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LA MYSTIFICATION DU XXe SIÈCLE

par Arthur R. Butz


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Supplément C

Quelques réflexions sur l'ouvrage de Pressac

Réponse à une importante critique du révisionnisme



(Intervention faite dans le cadre de la 11e

conférence de l'Institute for Historical Review, en octobre 1992)




Pourquoi une autre critique ?

Le livre de Jean-Claude Pressac paru en 1989, Auschwitz: Technique and Operation of the Gas Chambers, a été examiné en détail dans le Journal of Historical Review 1 et ailleurs. La principale et presque l'unique cible de Pressac est Robert Faurisson et je pense que le compte rendu critique de Faurisson deviendra la critique définitive. C'est pourquoi je n'entends pas faire de cette conférence une critique minutieuse du livre de Pressac.
Je souhaite cependant ajouter quelques réactions personnelles à ce qui a déjà été dit et écrit. On y trouvera l'illustration de quelque chose que j'ai observé depuis longtemps et dont l'ouvrage de Pressac fournit un merveilleux exemple. L'«Holocauste» est une supercherie si gigantesque qu'elle est une inépuisable source d'absurdités. Il suffit de l'étudier d'un point de vue légèrement différent pour en voir jaillir de nouvelles absurdités. On peut aussi le contempler d'un point de vue fixe et après un certain temps, on obtient le même résultat.
Par ailleurs, Pressac a formulé des commentaires sur mon livre et je pense qu'il convient d'y répondre.

Ce qu'a fait Pressac

On s'accorde en général à reconnaître que Pressac a rendu service à l'histoire en rassemblant et en publiant des documents qui étaient auparavant inconnus ou, tout au moins, peu accessibles. Il a ensuite donné de ces documents une interprétation bizarre qui a été analysée par les comptes rendus déjà parus.
Il a également accepté les analyses chimiques décrites par Fred Leuchter en 1988 (et confirmées depuis par l'Institut d'expertises médico-légales de Cracovie) 2 et l'implication que les prétendus gazages de masse avec le pesticide Zyklon ne laissaient pas de traces de cyanure comme celles que l'on trouve dans les chambres à gaz d'épouillage, bien qu'il ne soit pas entièrement cohérent à cet égard. 3 Il a donc imaginé une procédure de gazage qui, a-t-il affirmé sans preuve, ne laissait aucune trace de ce genre. Il a déclaré que c'était la procédure qui était suivie à Auschwitz et a constaté qu'il était obligé, par conséquent, de rejeter des détails importants dans les récits de deux «témoins» vedettes: le commandant Rudolf Höss, qui aurait été responsable de toute l'opération, et le Dr. Nyiszli. 4 Au cours de son exposé, il relève d'autres problèmes dans les témoignages couramment invoqués. Cela me rappelle un de ces vieux dessins animés où l'on voit un homme en train de scier la branche de l'arbre sur laquelle il est assis. Ainsi que nous le verrons, même en se cantonnant à son propre point de vue, Pressac aurait dû se montrer beaucoup plus sévère à l'égard des prétendus témoins oculaires.
En résumé, Pressac nous offre (a) l'aveu que les gazages à Auschwitz ne peuvent être démontrés par le recours aux méthodes de la médecine légales, (b) l'aveu que les prétendus témoins habituels des exterminations sont pour le moins sujets à caution, et (c) une série de documents allemands, ambigus lorsqu'ils sont pris hors de leur contexte, qui fournissent ce qu'il appelle des «traces criminelles» des exterminations. Ces trois points ont été au centre des critiques déjà publiées de l'ouvrage de Pressac.
Cet ouvrage est entièrement consacré à prouver que, pendant la guerre, les autorités allemandes ont construit et fait fonctionner des chambres à gaz homicides à Auschwitz. Il ne peut pas et n'essaie même pas de mettre en relation ces activités avec une politique décidée à Berlin. Il n'essaie pas non plus de montrer qu'il existait un programme de trois ans utilisant des trains qui traversaient continuellement l'Europe et transportaient des juifs jusqu'au lieu de leur mort sans que cela ait éveillé l'attention des services de renseignement alliés, du Vatican, des juifs menacés de déportation, ou même des dirigeants juifs hors de l'Europe qui se lamentaient publiquement sur l'«extermination». 5 Ces points majeurs d'histoire ayant été depuis longtemps établis, un ouvrage comme celui de Pressac qui ne s'intéresse qu'à de strictes questions locales, est le seul type d'essai anti-révisionniste qui soit possible.
Cet auteur se trouve dans la situation d'un homme qui voudrait prouver qu'il y a eu récemment une guerre entre l'Illinois et l'Indania en battant la campagne à la recherche de douilles. Il n'est pas nécessaire de jouer son jeu en laissant de côté tout le contexte historique pour se concentrer sur une question purement locale, mais un compte rendu de son livre ne peut rien faire d'autre. Néanmoins, je montrerai que l'objection selon laquelle Pressac a laissé ignoré le contexte tient même si nous acceptons de le suivre sur son terrain. C'est-à-dire qu'à l'intérieur des limites de sa perception d'Auschwitz, Pressac se concentre encore sur des questions locales sans tenir compte du contexte immédiat, le camp de concentration dans toutes ses dimensions.

Les crématoires

A mon avis, la page 184 du livre de Pressac est cruciale. Il nous dit que:
(1) Les gazages en masse des juifs dans le «Bunker 1» (situé près de la section «Birkenau» récemment construite du camp d'Auschwitz) ont commencé en 1942, peut-être en janvier mais certainement vers la mi-mai.
(2) Le 27 février 1942 on décida que le nouveau crématoire II à 15 moufles serait construit à Birkenau plutôt qu'au Stammlager (camp principal ou d'origine).
(3) A une date inconnue, en mai ou en juin 1942, on décida qu'une extermination «industrielle» des juifs serait entreprise. Les nouveaux crématoires furent modifiés dans ce but, comme l'indique la première «trace criminelle» à apparaître sur un dessin industriel d'ingénieur: la séparation du système d'écoulement des eaux de la prétendue chambre à gaz de celui du reste du crématoire II. (Le seuil de détection à partir duquel Pressac repère une «trace criminelle» est très bas).
(4) A l'été 1942, on décida de construire à Birkenau quatre nouveaux crématoires plutôt qu'un seul, pour les besoins de l'extermination: le crématoire III, bâti en miroir du crématoire II avec 15 moufles, les crématoires IV et V bâtis en miroir, chacun avec huit moufles, pour un total de 46 moufles (sans compter le crématoire I). La construction de ces crématoires de Birkenau fut achevée au printemps 1943, et le crématoire I du Stammlager, avec ses six moufles, fut définitivement fermé en juillet 1943. 6
Pressac pense que le lecteur supposera comme lui qu'une si grande capacité de crémation ne pouvait que servir à un programme d'extermination. C'est pourquoi il nous invite «à imaginer un village de 4.000 habitants avec [...] un crématoire équipé de trois fours à 3 moufles [...] Nous n'avons pas besoin de nous appesantir sur cette image».
Il reprend et souligne cet argument ailleurs dans le livre. A propos des crématoires, Pressac écrit: «Leur capacité était excessive par rapport aux besoins véritables du camp» (c'est Pressac qui souligne). 7 Il prétend que la capacité de crémation était excessive pour une collectivité normale et ses nombreux résidents. Personne cependant ne soutient que Birkenau était une collectivité normale. A vrai dire, j'ai même reconnu une fois qu'on pouvait l'appeler à juste titre un «camp de la mort». 8
En développant sa thèse, Pressac essaie d'ignorer les épidémies catastrophiques de typhus à Auschwitz, tâche impossible car les documents soulignent l'importance de cette question. La première épidémie catastrophique -- durant l'été 1942 -- n'est pas du tout mentionnée par Pressac à la page 184 de son livre, consacrée à démontrer (ou du moins à affirmer) que la décision fut prise au printemps-été 1942 de lancer une extermination industrielle des juifs et, en conséquence, d'accroître la capacité des installations de crémation alors en construction.
Songeons au caractère horrible et dévastateur de l'épidémie de typhus à Auschwitz à l'été 1942. Le nombre de morts chez les hommes pour la période du 1 er juillet au 19 août 1942 fut de 8.236. Nous ne disposons pas pour cette période des chiffres de la mortalité chez les femmes mais, à en juger par les matricules, la population féminine du camp était d'environ 25 pour cent de la population masculine. Par conséquent, la mortalité combinée des hommes et des femmes pour la période du 1 er juillet au 19 août 1942 fut d'environ dix mille. 9 L'ordre de Höss du 23 juillet qui plaçait le camp en quarantaine 10 fut la réponse nécessaire à une situation extraordinaire. Ce sont les événements que Pressac feint d'ignorer lorsqu'il examine, à la page 184 de son livre, les changements dans les plans de construction des crématoires qui furent effectués à l'été 1942. Il nous invite «à imaginer» un village ordinaire par rapport à ces crématoires. Pourquoi devrait-on essayer? Ce que Pressac voudrait que nous ignorions ici est le véritable enfer de l'épidémie à Auschwitz. Il est rare de pousser la malhonnêteté à ce point; seul un romancier de l'Holocauste pourrait espérer s'en tirer. 11
Au départ, j'ai cru qu'il s'agissait d'un exemple extrêmement choquant de malhonnêteté intellectuelle. Poursuivant ma lecture, j'ai relevé qu'il mentionnait bien l'épidémie de typhus à la page 187 et c'est ensuite, à la page 188, que j'ai découvert tout le sel de cet ouvrage. Pressac y met finalement en rapport les mesures prises à Auschwitz contre le typhus avec la prétendue extermination des juifs. Il écrit: «... Les SS utilisèrent l'extermination des juifs, dont leurs supérieurs avaient une connaissance générale, sans être informés des détails pratiques, pour cacher les terribles conditions hygièniques du camp, et dissimuler leur énorme consommation de gaz dans un but de désinfection» (c'est Pressac qui souligne). Les SS ont dû par conséquent cacher la catastrophe à Himmler au cours de sa visite du camp, les 17 et 18 juillet 1942. (A mon avis, c'est Himmler qui a suggéré, ou du moins officieusement approuvé, l'ordre de quarantaine qui fut donné le 23 juillet.)
Comme on ne peut pas ignorer les épidémies de typhus, Pressac les mentionne dans les pages qui suivent. Il note qu'«il était nécessaire d'endiguer à tout prix l'épidémie», tandis que, plus loin, il écrit de façon grotesque qu'à la mi-septembre, presque deux mois après l'ordre de quarantaine, «les morts causées par l'épidémie de typhus étaient devenues un véritable problème» -- ce qui constitue la grande litote de ce livre. 12 Ce que tout lecteur doté d'un minimum de discernement verra, à savoir le lien évident entre les épidémies et la construction des crématoires, est éludé. Pressac assigne ici un rôle extraordinaire aux crématoires en soutenant que l'accord final de la construction revenait au RSHA (la branche de sécurité et de police des SS) plutôt qu'au WVHA (l'agence d'administration des camps). Si c'est vrai, tout ce que cela révèle est un point de procédure, ou peut-être l'inégalité généralement reconnue entre les deux services. 13 Pressac ne fait aucun effort pour donner une idée de la pleine horreur de l'épidémie de typhus de 1942. Lorsqu'il avoue à contrecoeur l'existence d'une catastrophe due au typhus, ce n'est qu'un faux-fuyant pour renforcer, dans l'esprit du lecteur, l'interprétation selon laquelle les crématoires servaient à une «extermination industrielle». Pressac entreprend en fait un blanchiment des véritables horreurs d'Auschwitz.
La manière qu'a Pressac de ne mentionner qu'à contrecoeur et de loin en loin les épidémies de typhus pourrait être considéré comme un exemple parmi d'autres d'une caractéristique qui a gêné tous ceux qui ont rendu compte du livre: sa piètre organisation interne. De nombreuses fois, j'ai repris le livre pour relire un argument que je me rappelais avoir lu quelque part et découvrir qu'il n'était pas du tout à la place où on l'attendait logiquement, mais plutôt dans un endroit inattendu. Normalement, on pourrait attribuer un tel défaut d'organisation à une méthode de travail désordonnée et la considérer comme un désagrément qui n'infirme pas l'analyse de l'auteur. Je fournirai plus loin une autre explication qui dira le contraire.
(Je me demande si les faux-fuyants de Pressac peuvent être considérés comme de la «malhonnêteté». Si je devais mettre un couvre-chef bizarre comme celui que portait Napoléon et me promener en prétendant être l'empereur français, est-ce que ce serait de la «malhonnêteté»? Lorsque quiconque ne souhaitant pas s'illusionner perce facilement à jour le déguisement, peut-on encore le considérer comme un déguisement? Il se peut que Pressac soit le roi des clowns mais il n'est pas le roi des mystificateurs.)
Pressac ne s'arrête pas à l'idée que les vastes installations de crémation du camp convenaient aux conditions d'une épidémie. J'ai déjà évoqué l'argument qui suit 14 mais à cause de Pressac il semble nécessaire d'y revenir. Sur la capacité des crématoires, il est difficile de parvenir à des conclusions sur une base purement technique en raison de la distinction que l'on ne peut manquer d'établir entre ce qui est théoriquement possible et ce qu'on peut atteindre dans la pratique. Ainsi, bien que ma voiture puisse aller, me dit-on, à 160 kilomètres/heure, je sais que je ne peux pas parcourir les trente-deux kilomètres qui séparent mon domicile d'Evanston de l'université de Chicago en douze minutes; il y a trop d'obstacles. Les données techniques fournissent deux nombres à partir desquels on ne peut tirer qu'une conclusion qui n'a aucun rapport avec la question et dont la seule valeur est que le calcul est correct.
Pressac cite des documents sur la capacité des crématoires qui, il le reconnaît, ne peuvent se rapporter à des conditions pratiques. 15 Dans le cas des fours crématoires des camps de concentration, les deux principaux obstacles à ces calculs apparemment simples sont (1) que les équipements pour la crémation n'étaient pas -- et n'ont pu être -- utilisés de manière continue, et que (2), comme je l'ai noté ailleurs, les détenus du camp qui avaient l'habitude de faire fonctionner les crématoires «travaillaient avec l'apathie que leur avaient enseignée les Russes». 16
Bien que l'on puisse employer l'adjectif «extraordinaires» si l'on fait référence aux nombres, je qualifierai désormais d'«ordinaires» ces morts des camps dues à des causes non homicides, principalement des maladies mais comprenant des exécutions pour des crimes précis, dont presque toutes ont été à un moment consignées dans des documents allemands et que chacun reconnaît. (Certaines des morts «ordinaires» qui se produisirent en 1945, pendant le chaos des derniers mois de la guerre, ne furent pas enregistrées.)
Un «camp d'extermination» est alors un camp hypothétique où les morts -- dans des «chambres à gaz» homicides -- non enregistrés excédent largement les morts enregistrés. Les révisionnistes considèrent que, bien que certains documents allemands datant de la guerre ont pu se perdre, les morts ordinaires ont constitué la presque totalité des morts et qu'il n'y avait pas de «camps d'extermination». En accord avec la légende de l'extermination, Pressac reconnaîtrait volontiers que toutes les morts dans des camps comme Buchenwald et Dachau en Allemagne étaient, pour l'essentiel, des morts ordinaires. Il soutiendrait cependant qu'à Auschwitz, en Pologne, on «exterminait» sur une grande échelle des personnes anonymes dont la mort n'était pas enregistrée et que, par conséquent, seule une fraction -- peut-être un dixième -- du total des morts était des morts «ordinaires» enregistrées.
Ce qu'il convient de faire, c'est examiner les taux de la mortalité enregistrée en rapport avec les capacités des crématoires. La méthode la plus efficace, je pense, est de comparer à cet égard les camps («non destinés à l'extermination») de Buchenwald et de Dachau avec le camp «d'extermination» d'Auschwitz. C'est plus convaincant que de citer des estimations sur le temps nécessaire pour incinérer un cadavre. Pour en revenir aux trente-deux kilomètres à parcourir entre mon domicile d'Evanston et l'université de Chicago, il vaut mieux ne pas tenir compte des données techniques sur la rapidité de ma voiture et la distance entre les deux endroits et, à la place, recourir à l'expérience -- la mienne ou celle d'un autre -- pour déterminer avec précision le temps nécessaire au trajet.
Si l'on peut démontrer que la capacité des crématoires de chaque camp était proportionnée au nombre des morts «ordinaires» et enregistrés de chaque camp, alors il faut supposer que les crématoires d'Auschwitz jouaient, et étaient destinés à jouer le même rôle ordinaire que les crématoires de Buchenwald et de Dachau (qui, tout le monde en convient, n'étaient pas des camps d'extermination).
Cette comparaison présente quelques difficultés mais il est possible de les surmonter. Il manque tout d'abord une documentation complète et officielle sur les morts «ordinaires» à Auschwitz malgré la large publicité qui a entouré la mise en circulation par les autorités soviétiques des «registres mortuaires» d'Auschwitz. Par une pure coïncidence, dans un compte rendu publié en 1989, j'ai donné les chiffres que m'avait fournis le Service International de Recherches d'Arolsen lors de la visite que j'avais effectuée là-bas en 1977: 45.575 décès enregistrés en 1942, et 36.960 en 1943, les registres des morts manquant pour 1940, 1941, 1944 et janvier 1945 (lorsque le camp fut évacué). Bien que mes informations ne fussent pas complètes, elles sont -- comme nous le verrons -- satisfaisantes pour ce qui nous occupe présentement. Un autre problème est la signification des 69.000 morts enregistrées dans les certificats de décès des «registres mortuaires» (incomplets) annoncés par les Soviétiques en 1989. Heureusement, cela n'importe guère pour notre présent sujet. Je persiste à soutenir que le nombre total des morts «ordinaires» à Auschwitz de 1940 à janvier 1945 se situe «entre 100.000 et 150.000, probablement plus près du premier chiffre car la population du camp était peu importante en 1940-1941 et, en 1944, les Allemands avaient fait des progrès contre le typhus». 17 Comme nous le verrons, ce total n'est pas le point décisif.
Les totaux pour Buchenwald et Dachau, camps situés sur le sol allemand et non en Pologne, sont assez bien établis. Le rapport de 1977 du Service International de Recherches donnait 36.550 pour Buchenwald et 31.951 pour Dachau. Dans chaque cas, cependant, le chiffre exclut un nombre indéterminé de «personnes qui sont mortes peu avant la libération et pendant les convois d'évacuation». 18
On connaît également assez bien les installations de crémation des deux camps. Buchenwald avait un crématoire à six moufles, installé en 1942, avec peut-être deux autres moufles installés auparavant. De plus, Buchenwald pouvait disposer du crématoire civil qui existait dans la ville voisine de Weimar. Dachau avait un crématoire à deux moufles avant 1942, date de la construction d'un crématoire à quatre moufles. 19 Nous pouvons par conséquent supposer que Buchenwald et Dachau avaient au moins six moufles chacun.
De prime abord, il peut sembler que, par comparaison, Auschwitz possédait un nombre excessif de moufles: alors que le nombre des morts «ordinaires» d'Auschwitz était d'environ trois à quatre fois celui de Buchenwald et de Dachau, il y avait à peu près huit fois autant de moufles. Néanmoins, lorqu'on effectue le calcul correctement, on peut s'apercevoir qu'Auschwitz, en fait, avait moins d'installations de crémation.
Les chiffres de l'ensemble des morts des deux camps situés sur le sol allemand sont à interpréter de manière totalement différente de ceux d'Auschwitz. Ce dernier camp fut évacué en janvier 1945 dans des conditions qui furent dans l'ensemble ordonnées. Par conséquent, le total pour Auschwitz, quel qu'il soit, n'inclut pas les morts «ordinaires» pendant le chaos complet du printemps 1945. La pire période pour Auschwitz ne fut pas 1945, mais 1942, c'est-à-dire l'époque où fut mis au point son projet de construction des crématoires.
Par contraste, la plupart des décès dans les camps situés sur le sol allemand proprement dit se produisirent en 1944 et dans les quatre premiers mois chaotiques de 1945, pendant la désintégration et l'écroulement final de l'industrie allemande. Le personnel des camps de concentration savait que tous les plans pour un accroissement fondamental des possibilités de crémation qui auraient pu être élaborés en 1944 avaient peu de chances d'être mis en oeuvre. En réalité, ce genre de construction fut rare en 1944 et en 1945. Toutes les décisions importantes et efficaces à propos de la construction des crématoires furent en fait prises avant 1944 et n'ont pu être motivées que par des conditions qui existaient avant 1944. Par conséquent, pour juger des intentions allemandes concernant la construction des crématoires, il nous faut considérer la période 1942-1943. Les chiffres incomplets donnés ici pour Auschwitz sont donc tout ce qui est nécessaire pour l'objet de notre étude.
Les chiffres des décès «ordinaires» dont nous disposons pour les trois camps se décomposent de la manière suivante (il est à noter que, pour Buchenwald, le chiffre ne s'applique qu'aux trois premiers mois de 1945) 20 :

Année Auschwitz Buchenwald Dachau
1940 ? 1772 1515
1941 ? 1522 2576
1942 45575 2898 2470
1943 36.960 3.516 1.100
1944 ? 8.644 4.794
1945 ? 13.056 15.384
Totaux? ? 31.408 27.839
Totaux ? 125.000? 37.000? 32.000?


Tableau 1. Décès enregistrés dans les camps d'Auschwitz, de Buchenwald et de Dachau.

Les années cruciales sont 1942 et 1943 car ce sont les dernières années que l'on pourrait considérer comme ayant motivé les décisions allemandes à propos de la construction des crématoires dans les camps.
La proportion de moufles prévus par rapport aux décès «ordinaires» est présentée sur le Tableau 2. J'ai attribué 52 moufles à Auschwitz (46 pour Birkenau et six pour le Stammlager, non parce qu'Auschwitz a jamais eu 52 moufles en état de marche, mais parce que le but de ce calcul est d'aider à interpréter les décisions qui ont conduit à l'a construction des crématoires plutôt que de s'intéresser aux capacités qui ont été réellement atteintes. Nous constatons, en fait, que la proportion des moufles de crémation par rapport aux décès se montre assez favorable à Auschwitz: la raison en est qu'il fut décidé qu'Auschwitz serait moins bien équipé en crématoires que Buchenwald et Dachau (deux camps qui, tout le monde est d'accord là-dessus, n'étaient pas des camps d'extermination). Peut-être des contraintes budgétaires interdisaient-elles d'avoir davantage de crématoires pour Auschwitz.

Année Auschwitz Buchenwald Dachau
Moufles 52 6 6
1942 1,14 2,07 2,43
1943 1,41 1,71 5,45


Tableau 2. Nombre de moufles prévus par millier de décès enregistrés.

A la page 184 de son livre, Pressac interprète d'emblée la décision de l'été 1942 d'installer 46 moufles de crémation à Birkenau comme une étape dans un programme d'extermination. Ce faisant, il ne tient pas compte des chiffres donnés ici des décès ordinaires ou enregistrés qui contredisent son interprétation. La décision de fermer le crématoire I, avec ses six moufles, du camp principal [Stammlager] d'Auschwitz, est par conséquent inexplicable, du point de vue de Pressac.
En vérité, c'est Heinrich Himmler qui élucida toute l'histoire depuis le début lorsqu'il déclara le 21 avril 1945:

«Afin de mettre un terme aux épidémies, nous avons été forcés de brûler les corps d'un nombre incalculable de gens qui étaient morts de maladie. Nous avons donc été forcés de construire des crématoires, et c'est avec cela qu'ils sont en train de préparer une corde pour nous pendre». 21

Malheureusement, Himmler ne vécut pas assez longtemps pour faire une déclaration de ce genre lors des procès de Nuremberg. Il est scandaleux d'avoir encore à répéter cela en 1992.
Pour ce qui est des efforts que fait Pressac pour trouver une chambre à gaz homicide dans le crématoire II (de Birkenau), je renvoie le lecteur à la critique de Faurisson. En cherchant à prouver une thèse, dont la fausseté est (ou devrait être) manifeste au premier coup d'oeil, Pressac minimise ou ignore tout bonnement les faits décisifs. Néanmoins, il prétend que c'est nous qui sommes «des maniaques qui passent leur vie à essayer de démontrer que quelque chose n'a jamais existé».
22

Le «Vergasungskeller» («Cave à gazage»)

Dans The Hoax, j'ai examiné un document très souvent cité, daté du 29 janvier 1943, dans lequel Karl Bischoff, chef du département de la construction d'Auschwitz, rendait compte à Hans Kammler, chef du service technique des SS à Berlin, de l'état de fonctionnement du crématoire II:

«Le crématoire II a été achevé -- à l'exception de quelques travaux secondaires -- par l'emploi de toutes les forces disponibles, par équipes de 24 heures, malgré des difficultés sans nom et le froid rigoureux. Le feu fut allumé dans les fours en présence de l'ingénieur en chef Prüfer, représentant des fournisseurs, la firme Topf und Söhne, d'Erfurt, et il fonctionne de manière très satisfaisante. Les planches [de coffrage] du plafond en béton de la cave utilisée comme morgue (Leichenkeller) n'ont pas pu encore être enlevées en raison du gel. Ce n'est, de toute façon, pas très important car la chambre à gaz peut être utilisée dans ce but...» 23

Dans son ouvrage, Pressac écrit que mon interprétation du terme Vergasungskeller, «bien que parfaite dans sa forme littéraire, était techniquement sans valeur». 24 Il interprète le terme Vergasungskeller dans ce document de 1943 comme désignant une chambre à gaz homicide et le classe tout en haut de sa liste des 39 «traces criminelles» de gazages à Auschwitz. 25 Je dirais aujourd'hui que, bien que ma traduction du terme fût techniquement correcte, Pressac a montré que, dans ce cas, mon interprétation n'était pas correcte. Cependant, l'interprétation qu'il donne est également incorrecte comme le montrent les éléments qu'il reproduit lui-même. Il est nécessaire d'examiner cette question en détail. 26
Les deux mots allemands importants à cet égard sont Begasung, traitement avec un gaz, et Vergasung, gazéification ou transformation de quelque chose en un gaz, même au sens vague du terme. (Par exemple, le mot allemand pour carburation est Vergasung). C'est pourquoi, bien que «fumigation» soit normalement rendu par Begasung, pour une raison qui n'est pas claire l'allemand utilise souvent Vergasung à la place de Begasung. Ainsi, pour les attaques par les gaz de la première guerre mondiale, on employait le terme de Vergasung et les professionnels de la désinfection parlent souvent de Vergasung plutôt que de Begasung pour désigner leur activité. Il semble cependant que Begasung ne remplace jamais Vergasung et qu'une chambre à gaz de désinfection ou d'épouillage est normalement une Gaskammer et non une Vergasungskammer ou un Vergasungskeller. En conséquence, les chambres à gaz d'épouillage d'Auschwitz étaient appelées des Gaskammern.
27 C'est le genre de conventions arbitraires d'usage qui se produisent dans n'importe quelle langue et que l'on ne peut déduire de la consultation d'un dictionnaire.
Malgré tout cela, la signification normale de Vergasung, dans un contexte technique, est gazéification, production de gaz ou carburation. En considération de cela, et sachant que certains fours crématoires nécessitaient un mélange combustible gaz-air devant être introduit par des gicleurs situés à l'extérieur, j'ai interprété le Vergasungskeller mentionné dans le document de 1943 comme l'endroit où le coke ou le charbon était transformé en un gaz combustible, mélangé à de l'air, puis introduit sous pression dans les fours crématoires.
Bien que cette interprétation ne soit pas «techniquement sans valeur», Pressac montre qu'elle n'est pas correcte dans le cas présent. Sa démonstration repose sur (1) de nombreux dessins industriels du crématoire II, à diverses étapes de leur conception, qui ne révèlent aucune installation de ce genre, et sur (2) des dessins industriels de fours crématoires types de la compagnie Topf, ainsi que sur d'autres données techniques à leur sujet, qui montrent qu'ils n'étaient pas conçus comme je l'avais supposé, et qu'ils étaient alimentés en combustible par du coke stocké directement derrière les fours.
28
Sur la base d'un document récemment découvert, Pressac montre que la morgue du sous-sol (Leichenkeller), que l'on ne pouvait utiliser en raison du gel, était la Leichenkeller 2. C'est pourquoi il conclut que la Vergasungskeller doit être la Leichenkeller 1 et qu'on ne l'a désigné dans ce document comme une «Vergasungskeller» qu'à la suite d'une «énorme gaffe [sic ].[...] la première des "bévues" que les SS et les civils ne pouvaient s'empêcher de faire», la ligne de conduite qui aurait été adoptée consistant à ne pas utiliser de termes accusateurs par écrit.
29 Bien qu'il soit vrai que le terme allemand normal pour une chambre à gaz homicide ou d'épouillage serait Gaskammer, Vergasungskeller est linguistiquement possible.
Ainsi que d'autres l'ont noté, Pressac se trouve dans la situation étrange de quelqu'un qui soutient qu'une pièce uniformément désignée comme la Leichenkeller 1 sur tous les dessins techniques devait être utilisée seulement temporairement comme une Leichenkeller, au lieu de l'être normalement en tant que chambre à gaz ou simultanément comme chambre à gaz et morgue. Dans ce dernier cas, les victimes, qui ne soupçonnaient rien, devaient se tenir debout sur les cadavres. Dans le premier cas (la seule interprétation qui mérite l'examen), le délai impliqué dans l'utilisation du bâtiment pour l'extermination était «sans importance», ce qui est une contradiction majeure si l'on prétend, comme le fait Pressac, que le rôle premier du bâtiment était le gazage de masse.
Parce que ce document confirme qu'en janvier 1943 les Allemands, soumis à la pression des circonstances, faisaient en sorte que cette installation fonctionne comme un crématoire ordinaire, je le considère comme une autre preuve à l'encontre de l'allégation selon laquelle on avait décidé, à l'été 1942, que le but principal de ces crématoires était l'extermination par gazage homicide. Non seulement l'utilisation de la Vergasungskeller comme morgue n'entrava pas les travaux pour mettre en état de fonctionnement le crématoire II, mais elle permit de les avancer. Entre parenthèses, je plaide ici pour qu'on accorde plus d'intérêt à ce que dit le document qu'au terme Vergasungskeller qui s'y trouve mentionné. J'ai dans l'idée que c'est parce qu'il s'est rendu compte de la signification réelle du document que Hilberg n'y a fait que rapidement et superficiellement référence.
30 Pressac préfèrerait nous laisser dans l'ignorance du contenu du document.
Quoi qu'il en soit, la logique de l'interprétation par Pressac de Vergasungskellercomme d'une chambre à gaz dépend entièrement de la supposition qu'il y avait une chambre à gaz dans le crématoire II. Sans cette supposition, nous avons la situation suivante:

(1) Un (et apparemment un seul) document se rapportant exclusivement au fonctionnement du crématoire II fait référence à une Vergasungskeller à utiliser temporairement, en renfort du crématoire, comme morgue et non selon sa fonction précise ou normale,
(2) Sur les nombreux dessins techniques des crématoires que Pressac a examinés, il n'y a aucune mention d'une Vergasungskeller, d'une Gaskammer ou de rien de semblable,
31 et
(3) Rien, dans ces dessins techniques, n'implique ou n'impose l'existence de quelque chose qui puisse être décrit comme un Vergasungskeller. Nous avons ainsi montré que la construction des fours crématoires ne comportait aucune installation de ce genre.

La conclusion qui convient, je crois, est que la Vergasungskeller ne se trouvait pas du tout dans le crématoire II. Je suppose qu'elle était quelque part à proximité mais, à la lumière des connaissances actuelles, tout ce qui permet de conclure qu'elle se trouvait dans le bâtiment du crématoire est la supposition qu'il y avait là une chambre à gaz. En l'absence de la masse documentaire présentée par Pressac, il semblait logique de supposer que la Vergasungskeller était située dans le crématoire II. C'est précisément la supposition que j'ai faite en écrivant mon livre; elle me semblait confirmée par l'observation que la technique utilisée par le crématoire pouvait nécessiter une installation de ce genre. Cependant Pressac a montré, sans en prendre conscience, que la Vergasungskeller n'était pas dans le crématoire II car elle se trouve pas sur les nombreux plans de construction et que rien, sur ces plans, n'implique ou n'entraîne son existence. Seule une supposition gratuite et arbitraire peut l'y situer.
Si la Vergasungskeller n'était pas dans le crématoire II, les questions sur sa nature et son emplacement ne sont alors que d'une importance limitée. Il suffit, je crois, de montrer que ce terme pouvait s'appliquer à des activités qui avaient lieu, ou avaient peut-être lieu, ailleurs dans le camp.
Pour donner d'abord l'interprétation qui a ma préférence, il est peu probable que la ville d'Auschwitz ait disposé, avant l'installation du camp, de moyens pour la production et la distribution de combustible ou de gaz de ville qui auraient pu couvrir les besoins de l'énorme complexe de camps que nous appelons «Auschwitz». Ces besoins étaient ceux de la cuisine, du chauffage, de l'incinération des déchets, etc. En raison du manque de gaz naturel et de l'abondance du charbon en Europe, les Allemands avaient considérablement développé la gazéification du charbon.
32 Le charbon étant particulièrement abondant dans la région d'Auschwitz, les techniques de gazéification du charbon ou du coke étaient bien adaptées aux conditions locales.
Lorsque j'ai, la première fois, assimilé le Vergasungskeller à un générateur de gaz combustible pour les fours crématoires, j'avais écrit: « Les deux méthodes les plus fréquentes pour produire des gaz combustibles à partir du charbon ou du coke consistent, premièrement, à faire passer de l'air à travers une couche embrasée pour obtenir du «gaz de coke» et, deuxièmement, à faire passer de la vapeur à travers le coke pour obtenir du "gaz de vapeur"».
33 J'offre à présent presque la même interprétation, excepté que l'on ne connaît pas l'emplacement précis de la Vergasungskeller et que le gaz produit est d'une application générale et non spécifiquement destiné à l'incinération. Cela semble entièrement justifié par le fait que les plans de construction n'indiquent aucune Vergasungskeller dans les crématoires, que le camp avait très vraisemblablement besoin de gaz combustible et que l'on pouvait très facilement disposer de charbon dans la région. 34 Soit dit en passant, il n'est pas important de savoir, dans notre optique actuelle, si cette Vergasungskeller était en état de marche ou seulement en construction; seule importe la possibilité de son utilisation temporaire comme morgue. C'est encore mieux si cette installation n'était pas encore en état de marche car, alors, rien n'entravait son utilisation comme morgue.
Comme je l'ai dit, c'est mon interprétation «favorite» ou préférée, mais il existe quelques autres possibilités qu'il est bon de noter.
Nous avons déjà fait remarquer que le gaz combustible produit dans le camp avait pu été utilisé, entre autres choses, à l'incinération des déchets. Le gaz combustible avait donc pu servir comme combustible d'appoint. Il y a également un second sens dans lequel Vergasung peut s'appliquer à l'incinération des déchets car, d'un point de vue technique, les déchets sont un combustible qu'il faut transformer en gaz. L'incinération (ou Verbrennung) est en réalité un cas spécial de gazéification (ou Vergasung) où tous les combustibles sont calcinés au plus haut degré possible, et l'on obtient par exemple du dioxyde de carbone (CO2) au lieu du monoxyde de carbone (CO, gaz combustible, et on pourrait dire dans ce cas que c'est une Vergasung qui a eu lieu). Comme l'incinération parfaite n'existe pas, la limite entre Verbrennung et Vergasung peut être floue. La pratique de la gazéification des ordures, ou Müllvergasung dans la langue technique allemande, n'est apparue qu'après la guerre.
35 Il semble que, pendant la guerre, la Vergasung n'a pu être utilisée dans le contexte d'une incinération des ordures que comme l'un des nombreux procédés particuliers mis en oeuvre dans une usine considérée comme effectuant une Müllverbrennung. 36 C'est pourquoi cette seconde signification d'une Vergasung relative à une incinération des ordures ne semble pas s'appliquer, et il est très peu probable qu'on ait dit, à Auschwitz, d'un incinérateur à ordures qu'il effectuait une Vergasung.
Cette possibilité vaut cependant la peine d'être mentionnée. Il y avait un incinérateur à ordures dans ce que j'appellerais le local de la cheminée, derrière les fours du crématoire II. Les gaz qui s'échappaient de cet incinérateur se combinaient aux effluents des fours et à la sortie du système de ventilation pour s'évacuer par la cheminée.
37 Je ne crois pas que la Vergasungskeller ait été ce local car, mis à part les raisons déjà données, les plans n'y font pas référence en tant que tel et l'espace disponible est insuffisant pour servir de substitut même temporaire à l'énorme Leichenkeller 2. 38 Malgré tout, il vaut la peine de noter que le terme deVergasung pouvait s'utiliser pour évoquer les deux procédés (crémation et incinération des ordures) dont il est question ici. Je ne considère cependant pas comme vraisemblable une interprétation de Vergasungskeller qui désignerait une incinération des ordures.
A proximité des crématoires de Birkenau, il y avait trois stations d'épuration (Kläranlager) à différents stades de leur achèvement.
39 Le traitement des eaux usées revient, à la base, à l'accélération du processus naturel par lequel les bactéries transforment par métabolisme des ordures solides en gaz et en solides inertes (boues), et à l'élimination ou à l'utilisation des résidus. Il y a plusieurs cas où une Vergasung pourrait intervenir. Un bref résumé nous sera utile:
1. Ventilation (Belüftung)
2. Javellisation
3. Production de méthane
4. Prévention de la formation de gaz dans les égouts (Kanalvergasung )
5. Incinération des boues (Schlammverbrennung )

La gazéification des boues (Schlammverbrennung) ne fut développée qu'après la guerre et ne concerne pas ici notre propos.
Dans la littérature technique, la ventilation des eaux vannes est considérée comme une forme de «transfert gazeux»
40 parce qu'on recherche une action biochimique spécifique de l'oxygène; le but précis de cette ventilation est de renforcer l'activité des bactéries aérobies. On insiste tellement sur cet objectif que j'ai vu utiliser le mot Begasung pour désigner la Belüftung. 41 Dans cet ordre d'idées, j'ai également vu les termes Belüftungskammer (chambre d'aération) et Belüftungsschacht (conduit d'aération). 42 On effectue normalement la chloration en faisant passer du chlore liquide sous forme gazeuse -- c'est une Vergasung 43 -- puis en injectant ce gaz dans les eaux usées ou les effluents -- c'est une Begasung.
Dans la digestion anaérobie des eaux usées, un certain nombre de gaz sont produits (gaz de fermentation ou Faulgas), en particulier le méthane, qui trouvent différentes utilisations comme source d'énergie. Mais on appelle ordinairement cette production de gazGaserzeugung plutôt que Vergasung. En outre, dès lors que le gaz est produit à la surface d'un bassin de décantation, il est peu probable que le processus puisse être considéré comme s'effectuant dans une Keller. Néanmoins, le processus de production du gaz utilitaire ne se termine pas là et il existe suffisamment de complications pour permettre différentes combinaisons qui entraînent l'apparition de divers termes techniques. Après le traitement des eaux, il faut éliminer les impuretés, en particulier l'hydrogène sulfuré, si l'on veut pouvoir utiliser le méthane. Cette suppression s'effectuait normalement par une épuration à sec dans un Raseneisenerzfilter,
44 c'est-à-dire par filtrage au travers d'un oxyde de fer, comme cela se pratiquait dans les usines à gaz.
Comme nous l'avons déjà fait remarquer, le traitement des eaux usées consiste dans l'accélération de processus naturels; le gaz se produit d'abord spontanément dans les égouts avant que les eaux vannes atteignent l'installation de traitement. Ce processus est appelé Kanalvergasung et a fait l'objet d'études en Allemagne avant la guerre. Il y eut ainsi une thèse de doctorat sur le sujet en 1933.
45 La ventilation est souvent suffisante pour prévenir des effets non désirés, comme les explosions, mais, lorsque la ventilation ne suffit pas, il y a le procédé Gerlach qui supprime les gaz par aspiration et possède une version mobile et une version fixe. 46 Dans ce cas, le rôle de l'installation n'est pas d'effectuer une Vergasung mais de l'arrêter, c'est-à-dire qu'elle fait une Entgasung [évacuation du gaz] à cause de la Vergasung non désirée.
L'incinération des boues de vidange a été pratiquée en Allemagne depuis le début du siècle, mais ce fut la construction aux Etats-Unis, dans les années trente, de vastes installations très économiques qui suscita un grand intérêt pour cette méthode de destruction des boues.
47 Dans ce cas, la Vergasung resurgit de la même manière qu'au début de cette discussion, c'est-à-dire dans la production de gaz combustible, puisqu'on ne peut pas brûler les boues sans utiliser un combustible d'appoint, tout au moins pour le préchauffage. A vrai dire, le gaz issu des boues est une source d'énergie très commode dans un tel procédé. 48 Après la guerre, on utilisa le mazout comme combustible, dans un Ölvergasungsbrenner. 49
Je n'ai pas pu situer la Vergasungskeller dans les installations d'épuration. Mais j'ai inventorié cinq sens du terme où la production d'un gaz ou le traitement avec un gaz apparaît dans la technique de l'épuration. Je n'ai pas trouvé le terme Vergasungskeller ou Vergasungskammer dans les ouvrages allemands sur le traitement des eaux usées, mais ce n'est pas nécessaire. Le document en question n'a pas été écrit par un spécialiste du traitement des eaux; il a été écrit par un ingénieur en construction pour informer un autre ingénieur en construction et l'auteur n'aurait jamais imaginé qu'un demi-siècle plus tard des gens se pencheraient longuement sur sa note rédigée à la hâte. Néanmoins, je préfère encore la première interprétation, à savoir que la Vergasungskeller était un générateur de combustible ou de gaz de ville destiné à un usage général.
Seule l'étude de l'ensemble des plans de construction du camp pourrait régler la question. Il se peut, hélas, que ce soit difficile. Une partie de la documentation fournie à Pressac par le musée national d'Auschwitz (le Panstwowe Muzeum Oswiecim, ou PMO, à qui Pressac exprime sa reconnaissance pour son aide multiple) avait été fournie auparavant au musée d'Auschwitz par les Israéliens.
50 Je suppose que les Israéliens possèdent également des documents dont ils ne se dessaisiront pas. En réponse à ma demande de renseignements sur les installations de traitement des eaux usées, le musée me répondit, le 26 août 1991, qu'il «[possédait] plusieurs plans de construction» des installations, dont l'un est reproduit dans l'ouvrage de Pressac, mais que «[je trouverais] aux Archives centrales de Moscou une abondante documentation sur la construction des installations de traitement des eaux usées de Birkenau». La localisation précise du Vergasungskeller peut donc s'avérer une tâche difficile. 51 Pour l'instant, la seule chose qui semble assuréee est que la Vergasungskeller n'était pas dans le bâtiment du crématoire.

Le rapport du War Refugee Board

Le 7 avril 1944, deux juifs slovaques, Walter Rosenberg et Alfred Wetzler, s'échappèrent d'Auschwitz-Birkenau après deux ans de captivité. Leur évasion fut rapportée le 9 avril dans un télégramme de la Gestapo à Berlin et ailleurs.
52
Rosenberg et Wetzler sont présentés comme étant les principaux auteurs du document sur Auschwitz qui fut publié par le War Refugee Board (américain) en novembre 1944. Des suppléments au rapport ont été rédigés, dit-on, par deux juifs (Czeslaw Mordowicz et Arnost Rosin) qui se sont échappés le 27 mai 1944 et par un commandant polonais non juif qui s'est également échappé. En écrivant The Hoax je pensais que le document, que j'ai appelé le rapport du WRB, était important pour le sujet car il marquait la première caution majeure apportée par une puissance alliée à l'allégation d'extermination à Auschwitz.
Une brochure, publiée à New York en mars 1944 avec la caution de l'Office of War Information du gouvernement américain et du National CIO War Relief Committee, qui est censée être la compilation de rapports sur Auschwitz reçus par l'intermédiaire de la résistance polonaise, illustre ce que l'on disait, à l'époque sur Auschwitz. Le camp est décrit comme un «camp de la mort» mais non comme un lieu d'extermination massive des juifs. On signale l'existence de ces exterminations mais seulement à Belzec, Sobibor et Treblinka.
53 Dans ce cas-là, les Alliés ont raté l'occasion de dire qu'Auschwitz était un camp d'extermination, deux ans après qu'il soit censé l'être devenu, en dépit du fait que c'était une installation énorme qui n'avait rien de secret. (La forte présence de personnels n'appartenant pas aux SS excluait le secret pour tout ce qui s'y passait).
Pressac consacre un chapitre de son livre à démontrer l'exactitude du rapport du WRB, pour l'essentiel, en dépit des différentes erreurs et contradictions qu'il note (principalement le nombre et la disposition des fours crématoires à Birkenau).
L'identité des auteurs du rapport du WRB demeure un problème mais secondaire. Ce qui est incontestable c'est qu'il émanait du cercle du rabbin Michael Dov Ber Weissmandel, en Slovaquie, dont les membres ont prétendu avoir reçu le récit de juifs évadés. Les cinq évadés auraient procédé à de nombreux changements de noms. Selon un article d'Erich Kulka publiée dans un livre de 1967,
54 Rosenberg devint Rudolf Vrba, Wetzler devint Josef Lánik, Mordowicz devint Petr Podulka, et Rosin devint Jan Róhac, afin de vivre à l'abri après leur évasion. Rosenberg resta Vrba après la guerre et enseigne à présent à la Faculté de pharmacie de l'université de Colombie britannique, au Canada. Il se peut que les trois autres juifs aient abandonné leurs noms d'emprunt, bien que Wetzler ait conservé Lánik comme pseudonyme littéraire.
Dans son article de 1967, Kulka ne mentionnait pas le commandant polonais, qui est parfois identifié comme un Polonais nommé Jerzy Wesolowski qui s'était échappé et avait changé son nom en Jerzy Tabeau. Dans un article de 1964, T. Iwaszko, qui travaille au musée d'Auschwitz (PMO), mentionnait Wesolowski-Tabeau, signalant qu'il avait été enregistré le 26 mars 1942 sous le numéro matricule 27.273, qu'il s'était échappé du camp le 19 novembre 1943 et avait écrit quelques articles dans la clandestionité, mais Iwaszko n'en faisait pas un commandant polonais.
55 En 1979, John S. Conway écrivait que «l'identité [du commandant polonais] n'a pas été révélée jusqu'à présent. Nous ne savons pas non plus par quelle voie cette dernière partie du rapport est arrivée entre les mains des dirigeants de la communauté juive de Genève». 56 Dans son ouvrage de 1981, Auschwitz and the Allies, Martin Gilbert déclare que le rapport du «commandant polonais» fut joint au rapport des juifs en juin 1944 par Richard Lichtheim du bureau de l'Agence juive à Genève. 57 Chose curieuse, dans un documentaire télévisé basé sur l'ouvrage de Gilbert qui fut réalisé quelques années après sa publication, nous apercevons le visage du commandant polonais mais on nous laisse dans l'ignorance de son identité. Dans un article de 1985 consacré principalement à Rosenberg et à Wetzler, Kulka mentionnait Tabeau comme un évadé du camp tsigane (sic) d'Auschwitz, 58 puis, dans un article de 1986 très semblable à celui de 1985, il identifiait le commandant polonais comme étant Wesolowski-Tabeau. 59
Le rapport du WRB renferme une contradiction capitale avec la version de la thèse de l'extermination formulée par Pressac. Il ignore cette contradiction, ce qui n'est pas une surprise. D'après le rapport, il n'y avait pas de gazages au Stammlager [le camp principal] (identifié comme «Auschwitz» pour le distinguer de «Birkenau»). Ce n'est pas dit explicitement dans le rapport du WRB, mais c'est clairement implicite.
60 Les gazages sont décrits comme ayant lieu seulement à Birkenau ou dans la forêt de bouleaux («Brzezinski») ou les «Bunkers» près de Birkenau.
La partie rédigée par Wetzler dans le rapport du WRB dit qu'il a été envoyé à Birkenau le 13 avril 1944, immédiatement à son arrivée.
61 Cependant, Vrba et la partie du rapport du WRB qu'on lui attribue disent qu'il fut logé au Stammlager [camp principal d'Auschwitz] depuis son arrivée le 30 juin 1942, alors qu'il travaillait à l'usine de Buna (Monowitz [ou Auschwitz III]), jusqu'à ce qu'il soit transféré à Birkenau en décembre 1942. 62 Dans son livre rédigé après la guerre, Vrba se présente comme ayant beaucoup participé aux activités de la résistance et dit que la «connaissance [qu'avait Wetzler] du camp était profonde et étendue», grâce à sa grande popularité parmi les détenus. 63 Je serais le dernier à faire confiance à Vrba, mais il est vrai que les auteurs du rapport connaissaient très bien le camp. Il y a beaucoup de choses dans le rapport qui le confirment, comme la mention de l'ordre de quarantaine du 23 juillet 1942, 64 le plan général du camp et une équivalence approximative entre les convois et les matricules dont la liste est fournie avec ceux qui sont donnés comme exacts par ailleurs. 65 Comme je l'ai écrit il y a longtemps, «L'on doit supposer qu'une bonne part des éléments du rapport est véridique. [....] la compétence des auteurs du rapport n'est pas contestable.». 66 Les auteurs connaissaient l'intérieur du camp (mais non, comme Pressac le reconnaît, l'intérieur des crématoires de Birkenau).
C'est pourquoi Pressac devrait faire face ici à une contradiction majeure. Il relève différentes contradictions dans les dépositions des prétendus témoins oculaires habituels (tels que le commandant Höss), mais continue de croire qu'ils parlaient d'événements réels. Cependant, s'il veut accepter le rapport du WRB, il doit alors rejeter (je ne dis pas «nous devons» car il y a longtemps que je l'ai fait) les dépositions des prétendus témoins oculaires Höss, Fajnzylberg (Jankowski), Müller et Broad, puisque ils prétendent avoir assisté à des gazages de masse dans le Stammlager et que, selon Pressac, le manque de documents et «l'état actuel des locaux» font que leurs témoignages sont la seule «preuve pour établir la réalité de gazages homicides dans le Stammlager».
67 Il ne s'agit pas là d'une contradiction de détail. Ce que je veux dire par là c'est qu'on ne peut plus soutenir qu'ils parlaient d'événements réels. Parce qu'ils sont douteux, leurs témoignages sur les exterminations de masse dans d'autres parties du camp doivent être rejetés. Mais parce que ces témoignages ne sont pas moins dignes de foi que les autres, Pressac doit rejeter tous les prétendus témoignages oculaires. C'est pourquoi Pressac a un programme d'exterminations de masse dont aucune personne digne de foi n'a été le témoin.
Comme je l'ai dit, nous avons affaire ici à une «inépuisable source d'absurdités» et l'on pourrait aisément négliger l'importance de cet aspect des choses pour lequel la question de l'identité des auteurs du rapport du WRB est secondaire. L'unique objectif des auteurs, fort bien informés, en composant et diffusant le rapport, était de prétendre qu'on était en train d'exterminer les juifs en masse [en français dans le texte] à Auschwitz. C'est un exemple de propagande de guerre et rien ne nous oblige à y croire. Néanmoins, ni Pressac ni personne d'autre ne peut contester que s'il y avait eu en réalité des gazages de masse dans le Stammlager [d'Auschwitz I], le rapport du WRB en aurait parlé. Par conséquent il n'y en a pas eu. Et pourtant les témoignages concernant le Stammlager sont équivalents, par leur crédibilité et par les conditions dans lequelles ils ont été recueillis, aux témoignages sur des gazages de masse dans d'autres parties du camp.
Dans l'exploitation contemporaine du rapport du WRB, Vrba est vraiment la vedette. Depuis qu'il s'est fait connaître publiquement comme étant Rosenberg (probablement en 1958), il a publié un livre (en 1964) sur ce qu'il a vécu pendant la guerre, I Cannot Forgive, a déposé comme témoin à charge lors du premier procès Zündel, à Toronto, en 1985, et est apparu dans différents documentaires télévisés.
68 Vrba ment de manière manifeste lorsqu'il évoque ce qu'il a vécu à Auschwitz. On peut le constater en examinant son livre et sa déposition de 1985 à Toronto au cours de laquelle il déclara que son livre n'était qu'«un tableau artistique, [...] pas un document pour un tribunal». 69 J'ai noté précédemment les principales erreurs de fait de son livre: 70 il croit qu'il n'y a presque pas eu d'évasions d'Auschwitz avant avril 1944, 71 et il affirme qu'il y eut un raid aérien sur Auschwitz au moment de son évasion, en avril. En réalité, le premier raid aérien eut lieu le 20 août 1944. 72
J'ai également fait remarquer que «le ton général du livre et sa description de la manière dont se comportaient diverses personnes» contribuent à ruiner un peu plus sa bonne foi, si c'est possible. Je n'avais pas donné les meilleurs exemples dans mon livre car je craignais de ne pas être cru, mais je vais mentionner ici quelques unes de ces fantaisies. Vrba prétend par exemple qu'au camp de Novaky, les gardes slovaques appuyaient le canon de leur fusil sur le ventre d'un pauvre juif persécuté lorqu'il était assis sur la tinette, tandis qu'à Auschwitz il avait «vu des billets de vingt dollars utilisés comme papier toilette».
73 Il veut parler de billets américains et non de billets allemands. La licence poétique permet à ce dramaturge des toilettes d'Auschwitz de nous dépeindre une scène où un colonel de la Gestapo appuie son pistolet sur la tête d'un juif à qui il remet poliment un billet de vingt dollars quand il a terminé -- ce qui n'est pas plus incroyable que ce que Vrba a écrit en réalité. (Entre parenthèses, les fantaisies scatologiques sont également un trait récurrent du Talmud.). 74
D'autre part, la description donnée par Vrba du racket opéré par les SS et les détenus responsables du «Kanada», «le coeur commercial d'Auschwitz»
75 où les biens des détenus étaient entreposés, me semble d'une franchise inhabituelle, même si elle est agrémentée de quelques inepties.
Je note avec gratitude que le livre de Wetzler-Lánik sur Auschwitz est franchement présenté comme un roman.
76
Parce que j'ai insisté sur Vrba dans mon livre, John S. Conway, historien et collègue de Vrba à l'université de Colombie britannique, a publié en 1979 un article sur le rapport du WRB.
77 En 1981, Conway a également publié une version allemande du rapport du WRB, et, en 1984, il a publié un article sur le rapport du WRB (et plus particulièrement sur Rudolf Vrba) et la Hongrie. 78
Conway était en retard sur la critique. Dans son article de 1967, Kulka n'avait pas critiqué le livre de Vrba publié en 1964 mais, en 1985, le révisionnisme battait son plein. Kulka reprochait à Conway de s'être montré disposé «à accepter sans esprit critique et comme un fait les propos fallacieux [de Vrba]» et «de laisser ses propos contradictoires et douteux [...] servir à montrer que le rapport [du WRB] dénature les faits et que la description des chambres à gaz d'Auschwitz n'était que le fruit de l'imagination».
79
Lorsqu'il avoua, en 1985, que son livre n'était pas véridique, j'ai cru que Vrba était fini comme acteur au cirque d'Auschwitz. Cependant, c'est un triste commentaire sur l'état actuel de la controverse de dire que cette stupidité a été rééditée en 1989, avec quelques ajouts, sous le titre 44070: The Conspiracy of The Twentieth Century.
80 Il semble que le texte d'origine, avec toutes ses inepties, ait été reproduit dans cette nouvelle édition. On a également ajouté quelques annexes. La partie du rapport du WRB attribuée à Wetzler et Rosenberg est reproduite; il y a une annexe sur les «procès des officiers SS d'Auschwitz»; il y a un essai de Vrba sur les aspects économiques des persécutions des juifs par les Allemands, une courte biographie de Vrba (où le nom de «Rosenberg» n'est pas mentionné) et un essai de Conway, tiré de son article de 1979 et le complétant.
Nulle part, dans la nouvelle édition, il n'essaie de corriger, d'expliquer ou de s'excuser pour les inepties et les erreurs de fait de l'édition originale du livre ou pour l'aveu de 1985, reconaissant que le livre n'était qu'une «peinture artistique», c'est-à-dire qu'il n'était pas conforme à la vérité. Conway ignore tous ces problème et toutes les critiques qu'il avait reçues à propos de sa crédulité concernant Vrba. Il ne s'excuse pas d'avoir accordé une caution implicite à un ouvrage dont chacun, y compris Vrba, dit qu'il n'est pas vrai. Il semble qu'il ne veut ou ne peut pas en tirer de leçon. C'est la même chose pour ceux qui publient des ouvrages sur l'Holocauste; ils semblent supposer qu'un examen critique de ces ouvrages n'est pas nécessaire. Ils paraissent tout à fait disposés à publier n'importe quoi aussi longtemps que la critique restera sera confinée dans quelques écrits relativement ésotériques.
En 1990, Vrba s'est querellé avec Raul Hilberg, Shmuel Krakowski de Yad Vashem, et Yehuda Bauer à propos du nombre des exterminés.
81

Conclusion

Revenons à Pressac. La règle d'or de son travail est le refus d'accepter les implications du rapport du WRB. J'ai entendu des révisionnistes parler comme si le travail de Pressac était celui d'un historien. On peut aisément déceler le fondement de cette opinion. Avec le soutien de gens influents désireux de l'aider, Pressac a pu rendre accessible au public des documents techniques qui relèvent de la catégorie des textes à la diffusion extrêmement restreinte, inconnus ou connus seulement de quelques chercheurs.
Ce livre nous sera utile, mais le gain est comparable à, disons, la publication d'un index ou d'une bibliographie. Sa valeur réside uniquement dans les faits rapportés. La partie analytique du livre est une fumisterie dont l'auteur est assuré par avance que les personnes à qui il rend service prendront part à la comédie et n'appelleront pas l'attention sur le déguisement voyant qui fait de lui un clown aux yeux de ses cibles. Quelle autre réaction peut-on avoir devant quelqu'un qui persiste à considérer comme sans rapport, au moment où l'on décide de construire de vastes crématoires, le fait qu'il y avait là un taux de mortalité catastrophique attesté par les documents ? Le péché mignon de Pressac, qui est de supposer qu'il est en train de découvrir des «traces», est peu de chose comparé à la comédie de ses pirouettes disgracieuses autour des points centraux du problème.
J'ai commencé cette conférence en promettant de montrer comment Pressac cherche à égarer l'intérêt du lecteur sur des questions purement locales, au détriment du contexte, du camp de concentration d'Auschwitz dans toutes ses dimensions. J'en ai fourni trois exemples précis. Premièrement, lorsqu'il examine les décisions de construire les crématoires à Auschwitz, il néglige d'en reconnaître le rapport avec l'épidémie catastrophique de typhus qui faisait rage au moment où ces décisions furent prises. Deuxièmement, sa «trace criminelle» numéro un consiste dans l'interprétation hautement contestable d'un seul mot qui se trouve dans un document qui montre la fausseté de son affirmation la plus importante ou, du moins, qui la rend invraisemblable. Troisièmement, son examen du rapport du WRB néglige le récit qu'il contient et, par conséquent, les conséquences décisives de ce récit pour évaluer la crédibilité des soi-disant témoins, ce qui lui permet de se polariser sur un détail insignifiant.
On pourrait poser la question: comment une telle manière de procéder est-elle possible dans un travail aussi épais qui déborde de détails documentaires? C'est ce à quoi concourt le désastreux désordre de ce livre; c'est le moyen d'éviter de se concentrer sur les éléments simples et essentiels. Cette désorganisation est présente, non à cause du style déplorable de l'auteur mais à cause de la logique de mauvais aloi qu'il applique à son travail et qu'il attend de ses lecteurs.
L'un des messages qu'on peut tirer du livre de Pressac consiste à dire que, oui, les révisionnistes et Faurisson en particulier ont bel et bien raison de rejeter les preuves traditionnelles et communément admises de l'existence des chambres à gaz homicides à Auschwitz. Il ne le dit pas aussi carrément, mais l'esprit y est. Il prétend alors que c'est lui, presque un demi-siècle après les événements en question, qui a finalement rétabli la vérité à cet égard. Le procédé est classique; il suffit de feuilleter une montagne de documents, d'écarter tous ceux qui contiennent manifestement une disculpation en prétendant que c'est le résultat d'une ruse des Allemands dans la tenue de leurs documents administratifs puis, quand on découvre quelque chose qui serait susceptible d'une interprétation accusatrice, de déclarer qu'il s'agit d'une «énorme gaffe» masquant un aveu involontaire.
Je pense que je pourrais faire la même chose avec n'importe quelle institution ou administration qui produit une grande masse de dossiers écrits. En ces jours d'«affirmative action» [ou discrimination positive] dans le domaine de l'emploi, je devrais peut-être chercher les chambres à gaz pour hommes blancs de l'université de Northwestern, tout en prenant la précaution d'élaborer une explication sur les raisons qui m'ont permis de survivre. De la même façon, un futur Pressac pourra admettre que notre Pressac a tort mais qu'il a raison en fin de compte. Ce petit jeu peut donc se poursuivre éternellement; il représente l'avenir, s'il y en a un, de la légende et demeure le seul type possible d'essai anti-révisionniste .


NOTES

1 / Les comptes rendus et les analyses de l'ouvrage de 1989 de Pressac sont parus dans The Journal of Historical Review : M. Weber in vol. 10, No 2, été 1990, p. 231-237 ; C. Mattogno in vol. 10, No 4, hiver 1990-91, 461-485 ; R. Faurisson in vol. 11, No 1, printemps 1991, p. 25-66, et in vol. 11, No 2, été 1991, p. 133-175.
2 / «An Official Polish Report on the Auschwitz "Gas Chambers"», The Journal of Historical Review, vol. 11, No 2, été 1991, p. 207-216. [Cf. également le «Lüftl Report» et d'autres articles dans The Journal of Historical Review, vol. 12, No 4, hiver 1992-1993.]
3 / J.-C. Pressac, Auschwitz, 1989, p. 133.
4 / Idem, p. 16, 53.
5 / Sur ce point, voy. mon article dans The Journal of Historical Review, vol. 3, No 4, été 1982, p. 371-406. (Voir ici supplément B). Cf. aussi mon court article du Daily Northwestern, 13 mai 1991, corrigé avec corrections du 14 mai. (Cet article a été reproduit dans The Journal of Historical Review, vol. 11, No 2, été 1991, p. 251-254.) [voir RHR]
6 / J.-C. Pressac, Auschwitz, 1989, p. 132.
7 / Idem, p. 200, 206.
8 / A. R. Butz, The Hoax, p. 131.
9 / D. Czech, « Kalendarium der Ereignisse im Konzentrationslager Auschwitz-Birkenau », Hefte von Auschwitz, No 3, 1960, p. 68-76. Egalement D. Czech, « Die Rolle des Häftlingskrankenbaulagers im KL Auschwitz II », Hefte von Auschwitz, No 15, 1975, p. 27 sqq.
10 / D. Czech in Hefte von Auschwitz, No 3, 1960 (cité plus haut), p. 73.
11 / J.-C. Pressac, 1989, p. 217-218, use à nouveau de ce stupéfiant faux-fuyant. A la p. 384, il suggère rapidement un lointain rapport entre la construction des crématoires et les épidémies.
12 / J.-C. Pressac, 1989, p. 188, 202.
13 / Personne ne croit qu'Oswald Pohl avait une influence égale à celle de Reinhard Heydrich quand ce dernier était en vie. C'est Ernst Kaltenbrunner, le chef du RSHA, qui donna, vers la fin de la guerre, l'ordre d'ouvrir les camps à la Croix-Rouge internationale. Butz, The Hoax, p. 44.
14 / Idem, p. 128.
15 / J.-C. Pressac, à la p. 108 d'Auschwitz (1989), cite une lettre de Topf (reproduite in R. Schnabel, Macht ohne Moral, Francfort, 1957, p. 346). Cette lettre prétend que l'un des fours à deux moufles de la firme est capable d'incinérer «10 à 35 corps en à peu près 10 heures» (c'est-à-dire que le temps moyen pour incinérer un cadavre dans un moufle irait de 34 minutes à deux heures) et peut marcher jour et nuit, une affirmation qui n'a pas été vérifiée à Auschwitz par la suite, comme le note Pressac (p. 227-247, en particulier p. 244).
Je crois que le document est authentique et que les exagérations sont celles que les gens employent habituellement quand ils essayent de vendre quelque chose. Je note que l'on précise nettement que les cadavres étaient placés dans le four l'un après l'autre (hintereinander), en contradiction avec les « témoins » habituels qui prétendent qu'on en mettait trois ou même davantage à la fois dans un moufle. Les témoins affirment également que les crématoires crachaient des flammes par les cheminées, ce qui ne correspond certainement pas au mode de fonctionnement des crématoires modernes. Pressac accepte de telles histoires sans protester (p. 251, 253).
J'ai plus de difficultés avec le document reproduit par Pressac à la p. 247, censé reproduire une lettre du 28 juin 1943 du département de la construction d'Auschwitz affirmant que les 52 moufles d'Auschwitz pouvaient incinérer 4.756 cadavres en 24 heures. Cela fait une moyenne de 16 minutes par cadavre. La date du document se situe pendant la panne des crématoires ; les tentatives de réparations d'urgence ne donnaient aucune raison aux SS pour exagérer l'efficacité des produits de Topf (par exemple, Pressac, p. 100, 227, 236). En outre, selon un autre document reproduit par Pressac (p. 224), les crématoires ne marchaient que douze heures par jour. A la p. 91, Pressac dit que le document du 28 juin 1943 provient du « Comité des résistants anti-fascistes de la République Démocratique Allemande ». Je suis dans la situation de quelqu'un qui a devant les yeux un document allemand qui a l'air authentique et qui affirme qu'une Volkswagen a franchi le mur du son. S'il ne s'agit pas d'un faux, alors cela a dû être une sorte de plaisanterie. Dans l'une de ses exégèses néo-pythagoriciennes que Faurisson a relevée (The Journal of Historical Review, vol. 11, No 2, été 1991, p. 145-149), Pressac dit (p. 110, 244) que ces chiffres devraient être divisés « par un facteur de 2 à 5 ».

16 / A. R. Butz, The Hoax, p. 42.
17 The Journal of Historical Review, vol. 9, No 3, automne 1989, p. 369 sq. [Compte rendu du livre d'Arno Mayer, Why Did the Heavens Not Darken ?]
18 / A. de Cocatrix, « The number of victims of the National Socialist persecution », Arolsen : Service International de Recherches, avril 1977.
19 / J.-C. Pressac, Auschwitz, 1989, p. 94sq., 106 ; A. R. Butz, The Hoax, p. 128.
20 / Document de Nuremberg PS-2171, publié in Nazi Conspiracy and Aggression, U.S. Government Printing Office, 1946-1948, vol. 4, p. 800-835 ; P. Berben, Dachau 1933-1945 : The Official History, Londres, Norfolk Press, édition de 1975, p. 281.
Je n'ai pas utilisé Mauthausen dans cette comparaison parce que, bien que le chiffre des décès enregistrés soit assez bien connus (cf., par exemple, Hans Marsálek, Die Geschichte des Konzentrationslagers Mauthausen, Vienne, 1974), l'importance des moyens de crémation est mal connue. Mauthausen était plus décentralisé que les autres camps ; par exemple, il y a eu à peu près autant de décès dans le camp satellite de Gusen que dans le camp principal, et Gusen ainsi que d'autres camps satellites possédaient leurs propres crématoires dont on ne connaît pas l'importance (voy. : Pressac, p. 108-114, et, Marsálek, p. 157). De plus, Mauthausen utilisait à l'occasion les crématoires ordinaires municipaux, comme celui de Steyr.

21 / A. R. Butz, The Hoax, p. 240 ; Moment, mensuel juif publié à Boston, vol. 11, No 1, décembre 1985, p. 51.
22 / J.-C. Pressac, Auschwitz, 1989, p. 216.
23 / A. R. Butz, The Hoax, p. 116 ; Pressac, Auschwitz, p. 211. [Cette correspondance de 1943 constitue le document de Nuremberg NO-4473. L'original allemand est donné dans E. Kogon, et al., Nationalsozialistische Massentötungen durch Giftgas, Francfort, Fischer, 1986, p. 220.]
24 / J.-C. Pressac, Auschwitz, p. 548.
25 / Idem, p. 432.
26 / Comparez avec la discussion de Faurisson sur ce point dans The Journal of Historical Review, vol. 11, No 1, printemps 1991, p. 55sq.
27 / J.-C. Pressac, Auschwitz, p. 27sq., 31. H. Breymesser et E. Bernfus, éds., Blausäuregaskammern zur Fleckfieberabwehr, Berlin, Reichsarbeitsblatt, 1943, utilisent normalement Gaskammer mais Begasungskammer est aussi employé.
28 / J.-C. Pressac, Auschwitz, p. 106-113, 222-225. Au début de 1989, Faurisson m'avait dit que mon interprétation du Vergasungskeller n'était pas exacte, mais, autant que je m'en souvienne, il n'avait pas abordé la question de la conception des fours. C'est pourquoi je n'avais pas été convaincu à ce moment-là.
29 / J.-C. Pressac, Auschwitz, p. 217.
30 / Raul Hilberg, The Destruction of the European Jews, New York, Holmes & Meier, 3 vols., p ; 885, n. 67. [Dans l'édition de 1961 en un volume : p. 566, n. 52.]
31 / J.-C. Pressac, Auschwitz, p. 429.
32 / John F. Foster et Richard J. Lund, éds., Economics of Fuel Gas from Coal, New York, McGraw Hill, 1950, p. 68-97.
33 / A. R. Butz, The Hoax, p. 121. On peut élargir la remarque sur la méthode de fabrication du gaz à partir du four à coke. Voy. Foster & Lund, 1950, cité plus haut, p. 41. Quoi qu'il en soit, les procédés allemands étaient suffisamment avancés pour ne pas tomber nécessairement dans les catégories classiques. Voy. : Foster & Lund, 1950, p. 68 sq.
34 / Un résumé de différents procédés de fabrication du gaz est donné in Hermann Franke, éd., Lüger. Lexikon der Technik, Stuttgart, Deutsche Verlags-Anstalt, 1960-1972, vol. 7, 1965, p. 484 sq. La gazéification du pétrole, ou Ölvergasung, distincte de la gazéification de combustibles solides, ou Vergasung festes Brennstoffe a également été effectuée en Allemagne depuis la fin du dix-neuvième siècle. Voy. : H. Franke, éd., Lüger, Stuttgart, 1960-1972, vol. 4, p. 390.
35 / H. Franke, éd., Lüger, cité plus haut, vol. 16, p. 337.
36 / Idem, vol. 7, p. 89.
37 / J.-C. Pressac, Auschwitz, p. 277, 281 sq., 287, 306.
38 / Ces objections s'appliquent également contre l'hypothèse selon laquelle une pièce du petit Leichenkeller 3 (Pressac, Auschwitz, p. 285, p. 295) était la Vergasungskeller. Cf. R. Faurisson, The Journal of Historical Review, vol. 11, No 1, printemps 1991, p. 55 sq.
39 / Cf. J.-C. Pressac, Auschwitz, p. 51, 165-170, 420 sq., 542 sq., pour des données limitées.
40 / Metcalf et Eddy, Inc., Wastewater Engineering, 3e éd., 1991, p. 276.
41 / H. Kretzschmar, Technische Mikrobiologie, Berlin et Hambourg, 1968, p. 217. 42 / J. Brix, H. Heyd et E. Gerlach, Die Wasserversorgung, 1963, p. 323, 329.
43 / H. Kittner, W. Starke et D. Wissel, Wasserversorgung, Berlin, 1964, p. 424.
44 / K. Imhoff, Taschenbuch der Stadtentwässerung, Munich et Berlin, 1943, 10e éd., p. 207.
45 / K. Dau, Über Kanalvergasungen und ihre Verhütung, Würzburg, Dissertationsdrückerei und Verlag Konrad Triltsch, 1935.
46 / H. Franke, éd., Lüger (cité plus haut), vol. 10, p. 693 ; F. Gerlach, « Die Beseitigung von explosiven und gesundheitsschädlichen Gasen aus Kanalisations-bauwerken », Gesundheits-Ingenieur, vol. 52, No 8, 1929, p. 118-122 ; K. Dau, Über Kanalvergasungen, Würzburg, 1935, cité plus haut, p. 61.
47 / K. Imhoff, « Schlammverbrennung », Gesundheits-Ingenieur, vol. 59, No 40, 1936, p. 583-587.
48 / K. Imhoff, 1943, cité plus haut, p. 218 sq.
49 / H. Wulf, « Die Verbrennung von Schlämmen mit Ölvergasungsbrennern », Brennst.-Wärme-Kraft, vol. 16, No 8, août 1964, p. 397 sq. ; O. Pallach et W. Triebel, éds., Lehr- und Handbuch der Abwassertechnik, Berlin et Munich, 1969, vol. 3, p. 193. 50 / J.-C. Pressac, Auschwitz, p. 331 ; R. Faurisson, The Journal of Historical Review, vol. 11, No 2, été 1991, p. 156.
51 / Dans son introduction à la nouvelle édition américaine de Hitler's War, David Irving dit que « les carnets de Himmler ont disparu ... on dit qu'il y en a une partie à Moscou et l'autre à Tel Aviv, en Israël ; Chaim Rosenthal, ancien attaché auprès du consulat israélien de New York, a obtenu le journal de Himmler par les moyens les plus discutables ». Cf. The Journal of Historical Review, vol. 10, No 4, été 1990-1991, p. 402. [Cf. aussi l'IHR Newsletter, No 83, novembre 1991, p. 2-3.]
52 / T. Iwaszko, « Häftlingssfluchten aus dem Konzentrationslager Auschwitz », Hefte von Auschwitz, vol. 7, 1964, p. 67 ; E. Kulka, « Five Escapes from Auschwitz », in Y. Suhl, éd., They Fought Back, New York, Crown, 1967, p. 205.
53 / Oswiecim. Camp of Death, New York, Poland Fights, 1944, en particulier p. 45 sq.
54 / E. Kulka, in They Fought Back, 1967, cité plus haut.
55 / T. Iwaszko in Hefte von Auschwitz, 1964, cité plus haut, p. 7sq., 38.
56 / J. S. Conway, « Frühe Augenzeugenberichte aus Auschwitz. Glaubewürdigkeit und Wirkungsgeschichte », Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte, vol. 27, No 2, avril 1979, p. 269.
57 / M. Gilbert, Auschwitz and the Allies, New York, Rinehart and Winston, 1981, p. 234.
58 / E. Kulka, « Attempts by Jewish escapees to stop mass extermination », Jewish Social Studies, vol. 47, automne 1985, p. 296.
59 / E. Kulka, « Kampf der jüdischen Häftlinge gegen die Endlösung in Auschwitz », Zeitgeschichte, vol. 13, 1986, p. 381-396 (note 53).
60 / Rapport du WRB. C'est-à-dire : US War Refugee Board, German Extermination Camps -- Auschwitz and Birkenau, Washington, DC, Executive Office of the President, novembre 1944. Cf. en particulier p. 8 sq., 12, 14, 29-32, 40, et 11 sq., 17 sq. à partir de l'histoire du « commandant polonais », qui ne parle pas d' « exécutions de masse » au Stammlager, mais seulement de fusillades. Il déclare aussi de manière explicite que le Crématoire I n'était pas employé pour se débarrasser des juifs gazés.
61 / Rapport du WRB, cité plus haut, p. 1, 6.
62 / Rapport du WRB (1944), cité plus haut, p. 29, 32 ; R. Vrba et A. Bestic, I Cannot Forgive, New York, Grove, 1964, p. 77, 106 sq., 113, 167 sq.
63 / R. Vrba et A. Bestic, I Cannot Forgive, cité plus haut, p. 218.
64 / Rapport du WRB, 1944, cité plus haut, p. 218.
65 / Comparez avec D. Czech, « Kalendarium der Ereignisse im Konzentrationslager Auschwitz-Birkenau », Hefte von Auschwitz, No 3, 1960, No 4, 1961, et No 7, 1964.
66 / A. R. Butz, The Hoax, p. 92.
67 / J.-C. Pressac, Auschwitz, p. 123. Pressac écrit à la p. 132 que « la chambre à gaz [du Stammlager] fut utilisée sporadiquement de la fin de 1941 à 1942 ». Etant donné les témoignages qu'il cite, il aurait été préférable de dire « de la fin de 1941 jusqu'au moins, pendant le courant de (l'année) 1942 ». Ainsi, le témoignage de Fajnzylberg citée par Pressac à la p. 124 parle d'un gazage de « 400 juifs arrivés de Birkenau » à une date qui ne se situe pas avant novembre 1942, mais où il fut affecté au Sonderkommando du crématoire I. Les autres témoignages -- in Jadwiga Bezwinska, éd., KL Auschwitz Seen by the SS, New York, Howard Fertig, 1984, p. 114 sq., 174 sq., et in Filip Müller, Eyewitness Auschwitz, New York, Stein and Day, 1979, p. 31-49 -- n'affirment également pas seulement l'existence de gazages, mais de gazages massifs de juifs, dans la morgue du crématoire I pendant une grande partie de 1942.
L'une des nombreuses contradictions de l'ouvrage de Pressac est qu'à la p. 133 il affirme également, s'appuyant sur une logique que je ne saisis pas du tout, que, d'après les données fournies par le rapport Leuchter, nous pouvons conclure à un « usage comme chambre à gaz homicide » du crématoire I. Une autre contradiction que j'ai relevée est qu'à la p. 106, il oppose les fours alimentés au mazout de Buchenwald aux fours alimentés au coke d'Auschwitz mais qu'à la p. 259 il déclare qu'ils sont « identiques ». Faurisson a relevé d'autres contradictions. Cf. The Journal of Historical Review, vol. 11, No 1, printemps 1991, et No 2, été 1991.

68 / Dans un documentaire qui s'appuie sur l'ouvrage de Martin Gilbert, Auschwitz and the Allies, Vrba dit qu'en mai-juin 1944 les juives hongroises arrivaient à Auschwitz en manteau de vison. À cette époque, il était censé être caché en Slovaquie.
69 / Toronto Sun, 24 janvier 1985, p. 52.
70 / A. R. Butz, The Hoax, p. 98 sq., 150 sq.
71 / R. Vrba et A. Bestic, I Cannot Forgive, cité plus haut, p. 217, 220 ; E. Kulka in Jewish Social Studies, automne 1985, p. 295, mentionne 55 évasions réussies jusqu'à la fin de 1942, 154 en 1943 et 167 en 1944. E. Kulka in Y. Suhl, éd., They Fought Back, 1967, cité plus haut, p. 201, donne des chiffres inférieurs, mais l'article de 1985 utilisait les chiffres fournis par le musée d'Auschwitz (PMO) en 1964 (T. Iwaszko in Hefte von Auschwitz, 1964, cité plus haut, p. 49).
72 / A. R. Butz, The Hoax, p. 150 ; R. Vrba et A. Bestic, I Cannot Forgive, cité plus haut, p. 233.
73 / R. Vrba et A. Bestic, I Cannot Forgive, cité plus haut, p. 35, 209.
74 / Pour savoir ce que dit le Talmud sur ce qui est arrivé à Jésus, lire Gittin 57a chez Soncino Press, Londres, 1936 , p. 261 avec une note faisant référence au codex de Munich ou dans l'édition de Jüdischer Verlag, Berlin, 1932, p. 368.
75 / R. Vrba et A. Bestic, I Cannot Forgive, cité plus haut, p. 127.
76 / J. Lánik, Was Dante nicht sah, Vienne, Die Buchgemeinde, 1964. Traduction de l'original slovaque Co Dante nevidel, Bratislava, 1964.
77 / J. S. Conway in Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte, avril 1979, cité plus haut.
78 / « Der Auschwitz-Bericht von April 1944 », Zeitgeschichte, vol. 8, 1981, p. 413-442 ; « Der Holocaust in Ungarn. Neue Kontroversen und Überlegungen », Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte, vol. 32, No 2, 1984, p. 179-212.
79 / E. Kulka in Jewish Social Studies, automne 1985, cité plus haut, p. 304, 306 (note 45).
80 / R. Vrba et A. Bestic, 44070 : The Conspiracy of the Twentieth Century, Bellingham, Washington, Star and Cross, 1989.
81 / IHR Newsletter, No 74, juillet-août 1990, p. 3. [Source citée : dépêche de l'Agence télégraphique juive in Jewish World, Broward, Floride, 9-16 mars.]


 

 

 

 

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