, mais on ne peut rien déceler d'approchant.
Il aurait été compréhensible que, pour des motifs de propagande, on eût présenté des installations telles que les chambres pour épouillage de vêtements des bâtiments 5a et 5b comme des locaux pour le gazage d'êtres humains. Toutefois, on ne le tenta pas et il n'existe pas de témoignages sur une telle utilisation de ces locaux. D'ailleurs, les portes de la chambre d'épouillage du bâtiment 5b, aussi bien sur le plan que dans leur état actuel, ouvrent vers l'intérieur, ce qui, en cas de gazages massifs d'êtres humains, aurait empêché d'éloigner les cadavres se trouvant près de la porte. Il est donc certain que ces pièces n'ont jamais servi de "chambres à gaz homicides". Il est toutefois possible qu'on ait fait une tentative pour présenter la chambre d'épouillage du bâtiment 5b (falsifiée à cette fin) comme une "chambre à gaz homicide". Les conduites d'eau visibles dans ce local pendent sans aucun raccord, ne sont que partiellement munies de pommes de douche et aboutissent dans les bouches d'aération des murs extérieurs; elles ont donc été installées après le démontage des appareils de désinsectisation (poêles et ventilateurs, entre autres), c'est-à-dire probablement après la retraite des Allemands (voir planche 21). Curieusement, tous les tuyaux et les robinets de la véritable salle de douches du bâtiment 5b (voir planche 18) ont été enlevés, mais pas ceux de l'aile d'épouillage. A supposer qu'il ne s'agisse pas d'une tentative de falsification, il est possible qu'à la fin ou après la fin de la guerre, quand Birkenau fut utilisé comme camp de prisonniers allemands, l'aile d'épouillage ait été transformée de façon très sommaire en salle de douches.
Disons maintenant un mot de l'idée selon laquelle le gaz toxique arrivait dans les prétendues chambres à gaz homicides par des pommes de douche. C'est une idée largement répandue et il existe quelques témoignages dans ce sens. Dans le produit "Zyklon B", l'acide cyanhydrique, qui est la substance active, est adsorbé sur le support en kieselguhr et n'est libéré que peu à peu. Comme l'acide cyanhydrique n'est ici ni un liquide ni un gaz sous pression, il ne pourrait pas être conduit par d'étroits tuyaux d'eau et par des pommes de douche. Des douches, vraies ou factices, n'auraient donc pu servir qu'à tromper les victimes et non à conduire le gaz toxique. Tous ceux qui discutent de ces questions sont au moins d'accord à ce sujet.


Tableau 12: Critique des témoignages
Témoignage

Critique
Mort de toutes les victimes instantanément
ou
en moins de 15 minutes
En cas d'usage de fortes concentrations d'acide cyanhydrique, comme dans les chambres à gaz d'exécution américaines, la mort survient dans un délai de 4 à 10 minutes. Les conditions sont telles que la victime est immédiatement exposée à la pleine concentration en acide cyanhydrique. Avec le Zyklon B, c'est techniquement impossible, car le support libère le gaz très lentement (50 % en 30 à 90 minutes, selon la température). Le petit nombre des sources de diffusion du gaz dans le local ainsi que son absorption par les murs humides et les victimes proches des sources ralentissent encore le processus. Même à l'aide de très grandes quantités de Zyklon B (beaucoup plus que 10 g par m3), il serait impossible de tuer toutes les victimes en quelques (<15) minutes.
Emploi de très grandes quantités de Zyklon B (beaucoup plus que 10 g par m3). Cela ne correspond pas aux témoignages mais ne suffirait toujours pas à expliquer les temps d'exécution de quelques minutes mentionnés par les témoins. L'usage de ces grandes quantités aurait exigé qu'une partie importante du Zyklon B fourni au camp servît aux gazages d'êtres humains, ce qui, d'après le Tribunal militaire international, ne fut pas le cas.
Ouverture des portes après l'opération.
On commence aussitôt à évacuer les cadavres,
sans masque à gaz ni vêtement protecteur.
Si les concentrations de gaz toxique avaient été assez élevées pour tuer les victimes rapidement, les travailleurs du Sonderkommando auraient, eux aussi, été tués par le gaz. Qu'ils aient travaillé sans masque à gaz est tout à fait impossible; d'ailleurs, en cas de grande concentration du gaz toxique, même les masques à gaz manquent de sécurité. Des concentrations supé rieures à 0,5 en vol. imposent le port d'un lourd appareil, ce qui rend très difficile de traîner les cadavres. Comme le travail considéré ici provoque la transpiration et qu'il y avait une forte concentration d'acide cyanhydrique sur la peau des victimes, il faut compter avec une contamination par la peau, qui suffirait à réduire la capacité de travail du Sonderkommando (vertiges, nausées, etc.). Un vêtement de protection est donc indispensable.
Vapeur bleue
au-dessus
des victimes.
L'acide cyanhydrique est incolore à l'état liquide et invisible à l'état gazeux. Son nom allemand (Blausäure = acide bleu) tient à ce qu'en réagissant avec le fer il produit le pigment bleu de Prusse. Il ne peut pas avoir existé de "vapeur bleue".
Coloration bleuâtre
de la peau
des victimes
L'acide cyanhydrique empêche l'hémoglobine du sang d'apporter l'oxygène aux cellules. Cela provoque une sursaturation du sang en oxygène et les victimes, spécialement aux muqueuses et aux taches cadavériques, prennent une teinte rosée, et non bleue. Si, au contraire, les victimes étaient asphyxiées peu à peu, cela pourrait expliquer une coloration bleue.
Tentatives de se débarrasser des cadavres par explosion. Méthode absolument inefficace.
Corps brûlés dans les
fours crématoires
sans combustible.
Témoignage complètement absurde. La graisse que contiennent les cadavres ne suffit jamais à les faire brûler. Un combustible d'appoint est toujours nécessaire.
L'évacuation des cadavres hors des chambres à gaz des crématoires II et III commence 20 minutes après le début de la ventilation, sans masques à gaz. Les morgues I des crématoires II et III, non chauffées et remplies de cadavres, n'auraient pas pu être aérées suffisamment en 15 à 20 minutes à l'aide des systèmes de ventilation qui sont censés y avoir été installés. L'acide cyanhydrique qui aurait continué pendant des heures à se dégager du Zyklon B réparti entre les corps, le dégagement de l'acide cyanhydrique absorbé par la peau des victimes et par les murs, le manque de circulation d'air entre les cadavres, tout cela aurait demandé une ventilation de plusieurs heures avant qu'on pût entrer dans les locaux sans masque à gaz.
Les victimes agonisantes
se tordent de douleur
sous l'effet des crampes, les corps gisent
crispés et entrelacés.
Le cyanure pris par voie orale (cyanure de potassium) est résorbé dans l'appareil digestif (estomac et intestins) et, si la dose est forte, commence par paralyser les muscles avoisinants, ce qui provoque des crampes qui font pousser des cris de douleur. En revanche, l'acide cyanhydrique inhalé à forte concentration fait perdre conscience à la victime avant que les fonctions musculaires ne soient troublées de façon notable et il n'y a pas d'agonie bruyante et spectaculaire, comme le prouvent des essais sur des animaux et l'expérience des chambres à gaz d'exécution américaines.
Combustion des cadavres
à l'aide de méthanol
ou de résidus de pétrole.
La combustion complète de cadavres exige une température élevée. Des combustibles liquides ne brûlent qu'à côté du corps ou sur lui, de sorte que la chaleur se perd en montant. De plus, si ces combustibles liquides sont utilisés à l'extérieur, ils se perdent en pénétrant dans le sol. Le méthanol s'évapore très facilement et a une température d'inflammation très basse. L'expérience qu'on a des combustions par pétrole en plein air montre qu'elles peuvent carboniser les corps en surface mais non les brûler com plètement.
Combustion des cadavres dans des fosses d'une profondeur allant jusqu'à plusieurs mètres. Des combustions de cadavres en plein air ne peuvent avoir lieu que sur des bûchers, où l'apport d'oxygène par les côtés permet d'atteindre les températures nécessaires. En outre, des fosses profondes creusées à Birkenau auraient été pleines d'eau et auraient éteint tout feu.
On versait sur les corps la graisse qui en était sortie. Cette affirmation est tout à fait absurde. La graisse brûle plus facilement que la chair. Comme les corps se seraient trouvés dans le feu, il aurait été impossible de recueillir la graisse hors du feu dans quelque rigole que ce soit.
Cheminées de crématoires crachant des flammes. Les feux de coke ont des flammes courtes. Brûlés à l'aide de coke, même des cadavres produisent très peu de flammes. Que ces flammes arrivent au bout d'un carneau long de 10 mètres et d'une cheminée de 15, c'est techniquement impossible. Le feu disparaît déjà dans le carneau.

Tableau 12: Critique des témoignages

4. Évaluation des analyses chimiques
4.1. Prélèvement et description des échantillons

A notre connaissance
1 trois personnes ou groupes ont jusqu'ici prélevé des échantillons à Auschwitz en vue d'une analyse:
1. Fred A. Leuchter, Consulting Engineers, Boston, Massachusetts, sur mission de la défense d'Ernst Zündel, Toronto.
2. Le professeur Jan Markiewicz, Institut Jan Sehn d'expertises judiciaires, Section de toxicologie judiciaire, Cracovie, sur mission du Musée d'État d'Auschwitz.
3. Germar Rudolf, chimiste diplômé, Stuttgart, sur mission de la défense (entre autres) du général en retraite O.E. Remer.

Prélèvements 1: F.A. Leuchter a indiqué les endroits de prélèvement de ses échantillons sur les plans au sol qu'il reproduit dans son rapport. Nous ne donnons ci-dessous l'endroit de prélèvement des échantillons de Leuchter que pour la morgue I ("chambre à gaz") du crématoire II; ces endroits sont marqués sur un plan au sol (planche 23). Il existe d'ailleurs un film vidéo disponible qui montre les prises d'échantillons par Leuchter [217]. J.C. Pressac a critiqué cette prise d'échantillons [3]. Leuchter ne précise pas assez la nature du matériau prélevé; il le désigne toujours du terme "brick". Aucun compte n'est tenu de la profondeur du prélèvement. D'après les traces laissées aux endroits correspondants de la maçonnerie, les prélèvements de Leuchter ont dû être faits à des profondeurs de 3 cm et plus.

Prélèvements 2: J. Markiewicz donne un protocole où le lieu de prélèvement, le matériau et la profondeur de prélèvement sont indiqués de façon plus précise. Les échantillons de contrôle sont pris dans une chambre d'épouillage du camp central d'Auschwitz dont les parois intérieures, selon le rapport, avaient été enduites pendant la guerre. Il ne s'agit donc pas de simple maçonnerie et il faut s'attendre à ce que les teneurs en cyanure dans ces murs enduits soient plus basses que dans des murs non traités (la différence variant avec la profondeur des prélèvements).

Prélèvements 3 (Rudolf): Les échantillons ont été prélevés, devant témoins, au marteau et au burin et immédiatement mis dans un sac en plastique. La numérotation du contenu du sac a fait l'objet d'un procès-verbal manuscrit mentionnant la nature des échantillons et précisant par des mesures les endroits de prélèvement. Le tableau 15 indique le bâtiment, l'endroit et la profondeur de prélèvement et donne une brève description du matériau. Les endroits précis de prélèvement ont déjà été indiqués dans la section 1, sur les plans au sol des bâtiments correspondants.

4.2. Méthodes d'analyse

Les auteurs des analyses des échantillons en question sont:


Analyse 1: Les Américains ont analysé la teneur en fer de 3 échantillons à l'aide d'un spectromètre ICP
2.. Cette analyse, dont nous ne traiterons pas en détail, a donné pour ces trois échantillons des teneurs allant de 6 000 à 7 500 mg par kg. Les analyses de cyanures ont été effectuées conformément aux normes allemandes (voir Analyse 3). Pour quelques échantillons où la teneur était proche de la limite de sensibilité, à savoir 1 mg par kg, des analyses de contrôle ont été faites. Les mesures montrent des écarts allant jusqu'à 40 %.

Analyse 2: Les Polonais ont utilisé le procédé par chambre à microdiffusion, ce qui, pour la détection des cyanures, n'est ni usuel ni spécialement approprié. Dans ce procédé, l'échantillon est plongé pendant 24 heures dans de l'acide sulfurique à 50 %. Les gaz qui se dégagent sont recueillis par diffusion dans un piège contenant du KOH. L'usage de l'acide sulfurique, qui oxyde l'acide cyanhydrique, pour faire se dégager l'acide cyanhydrique semble un procédé peu sûr. La limite de sensibilité n'est pas indiquée. On n'a pas déterminé la teneur en fer.

Analyse 3: Ici aussi, la détermination du fer a été faite à l'aide du spectromètre ICP. Pour la détermination des cyanures, on a suivi la norme DIN 38 405, partie D 13. Brève description pour spécialistes: on fait se dégager l'acide cyanhydrique en laissant pendant une heure les échantillons dans une solution aqueuse bouillante d'HCl en milieu légèrement réducteur (SnCl 2), l'HCN est entraîné par un courant d'air continu et recueilli dans une solution de KOH. Enfin, détermination par photométrie ou titrimétrie. La limite de sensibilité se trouve entre 0,5 et 1 mg par kg. Toutes les valeurs inférieures à 0,5 mg par kg sont incertaines, elles sont généralement signalées par la mention "Non détecté". Des analyses de contrôle (tableau 16) ont été effectuées par l'Institut für Umweltanalytik Stuttgart (IUS; Institut pour l'analyse de l'environnement). Il avait été prévu de soumettre certains échantillons à des analyses élémentaires et à des mesures de répartition des pores, mais on y a renoncé parce que ces analyses sont coûteuses et peu probantes (surtout les analyses élémentaires)
3,.

4.3. Évaluation des résultats d'analyse
4.3.1. F.A. Leuchter / Alpha Analytic Laboratories


Tous les résultats positifs obtenus par Leuchter pour des échantillons provenant des prétendues "chambres à gaz homicides" sont proches de la limite de sensibilité (1 mg par kg). Il faut donc s'attendre à de très grands écarts aléatoires. L'échantillon de contrôle n* 32 provient de l'aile d'épouillage du bâtiment 5a (chambre d'épouillage 1). Les murs de soubassement des crématoires IV et V auraient été reconstruits à l'aide des déblais d'autres bâtiments [8, 65]. Il est donc intéressant que les analyses des échantillons provenant de ces murs aient été positives dans certains cas: ou bien les cyanures qu'elles ont détectés proviennent de bâtiments gazés, ou bien il y a là un indice d'une présence ubiquitaire
4 de faibles traces de cyanure.
Les analyses ont montré que, dans les échantillons provenant des parties abritées contre les intempéries, la teneur en cyanures était aussi faible que dans les autres échantillons et, le cas échéant, non décelable. Leuchter en conclut que l'influence de l'environnement n'a pas pu diminuer considérablement la teneur en cyanure des bâtiments exposés [218], ce qui concorde avec les conclusions de notre section 2. D'après Leuchter, ces légères traces de cyanure peuvent provenir de gazages uniques qu'on aurait faits dans les morgues pour y tuer les poux, car de telles opérations d'épouillage de locaux furent menées à l'époque dans de nombreux bâtiments des camps. Il est remarquable que l'analyse ait été positive (1,3 mg par kg) pour l'échantillon 28, que Leuchter a prélevé dans le mur séparant l'ancienne salle de lavage et la salle d'autopsie du crématoire I, car ce mur n'a jamais fait partie de la prétendue "chambre à gaz" et n'a même probablement été construit que quand le crématoire I fut transformé en abri antiaérien. Que la teneur de cet échantillon en cyanures soit du même ordre que pour les autres échantillons prouve donc que la présence de cyanures dans l'ensemble des échantillons n'est pas due à un usage du bâtiment comme "chambre à gaz", mais s'explique soit par des opérations d'épouillage des locaux, soit par une répartition ubiquitaire des cyanures.
La haute teneur en cyanure de l'échantillon de contrôle prélevé par Leuchter dans l'installation d'épouillage provient, selon Bailer, soit d'un artefact, soit d'une erreur dans le prélèvement des échantillons, soit d'une erreur d'analyse. Par artefact, il entend que les murs de l'aile d'épouillage ont été enduits de couleur bleue, et précisément de bleu de Prusse. Bailer soutient en outre qu'il ne pourrait pas se former du bleu de Prusse dans les matériaux de la maçonnerie, vu l'alcalinité de ce milieu. Enfin, une teneur en cyanure aussi élevée que 1 50 mg par kg signifierait que 0,1 % du mur consisterait en bleu de Prusse, ce qui serait impossible [6].

Tableau 13: Concentrations en cyanure dans les murs des "chambres à gaz" et des chambres d'épouillage

D'après F.A. Leuchter/Alpha Analytic Laboratories, Ashland, Massachusetts, USA.

Numéro d'échantillon

Lieu de prélèvement

CN- (mg par kg)

1-7

Crématoire II, morgue I
0,0

8

Crématoire III, morgue I
1,9

9

Crématoire III, morgue I
6,7

10,11

Crématoire III, morgue I
0,0

12

Fermeture de porte
0,0

13,14

Crématoire IV
0,0

15

Crématoire IV
2,3

16

Crématoire IV
1,4

17-19

Crématoire IV
0,0

20

Crématoire IV
1,4

21

Crématoire V
4,4

22

Crématoire V
1,7

23,24

Crématoire V
0,0

25

Crématoire I, morgue
3,8

26

Crématoire I, morgue
1,3

27

Crématoire I, morgue
1,4

28

Crématoire I, salle de lavage
1,3

29

Crématoire I, morgue
7,9

30

Crématoire I, morgue
1,1

31

Crématoire I, morgue
0,0

32

Chambre d'épouillage 1
1050,0
La morgue du crématoire I et la morgue I du crématoire II auraient été des "chambres à gaz".

Tableau 13: Concentrations en cyanure dans les murs des "chambres à gaz" et des chambres d'épouillage

Planche 23: Plan au sol de la morgue I ("chambre à gaz" du crématoire II de Birkenau, avec emplacements des prélèvements de F.A. Leuchter, d'après note [2]


Comme nous l'avons vu dans la section 2, le milieu n'est alcalin que dans la partie non carbonatée de la maçonnerie. Nous avons même établi qu'un milieu alcalin favorise l'enrichissement en cyanure et certaines étapes des réactions conduisant à la formation du bleu de Prusse. Dans le cas extrême où tout le fer présent dans les murs aurait réagi de façon à former du bleu de Prusse (teneur en fer: 1 à 2 %), la valeur trouvée par Leuchter est même plutôt faible. Quant à savoir si les murs de l'aile d'épouillage ont été couverts de couleur bleue, c'est-à-dire si une teneur élevée en cyanure ne peut être constatée qu'en surface, cette question sera traitée dans la section 4.3.3.3.
Pressac [3, 28] estime que les traces de cyanure dans les murs, toutes faibles qu'elles sont, constituent la dernière preuve de l'existence des "chambres à gaz", parce qu'elles sont encore décelables aujourd'hui, malgré (selon lui) la brièveté des gazages, la faible réactivité de l'acide cyanhydrique avec les murs humides, les altérations chimiques et l'érosion. Il soutient aussi que des murs chauds seraient favorables à la formation du pigment [3, 76]. Nous avons vu dans les sections précédentes que ceci est peu conforme à la réalité: tout d'abord, le pigment formé est stable (section 2.4); ensuite, les maçonneries froides et humides sont plus favorables aux réactions formant le bleu de Prusse (section 2.3); enfin, l'échantillon 28 prouve que les traces de cyanure ne proviennent pas de gazages d'êtres humains.

4.3.2. Institut d'expertises judiciaires, Cracovie

Dans l'expertise de Cracovie, les concentrations en cyanure sont données en
m g (KCN) pour 100 g, ce qui est une unité inhabituelle. Dans le tableau 14, les valeurs sont converties en mg de CN- par kg. On voit immédiatement que les résultats des mesures sont anormaux, car ils sont tous inférieurs à la limite de sensibilité indiquée par les Américains, même pour les échantillons qui, vu leur coloration bleue, auraient dû atteindre une teneur de quelques milliers de mg par kg. Il y a ici non seulement une erreur d'ordre de grandeur, mais aussi une erreur dans la méthode de mesure [219]. Tout ce qu'on peut dire, c'est que les Polonais, eux non plus, n'ont pas pu trouver des traces significatives de cyanures dans les "chambres à gaz homicides". Le seul échantillon positif provenant de la prétendue "chambre à gaz" (n* 15) a la plus faible teneur en cyanure de tous les échantillons. Il proviendrait de l'enduit d'un pilier de la morgue I ("chambre à gaz") du crématoire II, ce qui n'est pas possible, car les piliers de béton n'étaient pas enduits. Peut-être voulait-on dire "béton" au lieu d' "enduit".

Tableau 14: Concentrations en cyanure dans les murs des "chambres à gaz" et des chambres d'épouillage

D'après l'Institut d'expertises judiciaires, Section de toxicologie judiciaire, Cracovie, Pologne; en mg par kg

N*

Bâtiment

Endroit et profondeur de prélèvement

Matériau

CN-
1 Épouillage Bloc 3 Local 4, près de l'ouverture du ventila teur, 2 mm Enduit 0,068
2 Épouillage Bloc 3 Local 4, à côté de la porte du local 3, 2 mm Enduit 0,036
7 Épouillage Bloc 3 Local 3, sous la fenêtre, en face de la porte d'entrée, 2 mm Enduit 0,076
8 Épouillage Bloc 3 Ouverture de porte, entre les locaux 2 et 1, 2 mm, au-dessus à droite Enduit 0,140
9 Épouillage Bloc 3 Comme le n* 8, en dessous à gauche Enduit 0,404
10 Épouillage Bloc 3 Local 1, ouverture du ventilateur, 2 mm Enduit 0,528
11 Épouillage Bloc 3 Comme le n* 10, bleu pâle Enduit 0,588
15 Crématoire II, morgue I Pilier de soutien en béton Enduit (?) 0,024
4 autres échantillons provenant du crématoire II, 1, du crématoire I, 1 et du crématoire V, tous pris dans de prétendues "chambres à gaz", et 2 échantillons de contrôle ne contenaient aucune trace décelable de CN-.

Tableau 14: Concentrations en cyanure dans les murs des "chambres à gaz" et des chambres d'épouillage

Bien que les murs de la prétendue "chambre à gaz" du camp central (morgue) n'aient pas été exposés du tout aux intempéries et que la "chambre à gaz" (morgue I) du crématoire II ne l'ait été que partiellement, l'Institut de Cracovie tire la conclusion suivante (citation):

"L'acide cyanhydrique est un acide faible, ce qui a pour conséquence que ses sels se décomposent facilement en présence d'acides plus forts. Même l'acide carbonique, qui s'obtient par réaction du dioxyde de carbone avec l'eau, est plus fort que l'acide cyanhydrique. Des acides plus forts, comme par exemple l'acide sulfurique, décomposent les cyanures plus facilement. Les composés complexes d'ions cyanure avec des métaux lourds sont plus stables. Le "bleu de Prusse", déjà mentionné, est un de ces composés, mais lui aussi se décompose lentement en milieu acide.
"On ne pouvait donc guère s'attendre à ce qu'il subsiste des dérivés de cyanures dans des matériaux de construction (enduit, briques) qui ont été exposés 45 ans aux effets de l'environnement (précipitations atmosphériques, oxacides, en particulier monoxyde d'azote)." [8].


Comme on l'a vu dans la section 2.4, ces affirmations sont indéfendables: le bleu de Prusse est stable à long terme. Si l'Institut avait prélevé ses échantillons dans les bâtiments d'épouillage BW 5a et 5b, situés près des prétendues "chambres à gaz homicides", la vue du mur bleu à l'extérieur lui aurait sans doute épargné cette erreur. Dans un écrit ultérieur, l'Institut confirme qu'il n'a pas employé un procédé adéquat de détermination et qu'il n'a pas une compétence suffisante en chimie pour le problème qui nous occupe [219]:

"...IV. Avec la méthode que nous utilisions, nous n'étions pas en état de déterminer tous les dérivés de cyanures. Par exemple, seule une partie des ions cyanure présents dans le bleu de Berlin peut en être libérée. Nous devions nous servir de la spectroscopie aux infrarouges, mais avec des résultats seulement quantitatifs...
"...VIII. L'eau active beaucoup de processus chimiques. Les chambres étaient certainement humides. Quelle influence cela a-t-il sur la fixation de l'HCN par le ciment (l'enduit), nous l'ignorons...
"...IX. Les taches bleues sur les murs extérieurs du bâtiment 5a de Birkenau sont difficiles à expliquer. Avant tout, nous devons vérifier s'il s'agit bien de bleu de Berlin..."



4.3.3. G. Rudolf / Institut Fresenius

Pour nos analyses, nous n'avons prélevé dans les prétendues "chambres à gaz homicides" qu'un petit nombre d'échantillons, et seulement dans des matériaux qui, visiblement, n'avaient pas été exposés aux intempéries. Cette condition n'est remplie à Birkenau que par quelques endroits de la morgue I ("chambre à gaz") du crématoire II, où un pilier soutient encore le plafond et a ainsi soustrait à toute influence des intempéries le côté intérieur du plafond et certaines parties du mur, comme le montrent la présence de toiles d'araignées datant de nombreuses années et l'absence de tout dépôt calcaire sur le béton ou le mortier, c'est-à-dire l'absence d'écoulement d'eau à ces endroits.
Dans les prétendues "chambres à gaz", beaucoup d'échantillons ont déjà été prélevés pour l'expertise de Cracovie et pour celle de Leuchter, avec, chaque fois, des résultats négatifs ou presque. Comme il s'agissait surtout de déterminer quelles conditions favorisent la formation du pigment et que, d'après les analyses précédentes, il ne fallait pas s'attendre à des résultats nettement positifs dans les "chambres à gaz homicides", les échantillons ont été prélevés essentiellement dans les installations d'épouillage des bâtiments BW 5a et b (secteur de bâtiments B, Ia et, respectivement, b). On sait que non seulement les murs de ces bâtiments contiennent de grandes quantités de bleu de Prusse, mais aussi que leur âge est environ celui des crématoires de l'endroit, ce qu'on ne peut pas affirmer des bâtiments du camp central. L'âge peut avoir une influence sur la chimie des matériaux du mur, mais ce n'est pas forcément le cas. De plus, l'utilisation muséologique de ces bâtiments est moins importante que dans le camp central, ce qui permet d'espérer qu'on ne les a pas trop modifiés.


Tableau 15: Concentrations en cyanure dans les murs des "chambres à gaz" et des chambres d'épouillage

D'après G. Rudolf/Institut Fresenius, Taunusstein, Hesse, Allemagne
Concentration en mg par kg; % Fe: proportion maximale du fer entré dans la composition du bleu de Prusse par rapport à la teneur en fer totale

N*

Bâtiment

Emplacement et profondeur de prélèvement

Matériau

[CN-]

[Fe]

% Fe
1 Crématoire II Morgue I, plafond, entre le 2e et le 3e pilier de soutien vu du sud, prélèvement de grandes dimensions, à la surface du béton mais incluant un petit morceau de matériau plus profond, 0-3 mm

Béton
7,2 13000

-
2 Crématoire II Comme 1, 1-5 mm

Béton
0,6 20000

-
3 Crématoire II Côté intérieur du mur ouest de la morgue I, 0-1,5 cm, voir planche 12

Enduit
6,7 10000

-
4 Crématoire II Côté intérieur du mur nord de l'aile de la cheminée, incinération des ordures, 0-1 cm

Enduit
0,1 11000

-
5 B1b, baraque 20 Mur de séparation entre couchettes, sous la traverse d'une couchette dans le grand local, 2e rangée de couchettes à partir de l'entrée, 1 re couchette à droite (mur de séparation), environ 5-5-5 cm3 de dimensions

Enduit
0,6 9400

-
6 B1b, baraque 20 Pièce isolée à l'ouest, mur intérieur, mortier entre briques,
0-1 cm

Mortier
< 0,1 4400

-
7 B1b Baraque 20 Comme 6, juste à droite de l'entrée, 0-1 cm

Enduit
0,3 19000

-
8 B1b baraque 13 Comme 5, arrière de la traverse

Enduit
2,7 11000

-
9 B1a, BW 5a Côté intérieur du mur extérieur (ouest), à 120 cm du mur nord et 155 cm du sol, 0-2 mm

Enduit
11000,0 12000

75
10 B1a, BW 5a Mur intérieur (sud), à 240 cm du mur ouest et 170 cm du sol, 0-2 mm

Enduit
3,6 10000

-
11 B1a, BW 5a Comme 9, 1-10 mm

Enduit
2640,0 6000

36
12 B1a, BW 5a Mur est (intérieur), 170 cm du mur nord, 170 cm du sol (à l'est de la salle d'air chaud), 0-2 mm

Enduit
2900,0 8500

28
13 B1a, BW 5a Comme 12, 2-10 mm

Enduit
3000,0 9000

27
14 B1a, BW 5a Côté extérieur du mur ouest, à 40 cm du côté sud et 160 cm du sol, 0-5 mm

Brique
1035,0 25000

3,5

Suite du Tableau 15: Résultats d'analyses Rudolf/Fresenius

N*

Bâtiment

Emplacement et profondeur de prélèvement

Matériau

[CN-]

[Fe]

% Fe
15a B1a, BW 5a Côté extérieur du mur sud, à 40 cm du côté ouest et 210 cm du sol, 0-3 mm

Mortier
1560,0 10000

13
15b B1a, BW 5a Comme a, >0-5mm, échantillons dont on a ôté la couche de pigment

Brique
56,0 n.d.

-
15c B1a, BW 5a Comme b, couche de pigment ôtée de l'échantillon précédent, <1mm

Brique
2400,0 n.d.

-
16 B1b, BW 5b Côté extérieur du mur sud, à 2 m de la porte d'entrée et 1 m du sol, 0-7 mm

Brique
10000,0 47000

17
17 B1b, BW 5b Côté intérieur du mur sud, à 130 cm du mur est et 130 cm du sol, 4-10 mm

Enduit
13500,0 15000

74
18 B1b, BW 5b Montant de porte de la chambre est d'épouillage à air chaud, montant est, niveau du sol, 0-5 mm

Bois
7150,0 n.d.

-
19a B1b, BW 5b Côté intérieur du mur nord, à 230 cm du mur est et 90 cm du sol, 0-4 mm

Enduit
1860,0 4300

35
19b B1b, BW 5b Comme 19a, 4-9 mm

Enduit
3880,0 9500

33
20 B1b, BW 5a Côté intérieur du mur extérieur (ouest), à 40 cm du mur sud et 210 cm du sol, 0-3 mm

Enduit
7850,0 11000

59
21 B1b, BW 5a Mur intérieur (est) du local ouest, à 30 cm de la porte et 190 cm di sol, 10-50 mm

Mortier
0,3 18000

-
22 B1b, BW 5a Côté intérieur du mur extérieur (sud), à 40 cm du mur ouest et 155 cm du sol, 3-10 mm

Enduit
4530,0 11000

34
23 B1a, baraque 3 Local spécial au nord-ouest, côté intérieur du mur extérieur (nord), 0-5 mm

Enduit
0,3 8100

-
24 B1a, baraque 3 Local principal, côté intérieur du mur extérieur (nord), 0-5 mm

Mortier
0,1 13000

-
25 Test Pierre non traitée, 0-5 mm

Brique
9,6 35000 *

-
26 Test 16 h dans 0,3 % vol. HCN, 0-5 mm, voir texte

Brique
0,1 35000 *

-
27 Test 24 3/4 h dans 2 % vol. HCN, + 1 g H20n-, 20 mm, 100 g

Mortier/ciment
109 ** 8800 *

1,0
28 Test Comme 27, sans addition d'H20, 108 g

Mortier/ciment
94 ** 8800 *

0,9
29 Test Comme 28, 94 g

Mortier/chaux
53 ** 4500 *

1,0
30 Test Comme 28, + 2 g H20, 96 g

Mortier/chaux
58 ** 4500 *

1,1
Les teneurs en cyanure entre 0,1 et 0,5 mg par kg sont incertaines; n.d.=non déterminé; *=analyses de l'auteur; **=Institut für Umweltanalytik Stuttgart (IUS, Institut d'analyse de l'environnement).

Tableau 15: Concentrations en cyanure dans les murs des "chambres à gaz" et des chambres d'épouillage


Enfin, on a prélevé des échantillons dans quelques baraques de détenus pour vérifier la thèse de Leuchter, selon laquelle des faibles traces de cyanure pourraient être laissées même par de très rares gazages contre les parasites. La numérotation des baraques est celle qu'on trouve aujourd'hui sur les lieux [220]. A ce sujet, voir aussi la planche 3.


4.3.3.1. Échantillons 1-4: crématoire II, morgue I

Pour le lieu de prélèvement des échantillons 1 à 3, voir planche 7. En général, il faut compter avec une haute concentration en cyanures à la surface du matériau. C'est pour déterminer cette concentration qu'on a prélevé l'échantillon 1, qui contient surtout des bavures de béton provenant du côté inférieur du plafond (barbes de béton laissées par le coffrage en planches), donc des endroits les plus exposés du béton; il contient aussi du matériau provenant de la couche extérieure du béton, allant d'un à deux millimètres, et un morceau allant jusqu'à une profondeur d'environ 3 mm.
L'échantillon 2 contient du béton jusqu'à une profondeur de 5 mm, pris à l'endroit où avait été ôté le morceau de l'échantillon 1 allant jusqu'à 3 mm.
En raison de la dureté du béton, la séparation entre les matériaux de la couche extérieure (échantillon 1) et de la couche plus profonde (échantillon 2) n'a pas pu être faite parfaitement.
L'échantillon 3 provient de l'enduit du mur, jusqu'à la première rangée de briques.
L'échantillon 4 provient de l'enduit du pilier de béton de l'aile de la cheminée (incinération d'ordures) du crématoire II. Il n'est intéressant que comme échantillon de comparaison.
Les résultats sont du même ordre de grandeur que les résultats positifs obtenus par Leuchter concernant les autres prétendues "chambres à gaz", alors que, dans la "chambre à gaz" (morgue I) du crématoire II, où nos échantillons 1 à 4 ont été prélevés, Leuchter n'a décelé aucune trace de cyanure. La différence entre les échantillons 1 et 2 indique peut-être qu'effectivement la concentration dans le béton dépend considérablement de la profondeur.
Le tableau 16 fournit les résultats d'analyses de contrôle. L'échantillon du haut de ce tableau, qui, analysé par l'Institut Fresenius, donne la valeur légèrement positive de 6,7 mg par kg, ne donne, analysé par l'Institut für Umweltanalytik de Stuttgart, que des valeurs inférieures à la limite de sensibilité (0,5 mg par kg). Ceci confirme la constatation faite sous la section 4.2, à savoir que des valeurs proches de la limite de sensibilité ne sont pas reproductibles.


4.3.3.2. Échantillons 5-8 et 23, 24: baraques de détenus

Les échantillons 5 et 8 ont été prélevés dans deux baraques différentes; chacun provient d'un gros morceau, respectivement, d'enduit et de mortier pris dans le local principal de la baraque (voir tableau 15).
On n'a pas fait de distinction entre les différentes profondeurs de prélèvement, de sorte que les valeurs doivent être considérées comme des valeurs moyennes. Les échantillons 6 et 7 ont été prélevés dans la chambre spéciale à l'ouest de la baraque. Les échantillons 23 et 24 proviennent du mur extérieur de la grande pièce d'une troisième baraque.
Comme on le voit, on peut trouver, dans les murs des baraques, des quantités de cyanure du même ordre de grandeur que celles que Leuchter a trouvées dans les prétendues "chambres à gaz". C'est le cas, en particulier, pour l'échantillon 8. Tous les autres échantillons sont également positifs, mais notablement moins. Ici aussi, l'analyse de contrôle (tableau 16) a donné des valeurs non reproductibles.

Tableau 16: Résultats d'analyses de l'Institut Fresenius et de l'Institut für Umweltanalytik de Stuttgart (IUS)
Dans les deux cas, la détermination du cyanure a été faite suivant la méthode DIN 38 405/D13. Chiffres en mg de CN- par k

Échantillon

Emplacement du prélèvement

Fresenius

IUS
3 Morgue I ("chambre à gaz"), crématoire II, enduit du mur, 0-1,5 cm 6,7

< LS
8 1b, baraque 13, mur de séparation de couchette, 3-5 cm 2,7

< LS
11 B1a, bâtiment 5a, côté intérieur du mur extérieur (ouest), 1-10 mm 2640,0

1430 *
25 Brique non traitée 9,6

9,6
26 3 autres échantillons de brique exposée au gaz

-

< LS *
* Ces échantillons ont été analysés suivant la méthode DIN 35 405/D14. Dans cette méthode, contrairement à D13, on n'ajoute pas de sel de cadmium. L'effet sur les résultats est inconnu. La limite de sensibilité (LS) est dans chaque cas de 0,5 mg par kg.

Tableau 16: Résultats d'analyses de l'Institut Fresenius et de l'Institut für Umweltanalytik de Stuttgart (IUS)

Planche 24: Le mur extérieur de l'aile d'épouillage par acide cyanhydrique du bâtiment BW 5a au plus fort de l'été 1991. De faibles quantités de cyanure, qui ont diffusé à travers les murs, colorent encore aujourd'hui la paroi en bleu. Cinquante ans d'intempéries ne l'ont pas décolorée.

4.3.3.3. Échantillons 9-22: installations pour l'épouillage des vêtements

Pour l'emplacement des prélèvements des divers échantillons, voir planches 18 et 19.

Bâtiment 5a. Ce qui frappe, dans les murs extérieurs de l'aile d'épouillage du bâtiment BW 5a, c'est que, par endroits, leurs briques et leur mortier sont bleus (voir planche 24). L'échantillon 14 est un fragment de brique dont toutes les parties extérieures -- donc exposées aux intempéries -- sont nettement bleu foncé. L'échantillon 15 provient du mortier du mur sud; seule la couche extérieure de ce mortier, sur une épaisseur d'environ 1 mm, était bleue. Dans cette couche, la teneur en cyanure doit donc être encore supérieure à la valeur moyenne, déterminée pour les trois premiers millimètres environ. L'échantillon 15b est un fragment de brique dont la couche bleue (échantillon 15c) a été ôtée à l'aide d'une spatule. La masse restante était environ 20 fois supérieure à celle de la couche enlevée, on ne peut déceler ici que de faibles quantités de cyanure. La concentration moyenne doit donc avoir été ici environ de 120 mg par kg. Donc, dans la brique aussi, c'est seulement du côté extérieur, exposé aux intempéries, que le pigment s'est formé en quantités notables.
Il est important de constater que le pigment a, en effet, une énorme résistance aux influences de l'environnement, puisque les matériaux où ont été prélevés les échantillons 14 à 15c ont subi de façon intense pendant 40 ans les rayons du soleil, le vent, la pluie, etc. Il est plus difficile de comprendre pourquoi c'est précisément ici que le pigment a pu se former en si grande proportion, bien que les côtés extérieurs des murs n'aient pas été mis en contact direct avec le gaz. Ces côtés sont humides, surtout par temps de pluie, et il se peut que les influences de l'environnement activent les réactions du fer; c'est apparemment pour cela que les faibles quantités de cyanure diffusant à travers la maçonnerie suffisent à rendre possible la formation de pigment. Un effet catalytique des rayons solaires ne peut pas non plus être exclu, mais les murs nord du bâtiment ne se signalent visiblement pas par une plus faible teneur en pigment. Il est vraisemblable qu'au cours du temps, sous l'effet de l'évaporation de l'humidité des murs, des sels solubles de cyanure présents dans la maçonnerie (cyanures d'alcalins et d'alcalino-terreux, ferro- et ferricyanures d'alcalins et d'alcalino-terreux) aient migré jusqu'à la surface, où une formation de bleu de Prusse à partir de ces sels aurait été favorisée, car le fer y est particulièrement réactif (voir section 2.5.5). Le phénomène de migration vers la surface est bien connu pour le carbonate de calcium (CaCO3) du mortier, qui montre, dans les murs humides, une tendance à produire des efflorescences jusqu'à une certaine hauteur du mur. Si ce processus était à l'origine du phénomène qui nous occupe, on devrait voir, outre du bleu de Prusse, des cristaux de calcaire en efflorescences ou, du moins, des auréoles de calcaire. Ce qui n'est pas le cas. De plus, les taches bleues sont distribuées tout à fait au hasard, tantôt dans le mortier, tantôt dans les briques et à différentes hauteurs; elles ne suivent pas une ligne d'humidité particulière et ne sont pas spécialement intenses dans la moitié inférieure du mur. Une autre possibilité est que l'acide cyanhydrique gazeux ait diffusé dans les fissures de la maçonnerie à l'époque où on utilisait le local pour l'épouillage. Au côté extérieur du mur, qui était par moments humide et réactionnel, l'absorption du gaz et la formation du pigment se seraient déroulés de façon intense. De telles fissures sont aujourd'hui visibles partout dans le mur. Dans leur voisinage, la coloration bleue est en effet plus intense qu'aux endroits sans fissures. Mais, comme ces fissures n'ont certainement atteint leur grandeur et leur quantité actuelles qu'en des dizaines d'années, il faut leur chercher un rôle plus tardif. Il se peut qu'en favorisant le transport de l'humidité, et donc de substances solides entraînées par l'eau, les fissures aient activé la formation du bleu de Prusse.
Les faces intérieures des murs extérieurs de l'aile d'épouillage du bâtiment BW 5a sont presque entièrement bleues, et même bleu sombre (voir planche 25). On notera que les différentes intensités du bleu de Prusse font apparaître la structure des briques recouvertes par l'enduit. On connaît le phénomène par lequel une très forte humidité se condense sur les murs froids (par exemple lors de grands rassemblements de personnes transpirant abondamment, comme aux concerts rock, dans les discothèques ou, de façon générale, dans les locaux mal aérés) ou encore l'apparition de taches d'humidité dans les locaux insuffisamment chauffés. Des briques cuites différemment conduisent différemment la chaleur et absorbent donc des quantités différentes d'eau condensée. Ainsi, l'effet constaté peut tenir à ce que les diffé rences d'humidité et de température diversifient non seulement la réactivité des éléments entrant dans la formation des dérivés du cyanure, mais aussi les capacités de transport pour les sels de cyanure migrants (voir plus haut et section 2.5.5).
Dans la première couche de l'enduit de ce mur, épaisse d'environ 1 mm, le matériau est d'un bleu plutôt pâle, comme à la surface du mur est de l'aile, qui représente un mur intérieur de la chambre d'épouillage originelle (échantillons 12 et 13).
Comme on pouvait s'y attendre, les murs extérieurs qui furent construits plus tard dans le même local et qui appartenaient donc aux chambres d'épouillage à air chaud (voir planche 19), ne montrent aucune coloration bleue.

Planche 25: Photo de la salle intérieure nord-ouest de l'aile d'épouillage du bâtiment BW 5a (voir planche 19). Au fond et à droite sur la photo, murs extérieurs colorés intensément par le bleu de Prusse. On voit les emplacements des prélèvements des échantillons 9 et 11. A gauche sur la photo, le mur intérieur, qui fut construit quand le local fut transformé en chambre d'épouillage à air chaud. C'est dans ce mur qu'a été pris l'échantillon 10, contenant une faible quantité de cyanure.


Les résultats des analyses 9 et 11, ainsi que ceux des analyses 20 et 22, confirment la première impression: la teneur en cyanure est très forte dans la couche superficielle de l'enduit des murs extérieurs et diminue dans les couches plus profondes. Il est vrai que la haute teneur en cyanure trouvée dans l'échantillon 11 n'a pas pu être confirmée exactement. La valeur trouvée par l'analyse de contrôle ne représente qu'environ 54 % de la première valeur. La cause de cette discordance est peut-être la légère différence entre les procédés d'analyse (voir la note au bas du tableau 16).
Dans le bleu de Prusse pur, il y a environ 0,82 g de fer pour 1 g de cyanure. Si on suppose que tout le cyanure est entré dans la composition du bleu de Prusse, il résulte de l'analyse que, dans l'échantillon 9, les 3/4 du fer environ ont participé à cette composition. Si on tient compte du fait que l'acide cyanhydrique ne peut pas atteindre la totalité du fer, on peut dire que la couche superficielle du matériau est quasi saturée en pigment. La diminution de concentration que l'on constate en passant de la couche superficielle aux couches plus profondes s'explique, d'une part, par le fait que l'enduit, étant assez froid et humide, a une action absorbante plus forte et que sa couche superficielle, vite saturée, empêche l'acide cyanhydrique de diffuser plus profondément dans la maçonnerie; d'autre part, il faut aussi tenir compte ici, tout comme pour la coloration bleue observée sur les côtés extérieurs des murs, de l'enrichissement en cyanure produit en surface par l'évaporation de l'eau. Mais, après la mise hors service du bâtiment, cet effet n'a pas pu être important, vu que le manque de ventilation et l'absence d'ensoleillement dans le local ont dû provoquer une quasi-saturation de l'air en humidité, spécialement dans le local représenté planche 25, qui ne présente des fenêtres qu'au nord.
Les échantillons 12 et 13 sont analogues aux échantillons 9 et 11 mais ont été prélevés dans le mur intérieur (mur est) d'une des chambres de désinfection à air chaud. La concentration des cyanures en surface est considérablement plus faible que dans les murs extérieurs, on ne constate pas ici de gradient de concentration suivant la profondeur. Cela peut être dû à ce qu'un mur sec permet une diffusion plus facile de l'acide cyanhydrique dans la maçonnerie, alors que, dans des murs humides, l'acide cyanhydrique réagit de préférence en surface. Mais il est vraisemblable aussi que, vu la sécheresse des murs intérieurs, il ne s'y produise pas de migration des sels de cyanure vers la surface.
Les échantillons provenant des murs qui furent construits lors des transformations en vue de désinfection à l'air chaud ne devraient contenir aucun résidu de cyanure. Pourtant, l'échantillon 10, bien qu'il provienne d'un de ces murs, a révélé à l'analyse une teneur en cyanure significative. L'échantillon 21 provient du mortier entre les briques du mur construit lors de ces transformations; il a été pris à une profondeur de 1 à 5 cm. A cet endroit, la maçonnerie du mur intérieur est fissurée. Dans ce mur inté rieur aussi, l'analyse révèle des traces minimes de cyanure. La présence de ces traces peut faire supposer qu'on pratiqua un épouillage de ce local à l'aide de cyanure après sa transformation en chambres de désinfection à air chaud; mais peut-être aussi les faibles quantités ne signifient-elles rien, comme les analyses de contrôle l'ont montré pour d'autres échantillons.

Planche 26: Photo du montant de porte de l'aile d'épouillage du bâtiment BW 5a, dont la charnière inférieure s'est rouillée et a formé du bleu de Prusse avec l'acide cyanhydrique. Emplacement du prélèvement de l'échantillon n* 8.

L'échantillon 18, enfin, provient du châssis de porte, qui ne fut placé qu'après la transformation en chambres de désinfection à air chaud. Sous la charnière inférieure, le bois a une nette coloration bleue (voir planche 26). L'humidité du sol et la rouille du fer peuvent avoir donné lieu à la formation de bleu de Prusse, à condition que de l'acide cyanhydrique ait été utilisé dans ces locaux après la transformation ou que le sol ait encore dégagé de l'acide cyanhydrique longtemps après cette transformation. Dans le premier cas, les traces de cyanure trouvées dans les murs datant de la transformation (échantillons 10 et 21) s'expliqueraient effectivement par des gazages de locaux. Enfin, il est également possible que cette porte étanche au gaz se soit d'abord trouvée à l'entrée de l'aile d'épouillage de vêtements à l'aide de Zyklon B et qu'on l'ait réutilisée ici lors de la transformation en chambres de désinfection par air chaud. Il ne faut pas attacher trop d'importance à l'aspect quantitatif du résultat d'analyse, car les matériaux organiques peuvent perturber les mesures. Quoi qu'il en soit, cet échantillon confirme la haute réactivité des mélanges humides contenant de l'oxyde de fer (rouille; cf. section 2.3.2).

Bâtiment 5b. Les murs extérieurs de l'aile d'épouillage BW 5b sont bleus, non seulement par endroits, comme c'est le cas pour BW 5a, mais presque entièrement et jusqu'au sol (voir planche 27). Le mur est, toutefois, fait exception: il ne montre à peu près aucune coloration bleue (voir planche 20). L'analyse d'un fragment de brique du mur sud (échantillon 16) indique, comme on pouvait s'y attendre, une très grande teneur en cyanures. Ici, le pigment atteint des couches plus profondes de la maçonnerie. Pas plus qu'ailleurs les intempéries n'ont diminué, de façon visible ou mesurable, la teneur en pigment. Dix-sept pour cent environ du fer présent dans le fragment de brique ont réagi pour former du bleu de Prusse, bien qu'ici aussi la quantité de cyanures qui a pu atteindre le côté extérieur de la maçonnerie soit faible. La différence frappante avec BW 5b, dont les côtés extérieurs ne sont bleus que par endroits, peut s'expliquer par le fait que l'aile 5b fut utilisée plus longtemps pour l'épouillage par Zyklon B (voir section 1.4). La raison pour laquelle la coloration bleue est insignifiante sur le côté est du mur extérieur de l'aile 5b n'est pas claire, mais c'est peut-être que ce côté est peu exposé aux intempéries, les vents d'est étant le plus souvent secs.

Planche 27: Dans l'aile d'épouillage du bâtiment BW 5b, où l'on utilisa l'acide cyanhydrique plus longtemps que dans le bâtiment BW 5a (voir planche 24), les murs extérieurs sont couverts de grandes taches bleues. Ici non plus, 50 ans d'intempéries n'ont pas détruit le pigment.


Si des échantillons d'enduit prélevés du côté intérieur de ce mur montraient, eux aussi, de faibles teneurs en cyanure, on pourrait envisager comme explication une différence d'exposition des murs aux gaz, provoquée par une division du local en plusieurs unités de gazage situées près des murs sud et nord (voir section 3.3).
En observant l'intérieur du local de cette aile, on est surpris de voir les parois presque partout blanches. Par endroits seulement, on distingue des taches d'un vert terne. Pourtant, l'analyse de la couche d'enduit verte, qui est recouverte par une couche superficielle (blanche), échantillon 7, indique la plus haute des teneurs trouvées, bien que la couche d'enduit qui la recouvre, épaisse de 3 à 4 mm, soit compacte et très dure. En ce qui concerne les réactions du fer, nous constatons ici ce qui, dans BW 5a, n'était vrai que pour la couche d'enduit superficielle: une quasi-saturation. La couleur du matériau, qui n'est ici que verdâtre, n'est visiblement pas un critère absolu de la teneur en cyanure. Si c'était le cas, l'intense coloration bleue que l'on constate çà et là à la surface ne s'expliquerait pas, puisque la proportion du pigment dans l'enduit, même là où les valeurs sont maximales, n'est que d'environ 1,5 %. En réalité, la coloration bleu foncé provient d'une concentration de pigment plus forte dans les couches superficielles, d'une épaisseur de l'ordre du micromètre, en conséquence des processus d'enrichissement décrits plus haut.
L'échantillon 19 a été divisé en deux parce que, dans ce local, la couche d'enduit superficielle diffère visiblement de la couche qu'elle recouvre: les 4 premiers millimètres de l'enduit sont formés d'un matériau blanc, sec et dur (enduit de chaux pauvre en sable), les couches plus profondes d'un enduit de chaux ocre et riche en sable. La séparation n'a pas complètement réussi et des parties du mortier riche en sable sont restées sur l'échantillon 19a. L'analyse de la teneur en fer (qui, en cas de séparation complète, aurait peut-être donné une valeur encore plus faible) confirme l'hypothèse que la couche superficielle est un enduit de chaux pauvre en fer. Cela explique l'absence de taches colorées à la surface de l'enduit dans ce local: il y a trop peu de fer pour qu'il se forme du pigment. Toutefois, la couche d'enduit superficielle montre une haute teneur en cyanure. Ceci permet d'exclure que cette couche d'enduit ait été appliquée après la fin des opérations d'épouillage.
L'hypothèse de J. Bailer, selon laquelle les hautes teneurs en cyanure des échantillons prélevés dans les chambres d'épouillage seraient dues à l'application d'une couche de couleur bleue [6], ne correspond pas à la réalité. En effet, cette hypothèse n'explique, même approximativement:
-- ni l'aspect de taches de la coloration bleue sur les faces intérieures des murs extérieurs de l'aile d'épouillage du bâtiment BW 5a;
-- ni l'absence de toute coloration bleue aux murs intérieurs construits plus tard dans cette aile;
-- ni la nuance bleu terne du mur intérieur sud de l'aile d'épouillage originelle du bâtiment BW 5a;
-- ni la haute teneur en cyanure du matériau superficiel des murs de l'aile d'épouillage BW 5b, matériau qui est blanc (parce que pauvre en fer);
-- ni la teneur en cyanure encore bien plus élevée dans les couches plus profondes, verdâtres-bleuâtres, de ces mêmes murs;
-- ni les taches nettement bleues, riches en cyanure, sur les faces extérieures des murs extérieurs des deux ailes.
Les traces de cyanure sous forme de bleu de Prusse résultent de l'exposition des locaux au gaz cyanhydrique libéré par le Zyklon B. Ainsi, contrairement à la thèse de Bailer, l'acide cyanhydrique réagit très bien avec les composés de fer présents dans les murs pour former le bleu de Prusse, qui est extrêmement stable à long terme.

NOTES
1 C. Mattogno (Rome) a lui aussi prélevé des échantillons dans quelques installations de Birkenau ("chambres à gaz" et chambres d'épouillage) et les a fait analyser; les résultats concordent avec ceux de F.A. Leuchter et de G. Rudolf [216].

2 ICP (Induced coupled plasma): spectroscopie d'émission dans un courant de plasma d'argon, produit par induction.

3 Les spectrogrammes par fluorescence de rayons X et les spectrogrammes par émission de rayons X utilisés pour déterminer la teneur d'un élément dans un échantillon peuvent être très précis mais ne distinguent pas, par exemple, entre la silice du sable ajouté et celle du quartz du ciment, distinction qui est du plus haut intérêt pour la détermination de la nature du matériau. Sans renseignements sur la composition initiale des échantillons, la détermination ultérieure semble à peu près vaine. Pressac, il est vrai (voir annexe à la note [3]), indique les constituants des matériaux de construction des crématoires II et III mais ne mentionne pas ses sources.

4 Des traces ubiquitaires (du latin ubique: partout) sont des traces qu'on peut trouver partout dans la nature, réparties de façon aléatoire.


[ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ]

Pour les tableaux, les formules chimiques écrites sous forme canonique, les graphiques et les illustrations, qui dépassent nos compétences numérisatrices, les spécialistes voundront bien se reporter à la version allemande, accessible surn www.org.ou disponibles sur papier (en allemand et en français) à VHO, Posbus 60, B-2600 Berchem 2. Pour les références entre crochets voir la partie 4/4.

Traduction française de Gutachten über die Bildung und Nachweisbarkeit von Cyanidverbindungen in den "Gaskammern" von Auschwitz. (Das Rudolf Gutachten) Nous utilison la 3e édition révisée et élargie, de novembre 1992, © de Germar Rudolf, Stuttgart. Cette version française, Le Rapport Rudolf -- rapport d'expertise sur la formation et le contrôle de la présence de composés cyanurés dans les "chambres à gaz" d'Auschwitz a été diffusée en France comme numéro 4 de la revue La Vieille Taupe, 2ème année, Hiver 1996. Cet ouvrage a eu l'insigne honneur d'être interdit par un arrêté du ministre de l'Intérieur en date du 7 avril 1997 (JO du 11 avril, p. 5517) qui précise que l'ouvrage ""est un écrit étranger" et que, "par son contenu qui contribue à la propagation de la thèse négationniste de l'existence de crimes contre l'humanité, [il] fait courir un rique de trouble à l'ordre public". Précisons à ces juristes casqués qu'il n'existe aucun délit qualifiable de "négationnisme" dans le Code pénal, et que la phrase "la thèse négationniste de l'existence" relève d'un jargon qui n'a rien en commun avec la langue française et qu'on peut donc la réputer "écrit étranger", elle aussi, et donc la bannir de nos mémoires. Mais cette interdiction nous fait un devoir moral de mettre le texte sur Internet.


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