Pourquoi une autre critique ?
Le livre de Jean-Claude Pressac paru en 1989, Auschwitz: Technique
and Operation of the Gas Chambers, a été examiné
en détail dans le Journal of Historical Review 1
et ailleurs. La principale et presque l'unique cible de Pressac
est Robert Faurisson et je pense que le compte rendu critique
de Faurisson deviendra la critique définitive. C'est pourquoi
je n'entends pas faire de cette conférence une critique
minutieuse du livre de Pressac.
Je souhaite cependant ajouter quelques réactions personnelles
à ce qui a déjà été dit et
écrit. On y trouvera l'illustration de quelque chose que
j'ai observé depuis longtemps et dont l'ouvrage de Pressac
fournit un merveilleux exemple. L'«Holocauste» est
une supercherie si gigantesque qu'elle est une inépuisable
source d'absurdités. Il suffit de l'étudier d'un
point de vue légèrement différent pour en
voir jaillir de nouvelles absurdités. On peut aussi le
contempler d'un point de vue fixe et après un certain temps,
on obtient le même résultat.
Par ailleurs, Pressac a formulé des commentaires sur mon
livre et je pense qu'il convient d'y répondre.
Ce qu'a fait Pressac
On s'accorde en général à reconnaître
que Pressac a rendu service à l'histoire en rassemblant
et en publiant des documents qui étaient auparavant inconnus
ou, tout au moins, peu accessibles. Il a ensuite donné
de ces documents une interprétation bizarre qui a été
analysée par les comptes rendus déjà parus.
Il a également accepté les analyses chimiques décrites
par Fred Leuchter en 1988 (et confirmées depuis par l'Institut
d'expertises médico-légales de Cracovie) 2
et l'implication que les prétendus gazages de masse avec
le pesticide Zyklon ne laissaient pas de traces de cyanure comme
celles que l'on trouve dans les chambres à gaz d'épouillage,
bien qu'il ne soit pas entièrement cohérent à
cet égard. 3
Il a donc imaginé une procédure de gazage qui, a-t-il
affirmé sans preuve, ne laissait aucune trace de ce genre.
Il a déclaré que c'était la procédure
qui était suivie à Auschwitz et a constaté
qu'il était obligé, par conséquent, de rejeter
des détails importants dans les récits de deux «témoins»
vedettes: le commandant Rudolf Höss, qui aurait été
responsable de toute l'opération, et le Dr. Nyiszli. 4
Au cours de son exposé, il relève d'autres problèmes
dans les témoignages couramment invoqués. Cela me
rappelle un de ces vieux dessins animés où l'on
voit un homme en train de scier la branche de l'arbre sur laquelle
il est assis. Ainsi que nous le verrons, même en se cantonnant
à son propre point de vue, Pressac aurait dû se montrer
beaucoup plus sévère à l'égard des
prétendus témoins oculaires.
En résumé, Pressac nous offre (a) l'aveu que les
gazages à Auschwitz ne peuvent être démontrés
par le recours aux méthodes de la médecine légales,
(b) l'aveu que les prétendus témoins habituels des
exterminations sont pour le moins sujets à caution, et
(c) une série de documents allemands, ambigus lorsqu'ils
sont pris hors de leur contexte, qui fournissent ce qu'il appelle
des «traces criminelles» des exterminations. Ces trois
points ont été au centre des critiques déjà
publiées de l'ouvrage de Pressac.
Cet ouvrage est entièrement consacré à prouver
que, pendant la guerre, les autorités allemandes ont construit
et fait fonctionner des chambres à gaz homicides à
Auschwitz. Il ne peut pas et n'essaie même pas de mettre
en relation ces activités avec une politique décidée
à Berlin. Il n'essaie pas non plus de montrer qu'il existait
un programme de trois ans utilisant des trains qui traversaient
continuellement l'Europe et transportaient des juifs jusqu'au
lieu de leur mort sans que cela ait éveillé l'attention
des services de renseignement alliés, du Vatican, des juifs
menacés de déportation, ou même des dirigeants
juifs hors de l'Europe qui se lamentaient publiquement sur l'«extermination».
5
Ces points majeurs d'histoire ayant été depuis longtemps
établis, un ouvrage comme celui de Pressac qui ne s'intéresse
qu'à de strictes questions locales, est le seul type d'essai
anti-révisionniste qui soit possible.
Cet auteur se trouve dans la situation d'un homme qui voudrait
prouver qu'il y a eu récemment une guerre entre l'Illinois
et l'Indania en battant la campagne à la recherche de douilles.
Il n'est pas nécessaire de jouer son jeu en laissant de
côté tout le contexte historique pour se concentrer
sur une question purement locale, mais un compte rendu de son
livre ne peut rien faire d'autre. Néanmoins, je montrerai
que l'objection selon laquelle Pressac a laissé ignoré
le contexte tient même si nous acceptons de le suivre sur
son terrain. C'est-à-dire qu'à l'intérieur
des limites de sa perception d'Auschwitz, Pressac se concentre
encore sur des questions locales sans tenir compte du contexte
immédiat, le camp de concentration dans toutes ses dimensions.
Les crématoires
A mon avis, la page 184 du livre de Pressac est cruciale. Il nous
dit que:
(1) Les gazages en masse des juifs dans le «Bunker 1»
(situé près de la section «Birkenau»
récemment construite du camp d'Auschwitz) ont commencé
en 1942, peut-être en janvier mais certainement vers la
mi-mai.
(2) Le 27 février 1942 on décida que le nouveau
crématoire II à 15 moufles serait construit à
Birkenau plutôt qu'au Stammlager (camp principal
ou d'origine).
(3) A une date inconnue, en mai ou en juin 1942, on décida
qu'une extermination «industrielle» des juifs serait
entreprise. Les nouveaux crématoires furent modifiés
dans ce but, comme l'indique la première «trace criminelle»
à apparaître sur un dessin industriel d'ingénieur:
la séparation du système d'écoulement des
eaux de la prétendue chambre à gaz de celui du reste
du crématoire II. (Le seuil de détection à
partir duquel Pressac repère une «trace criminelle»
est très bas).
(4) A l'été 1942, on décida de construire
à Birkenau quatre nouveaux crématoires plutôt
qu'un seul, pour les besoins de l'extermination: le crématoire
III, bâti en miroir du crématoire II avec 15 moufles,
les crématoires IV et V bâtis en miroir, chacun avec
huit moufles, pour un total de 46 moufles (sans compter le crématoire
I). La construction de ces crématoires de Birkenau fut
achevée au printemps 1943, et le crématoire I du
Stammlager, avec ses six moufles, fut définitivement
fermé en juillet 1943. 6
Pressac pense que le lecteur supposera comme lui qu'une si grande
capacité de crémation ne pouvait que servir à
un programme d'extermination. C'est pourquoi il nous invite «à
imaginer un village de 4.000 habitants avec [...] un crématoire
équipé de trois fours à 3 moufles [...] Nous
n'avons pas besoin de nous appesantir sur cette image».
Il reprend et souligne cet argument ailleurs dans le livre. A
propos des crématoires, Pressac écrit: «Leur
capacité était excessive par rapport aux besoins
véritables du camp» (c'est Pressac qui souligne).
7
Il prétend que la capacité de crémation était
excessive pour une collectivité normale et ses nombreux
résidents. Personne cependant ne soutient que Birkenau
était une collectivité normale. A vrai dire, j'ai
même reconnu une fois qu'on pouvait l'appeler à juste
titre un «camp de la mort». 8
En développant sa thèse, Pressac essaie d'ignorer
les épidémies catastrophiques de typhus à
Auschwitz, tâche impossible car les documents soulignent
l'importance de cette question. La première épidémie
catastrophique -- durant l'été 1942 -- n'est pas
du tout mentionnée par Pressac à la page 184 de
son livre, consacrée à démontrer (ou du moins
à affirmer) que la décision fut prise au printemps-été
1942 de lancer une extermination industrielle des juifs et, en
conséquence, d'accroître la capacité des installations
de crémation alors en construction.
Songeons au caractère horrible et dévastateur de
l'épidémie de typhus à Auschwitz à
l'été 1942. Le nombre de morts chez les hommes pour
la période du 1 er juillet au 19 août 1942 fut de
8.236. Nous ne disposons pas pour cette période des chiffres
de la mortalité chez les femmes mais, à en juger
par les matricules, la population féminine du camp était
d'environ 25 pour cent de la population masculine. Par conséquent,
la mortalité combinée des hommes et des femmes pour
la période du 1 er juillet au 19 août 1942 fut d'environ
dix mille. 9
L'ordre de Höss du 23 juillet qui plaçait le camp
en quarantaine 10
fut la réponse nécessaire à une situation
extraordinaire. Ce sont les événements que Pressac
feint d'ignorer lorsqu'il examine, à la page 184 de son
livre, les changements dans les plans de construction des crématoires
qui furent effectués à l'été 1942.
Il nous invite «à imaginer» un village ordinaire
par rapport à ces crématoires. Pourquoi devrait-on
essayer? Ce que Pressac voudrait que nous ignorions ici est le
véritable enfer de l'épidémie à Auschwitz.
Il est rare de pousser la malhonnêteté à ce
point; seul un romancier de l'Holocauste pourrait espérer
s'en tirer. 11
Au départ, j'ai cru qu'il s'agissait d'un exemple extrêmement
choquant de malhonnêteté intellectuelle. Poursuivant
ma lecture, j'ai relevé qu'il mentionnait bien l'épidémie
de typhus à la page 187 et c'est ensuite, à la page
188, que j'ai découvert tout le sel de cet ouvrage. Pressac
y met finalement en rapport les mesures prises à Auschwitz
contre le typhus avec la prétendue extermination des juifs.
Il écrit: «... Les SS utilisèrent l'extermination
des juifs, dont leurs supérieurs avaient une connaissance
générale, sans être informés des détails
pratiques, pour cacher les terribles conditions hygièniques
du camp, et dissimuler leur énorme consommation de
gaz dans un but de désinfection» (c'est Pressac qui
souligne). Les SS ont dû par conséquent cacher la
catastrophe à Himmler au cours de sa visite du camp, les
17 et 18 juillet 1942. (A mon avis, c'est Himmler qui a suggéré,
ou du moins officieusement approuvé, l'ordre de quarantaine
qui fut donné le 23 juillet.)
Comme on ne peut pas ignorer les épidémies de typhus,
Pressac les mentionne dans les pages qui suivent. Il note qu'«il
était nécessaire d'endiguer à tout prix l'épidémie»,
tandis que, plus loin, il écrit de façon grotesque
qu'à la mi-septembre, presque deux mois après l'ordre
de quarantaine, «les morts causées par l'épidémie
de typhus étaient devenues un véritable problème»
-- ce qui constitue la grande litote de ce livre. 12
Ce que tout lecteur doté d'un minimum de discernement verra,
à savoir le lien évident entre les épidémies
et la construction des crématoires, est éludé.
Pressac assigne ici un rôle extraordinaire aux crématoires
en soutenant que l'accord final de la construction revenait au
RSHA (la branche de sécurité et de police des SS)
plutôt qu'au WVHA (l'agence d'administration des camps).
Si c'est vrai, tout ce que cela révèle est un point
de procédure, ou peut-être l'inégalité
généralement reconnue entre les deux services. 13
Pressac ne fait aucun effort pour donner une idée de la
pleine horreur de l'épidémie de typhus de 1942.
Lorsqu'il avoue à contrecoeur l'existence d'une catastrophe
due au typhus, ce n'est qu'un faux-fuyant pour renforcer, dans
l'esprit du lecteur, l'interprétation selon laquelle les
crématoires servaient à une «extermination
industrielle». Pressac entreprend en fait un blanchiment
des véritables horreurs d'Auschwitz.
La manière qu'a Pressac de ne mentionner qu'à contrecoeur
et de loin en loin les épidémies de typhus pourrait
être considéré comme un exemple parmi d'autres
d'une caractéristique qui a gêné tous ceux
qui ont rendu compte du livre: sa piètre organisation interne.
De nombreuses fois, j'ai repris le livre pour relire un argument
que je me rappelais avoir lu quelque part et découvrir
qu'il n'était pas du tout à la place où on
l'attendait logiquement, mais plutôt dans un endroit inattendu.
Normalement, on pourrait attribuer un tel défaut d'organisation
à une méthode de travail désordonnée
et la considérer comme un désagrément qui
n'infirme pas l'analyse de l'auteur. Je fournirai plus loin une
autre explication qui dira le contraire.
(Je me demande si les faux-fuyants de Pressac peuvent être
considérés comme de la «malhonnêteté».
Si je devais mettre un couvre-chef bizarre comme celui que portait
Napoléon et me promener en prétendant être
l'empereur français, est-ce que ce serait de la «malhonnêteté»?
Lorsque quiconque ne souhaitant pas s'illusionner perce facilement
à jour le déguisement, peut-on encore le considérer
comme un déguisement? Il se peut que Pressac soit le roi
des clowns mais il n'est pas le roi des mystificateurs.)
Pressac ne s'arrête pas à l'idée que les vastes
installations de crémation du camp convenaient aux conditions
d'une épidémie. J'ai déjà évoqué
l'argument qui suit 14
mais à cause de Pressac il semble nécessaire d'y
revenir. Sur la capacité des crématoires, il est
difficile de parvenir à des conclusions sur une base purement
technique en raison de la distinction que l'on ne peut manquer
d'établir entre ce qui est théoriquement possible
et ce qu'on peut atteindre dans la pratique. Ainsi, bien que ma
voiture puisse aller, me dit-on, à 160 kilomètres/heure,
je sais que je ne peux pas parcourir les trente-deux kilomètres
qui séparent mon domicile d'Evanston de l'université
de Chicago en douze minutes; il y a trop d'obstacles. Les données
techniques fournissent deux nombres à partir desquels on
ne peut tirer qu'une conclusion qui n'a aucun rapport avec la
question et dont la seule valeur est que le calcul est correct.
Pressac cite des documents sur la capacité des crématoires
qui, il le reconnaît, ne peuvent se rapporter à des
conditions pratiques. 15
Dans le cas des fours crématoires des camps de concentration,
les deux principaux obstacles à ces calculs apparemment
simples sont (1) que les équipements pour la crémation
n'étaient pas -- et n'ont pu être -- utilisés
de manière continue, et que (2), comme je l'ai noté
ailleurs, les détenus du camp qui avaient l'habitude de
faire fonctionner les crématoires «travaillaient
avec l'apathie que leur avaient enseignée les Russes».
16
Bien que l'on puisse employer l'adjectif «extraordinaires»
si l'on fait référence aux nombres, je qualifierai
désormais d'«ordinaires» ces morts des camps
dues à des causes non homicides, principalement des maladies
mais comprenant des exécutions pour des crimes précis,
dont presque toutes ont été à un moment consignées
dans des documents allemands et que chacun reconnaît. (Certaines
des morts «ordinaires» qui se produisirent en 1945,
pendant le chaos des derniers mois de la guerre, ne furent pas
enregistrées.)
Un «camp d'extermination» est alors un camp hypothétique
où les morts -- dans des «chambres à gaz»
homicides -- non enregistrés excédent largement
les morts enregistrés. Les révisionnistes considèrent
que, bien que certains documents allemands datant de la guerre
ont pu se perdre, les morts ordinaires ont constitué la
presque totalité des morts et qu'il n'y avait pas de «camps
d'extermination». En accord avec la légende de l'extermination,
Pressac reconnaîtrait volontiers que toutes les morts dans
des camps comme Buchenwald et Dachau en Allemagne étaient,
pour l'essentiel, des morts ordinaires. Il soutiendrait cependant
qu'à Auschwitz, en Pologne, on «exterminait»
sur une grande échelle des personnes anonymes dont la mort
n'était pas enregistrée et que, par conséquent,
seule une fraction -- peut-être un dixième -- du
total des morts était des morts «ordinaires»
enregistrées.
Ce qu'il convient de faire, c'est examiner les taux de la mortalité
enregistrée en rapport avec les capacités des crématoires.
La méthode la plus efficace, je pense, est de comparer
à cet égard les camps («non destinés
à l'extermination») de Buchenwald et de Dachau avec
le camp «d'extermination» d'Auschwitz. C'est plus
convaincant que de citer des estimations sur le temps nécessaire
pour incinérer un cadavre. Pour en revenir aux trente-deux
kilomètres à parcourir entre mon domicile d'Evanston
et l'université de Chicago, il vaut mieux ne pas tenir
compte des données techniques sur la rapidité de
ma voiture et la distance entre les deux endroits et, à
la place, recourir à l'expérience -- la mienne ou
celle d'un autre -- pour déterminer avec précision
le temps nécessaire au trajet.
Si l'on peut démontrer que la capacité des crématoires
de chaque camp était proportionnée au nombre des
morts «ordinaires» et enregistrés de chaque
camp, alors il faut supposer que les crématoires d'Auschwitz
jouaient, et étaient destinés à jouer le
même rôle ordinaire que les crématoires de
Buchenwald et de Dachau (qui, tout le monde en convient, n'étaient
pas des camps d'extermination).
Cette comparaison présente quelques difficultés
mais il est possible de les surmonter. Il manque tout d'abord
une documentation complète et officielle sur les morts
«ordinaires» à Auschwitz malgré la large
publicité qui a entouré la mise en circulation par
les autorités soviétiques des «registres mortuaires»
d'Auschwitz. Par une pure coïncidence, dans un compte rendu
publié en 1989, j'ai donné les chiffres que m'avait
fournis le Service International de Recherches d'Arolsen lors
de la visite que j'avais effectuée là-bas en 1977:
45.575 décès enregistrés en 1942, et 36.960
en 1943, les registres des morts manquant pour 1940, 1941, 1944
et janvier 1945 (lorsque le camp fut évacué). Bien
que mes informations ne fussent pas complètes, elles sont
-- comme nous le verrons -- satisfaisantes pour ce qui nous occupe
présentement. Un autre problème est la signification
des 69.000 morts enregistrées dans les certificats de décès
des «registres mortuaires» (incomplets) annoncés
par les Soviétiques en 1989. Heureusement, cela n'importe
guère pour notre présent sujet. Je persiste à
soutenir que le nombre total des morts «ordinaires»
à Auschwitz de 1940 à janvier 1945 se situe «entre
100.000 et 150.000, probablement plus près du premier chiffre
car la population du camp était peu importante en 1940-1941
et, en 1944, les Allemands avaient fait des progrès contre
le typhus». 17
Comme nous le verrons, ce total n'est pas le point décisif.
Les totaux pour Buchenwald et Dachau, camps situés sur
le sol allemand et non en Pologne, sont assez bien établis.
Le rapport de 1977 du Service International de Recherches donnait
36.550 pour Buchenwald et 31.951 pour Dachau. Dans chaque cas,
cependant, le chiffre exclut un nombre indéterminé
de «personnes qui sont mortes peu avant la libération
et pendant les convois d'évacuation». 18
On connaît également assez bien les installations
de crémation des deux camps. Buchenwald avait un crématoire
à six moufles, installé en 1942, avec peut-être
deux autres moufles installés auparavant. De plus, Buchenwald
pouvait disposer du crématoire civil qui existait dans
la ville voisine de Weimar. Dachau avait un crématoire
à deux moufles avant 1942, date de la construction d'un
crématoire à quatre moufles. 19
Nous pouvons par conséquent supposer que Buchenwald et
Dachau avaient au moins six moufles chacun.
De prime abord, il peut sembler que, par comparaison, Auschwitz
possédait un nombre excessif de moufles: alors que le nombre
des morts «ordinaires» d'Auschwitz était d'environ
trois à quatre fois celui de Buchenwald et de Dachau, il
y avait à peu près huit fois autant de moufles.
Néanmoins, lorqu'on effectue le calcul correctement, on
peut s'apercevoir qu'Auschwitz, en fait, avait moins d'installations
de crémation.
Les chiffres de l'ensemble des morts des deux camps situés
sur le sol allemand sont à interpréter de manière
totalement différente de ceux d'Auschwitz. Ce dernier camp
fut évacué en janvier 1945 dans des conditions qui
furent dans l'ensemble ordonnées. Par conséquent,
le total pour Auschwitz, quel qu'il soit, n'inclut pas les morts
«ordinaires» pendant le chaos complet du printemps
1945. La pire période pour Auschwitz ne fut pas 1945, mais
1942, c'est-à-dire l'époque où fut mis au
point son projet de construction des crématoires.
Par contraste, la plupart des décès dans les camps
situés sur le sol allemand proprement dit se produisirent
en 1944 et dans les quatre premiers mois chaotiques de 1945, pendant
la désintégration et l'écroulement final
de l'industrie allemande. Le personnel des camps de concentration
savait que tous les plans pour un accroissement fondamental des
possibilités de crémation qui auraient pu être
élaborés en 1944 avaient peu de chances d'être
mis en oeuvre. En réalité, ce genre de construction
fut rare en 1944 et en 1945. Toutes les décisions importantes
et efficaces à propos de la construction des crématoires
furent en fait prises avant 1944 et n'ont pu être motivées
que par des conditions qui existaient avant 1944. Par conséquent,
pour juger des intentions allemandes concernant la construction
des crématoires, il nous faut considérer la période
1942-1943. Les chiffres incomplets donnés ici pour Auschwitz
sont donc tout ce qui est nécessaire pour l'objet de notre
étude.
Les chiffres des décès «ordinaires»
dont nous disposons pour les trois camps se décomposent
de la manière suivante (il est à noter que, pour
Buchenwald, le chiffre ne s'applique qu'aux trois premiers mois
de 1945) 20
:
| Année | Auschwitz | Buchenwald | Dachau |
| 1940 | ? | 1772 | 1515 |
| 1941 | ? | 1522 | 2576 |
| 1942 | 45575 | 2898 | 2470 |
| 1943 | 36.960 | 3.516 | 1.100 |
| 1944 | ? | 8.644 | 4.794 |
| 1945 | ? | 13.056 | 15.384 |
| Totaux? | ? | 31.408 | 27.839 |
| Totaux ? | 125.000? | 37.000? | 32.000? |
Les années cruciales
sont 1942 et 1943 car ce sont les dernières années
que l'on pourrait considérer comme ayant motivé
les décisions allemandes à propos de la construction
des crématoires dans les camps.
La proportion de moufles prévus par rapport aux décès
«ordinaires» est présentée sur le Tableau
2. J'ai attribué 52 moufles à Auschwitz (46 pour
Birkenau et six pour le Stammlager, non parce qu'Auschwitz
a jamais eu 52 moufles en état de marche, mais parce que
le but de ce calcul est d'aider à interpréter les
décisions qui ont conduit à l'a construction des
crématoires plutôt que de s'intéresser aux
capacités qui ont été réellement atteintes.
Nous constatons, en fait, que la proportion des moufles de crémation
par rapport aux décès se montre assez dé
favorable à Auschwitz: la raison en est qu'il fut décidé
qu'Auschwitz serait moins bien équipé en
crématoires que Buchenwald et Dachau (deux camps qui, tout
le monde est d'accord là-dessus, n'étaient pas des
camps d'extermination). Peut-être des contraintes budgétaires
interdisaient-elles d'avoir davantage de crématoires pour
Auschwitz.
| Année | Auschwitz | Buchenwald | Dachau |
| Moufles | 52 | 6 | 6 |
| 1942 | 1,14 | 2,07 | 2,43 |
| 1943 | 1,41 | 1,71 | 5,45 |
A la page 184 de son livre,
Pressac interprète d'emblée la décision de
l'été 1942 d'installer 46 moufles de crémation
à Birkenau comme une étape dans un programme d'extermination.
Ce faisant, il ne tient pas compte des chiffres donnés
ici des décès ordinaires ou enregistrés qui
contredisent son interprétation. La décision de
fermer le crématoire I, avec ses six moufles, du camp principal
[Stammlager] d'Auschwitz, est par conséquent inexplicable,
du point de vue de Pressac.
En vérité, c'est Heinrich Himmler qui élucida
toute l'histoire depuis le début lorsqu'il déclara
le 21 avril 1945:
«Afin de mettre un
terme aux épidémies, nous avons été
forcés de brûler les corps d'un nombre incalculable
de gens qui étaient morts de maladie. Nous avons donc été
forcés de construire des crématoires, et c'est avec
cela qu'ils sont en train de préparer une corde pour nous
pendre». 21
Malheureusement, Himmler ne vécut pas assez longtemps pour
faire une déclaration de ce genre lors des procès
de Nuremberg. Il est scandaleux d'avoir encore à répéter
cela en 1992.
Pour ce qui est des efforts que fait Pressac pour trouver une
chambre à gaz homicide dans le crématoire II (de
Birkenau), je renvoie le lecteur à la critique de Faurisson.
En cherchant à prouver une thèse, dont la fausseté
est (ou devrait être) manifeste au premier coup d'oeil,
Pressac minimise ou ignore tout bonnement les faits décisifs.
Néanmoins, il prétend que c'est nous qui sommes
«des maniaques qui passent leur vie à essayer de
démontrer que quelque chose n'a jamais existé».
22
Le «Vergasungskeller»
(«Cave à gazage»)
Dans The Hoax, j'ai examiné un document très
souvent cité, daté du 29 janvier 1943, dans lequel
Karl Bischoff, chef du département de la construction d'Auschwitz,
rendait compte à Hans Kammler, chef du service technique
des SS à Berlin, de l'état de fonctionnement du
crématoire II:
«Le crématoire II a été achevé -- à l'exception de quelques travaux secondaires -- par l'emploi de toutes les forces disponibles, par équipes de 24 heures, malgré des difficultés sans nom et le froid rigoureux. Le feu fut allumé dans les fours en présence de l'ingénieur en chef Prüfer, représentant des fournisseurs, la firme Topf und Söhne, d'Erfurt, et il fonctionne de manière très satisfaisante. Les planches [de coffrage] du plafond en béton de la cave utilisée comme morgue (Leichenkeller) n'ont pas pu encore être enlevées en raison du gel. Ce n'est, de toute façon, pas très important car la chambre à gaz peut être utilisée dans ce but...» 23
Dans son ouvrage, Pressac
écrit que mon interprétation du terme Vergasungskeller,
«bien que parfaite dans sa forme littéraire, était
techniquement sans valeur». 24 Il interprète le terme Vergasungskeller
dans ce document de 1943 comme désignant une chambre à
gaz homicide et le classe tout en haut de sa liste des 39 «traces
criminelles» de gazages à Auschwitz. 25 Je dirais aujourd'hui que, bien
que ma traduction du terme fût techniquement correcte, Pressac
a montré que, dans ce cas, mon interprétation n'était
pas correcte. Cependant, l'interprétation qu'il donne est
également incorrecte comme le montrent les éléments
qu'il reproduit lui-même. Il est nécessaire d'examiner
cette question en détail. 26
Les deux mots allemands importants à cet égard sont
Begasung, traitement avec un gaz, et Vergasung,
gazéification ou transformation de quelque chose en un
gaz, même au sens vague du terme. (Par exemple, le mot allemand
pour carburation est Vergasung). C'est pourquoi, bien que
«fumigation» soit normalement rendu par Begasung,
pour une raison qui n'est pas claire l'allemand utilise souvent
Vergasung à la place de Begasung. Ainsi,
pour les attaques par les gaz de la première guerre mondiale,
on employait le terme de Vergasung et les professionnels
de la désinfection parlent souvent de Vergasung
plutôt que de Begasung pour désigner leur
activité. Il semble cependant que Begasung ne remplace
jamais Vergasung et qu'une chambre à gaz de désinfection
ou d'épouillage est normalement une Gaskammer et
non une Vergasungskammer ou un Vergasungskeller.
En conséquence, les chambres à gaz d'épouillage
d'Auschwitz étaient appelées des Gaskammern.
27 C'est le genre de conventions arbitraires
d'usage qui se produisent dans n'importe quelle langue et que
l'on ne peut déduire de la consultation d'un dictionnaire.
Malgré tout cela, la signification normale de Vergasung,
dans un contexte technique, est gazéification, production
de gaz ou carburation. En considération de cela, et sachant
que certains fours crématoires nécessitaient un
mélange combustible gaz-air devant être introduit
par des gicleurs situés à l'extérieur, j'ai
interprété le Vergasungskeller mentionné
dans le document de 1943 comme l'endroit où le coke ou
le charbon était transformé en un gaz combustible,
mélangé à de l'air, puis introduit sous pression
dans les fours crématoires.
Bien que cette interprétation ne soit pas «techniquement
sans valeur», Pressac montre qu'elle n'est pas correcte
dans le cas présent. Sa démonstration repose sur
(1) de nombreux dessins industriels du crématoire II, à
diverses étapes de leur conception, qui ne révèlent
aucune installation de ce genre, et sur (2) des dessins industriels
de fours crématoires types de la compagnie Topf, ainsi
que sur d'autres données techniques à leur sujet,
qui montrent qu'ils n'étaient pas conçus comme je
l'avais supposé, et qu'ils étaient alimentés
en combustible par du coke stocké directement derrière
les fours. 28
Sur la base d'un document récemment découvert, Pressac
montre que la morgue du sous-sol (Leichenkeller), que l'on
ne pouvait utiliser en raison du gel, était la Leichenkeller
2. C'est pourquoi il conclut que la Vergasungskeller doit
être la Leichenkeller 1 et qu'on ne l'a désigné
dans ce document comme une «Vergasungskeller» qu'à
la suite d'une «énorme gaffe [sic ].[...]
la première des "bévues" que les SS et
les civils ne pouvaient s'empêcher de faire», la ligne
de conduite qui aurait été adoptée consistant
à ne pas utiliser de termes accusateurs par écrit.
29 Bien qu'il soit vrai que le terme
allemand normal pour une chambre à gaz homicide ou d'épouillage
serait Gaskammer, Vergasungskeller est linguistiquement
possible.
Ainsi que d'autres l'ont noté, Pressac se trouve dans la
situation étrange de quelqu'un qui soutient qu'une pièce
uniformément désignée comme la Leichenkeller
1 sur tous les dessins techniques devait être utilisée
seulement temporairement comme une Leichenkeller, au lieu
de l'être normalement en tant que chambre à gaz ou
simultanément comme chambre à gaz et morgue. Dans
ce dernier cas, les victimes, qui ne soupçonnaient rien,
devaient se tenir debout sur les cadavres. Dans le premier cas
(la seule interprétation qui mérite l'examen), le
délai impliqué dans l'utilisation du bâtiment
pour l'extermination était «sans importance»,
ce qui est une contradiction majeure si l'on prétend, comme
le fait Pressac, que le rôle premier du bâtiment était
le gazage de masse.
Parce que ce document confirme qu'en janvier 1943 les Allemands,
soumis à la pression des circonstances, faisaient en sorte
que cette installation fonctionne comme un crématoire ordinaire,
je le considère comme une autre preuve à l'encontre
de l'allégation selon laquelle on avait décidé,
à l'été 1942, que le but principal de ces
crématoires était l'extermination par gazage homicide.
Non seulement l'utilisation de la Vergasungskeller comme
morgue n'entrava pas les travaux pour mettre en état de
fonctionnement le crématoire II, mais elle permit de les
avancer. Entre parenthèses, je plaide ici pour qu'on accorde
plus d'intérêt à ce que dit le document qu'au
terme Vergasungskeller qui s'y trouve mentionné.
J'ai dans l'idée que c'est parce qu'il s'est rendu compte
de la signification réelle du document que Hilberg n'y
a fait que rapidement et superficiellement référence.
30 Pressac préfèrerait
nous laisser dans l'ignorance du contenu du document.
Quoi qu'il en soit, la logique de l'interprétation par
Pressac de Vergasungskellercomme d'une chambre à
gaz dépend entièrement de la supposition qu'il y
avait une chambre à gaz dans le crématoire II. Sans
cette supposition, nous avons la situation suivante:
(1) Un (et apparemment un seul) document se rapportant exclusivement
au fonctionnement du crématoire II fait référence
à une Vergasungskeller à utiliser temporairement,
en renfort du crématoire, comme morgue et non selon sa
fonction précise ou normale,
(2) Sur les nombreux dessins techniques des crématoires
que Pressac a examinés, il n'y a aucune mention d'une Vergasungskeller,
d'une Gaskammer ou de rien de semblable, 31 et
(3) Rien, dans ces dessins techniques, n'implique ou n'impose
l'existence de quelque chose qui puisse être décrit
comme un Vergasungskeller. Nous avons ainsi montré
que la construction des fours crématoires ne comportait
aucune installation de ce genre.
La conclusion qui convient, je crois, est que la Vergasungskeller
ne se trouvait pas du tout dans le crématoire II. Je suppose
qu'elle était quelque part à proximité mais,
à la lumière des connaissances actuelles, tout ce
qui permet de conclure qu'elle se trouvait dans le bâtiment
du crématoire est la supposition qu'il y avait là
une chambre à gaz. En l'absence de la masse documentaire
présentée par Pressac, il semblait logique de supposer
que la Vergasungskeller était située dans
le crématoire II. C'est précisément la supposition
que j'ai faite en écrivant mon livre; elle me semblait
confirmée par l'observation que la technique utilisée
par le crématoire pouvait nécessiter une installation
de ce genre. Cependant Pressac a montré, sans en prendre
conscience, que la Vergasungskeller n'était pas
dans le crématoire II car elle se trouve pas sur les nombreux
plans de construction et que rien, sur ces plans, n'implique ou
n'entraîne son existence. Seule une supposition gratuite
et arbitraire peut l'y situer.
Si la Vergasungskeller n'était pas dans le crématoire
II, les questions sur sa nature et son emplacement ne sont alors
que d'une importance limitée. Il suffit, je crois, de montrer
que ce terme pouvait s'appliquer à des activités
qui avaient lieu, ou avaient peut-être lieu, ailleurs dans
le camp.
Pour donner d'abord l'interprétation qui a ma préférence,
il est peu probable que la ville d'Auschwitz ait disposé,
avant l'installation du camp, de moyens pour la production et
la distribution de combustible ou de gaz de ville qui auraient
pu couvrir les besoins de l'énorme complexe de camps que
nous appelons «Auschwitz». Ces besoins étaient
ceux de la cuisine, du chauffage, de l'incinération des
déchets, etc. En raison du manque de gaz naturel et de
l'abondance du charbon en Europe, les Allemands avaient considérablement
développé la gazéification du charbon. 32 Le charbon étant particulièrement
abondant dans la région d'Auschwitz, les techniques de
gazéification du charbon ou du coke étaient bien
adaptées aux conditions locales.
Lorsque j'ai, la première fois, assimilé le Vergasungskeller
à un générateur de gaz combustible pour les
fours crématoires, j'avais écrit: « Les deux
méthodes les plus fréquentes pour produire des gaz
combustibles à partir du charbon ou du coke consistent,
premièrement, à faire passer de l'air à travers
une couche embrasée pour obtenir du «gaz de coke»
et, deuxièmement, à faire passer de la vapeur à
travers le coke pour obtenir du "gaz de vapeur"».
33 J'offre à présent
presque la même interprétation, excepté que
l'on ne connaît pas l'emplacement précis de la Vergasungskeller
et que le gaz produit est d'une application générale
et non spécifiquement destiné à l'incinération.
Cela semble entièrement justifié par le fait que
les plans de construction n'indiquent aucune Vergasungskeller
dans les crématoires, que le camp avait très vraisemblablement
besoin de gaz combustible et que l'on pouvait très facilement
disposer de charbon dans la région. 34 Soit dit en passant, il n'est pas
important de savoir, dans notre optique actuelle, si cette Vergasungskeller
était en état de marche ou seulement en construction;
seule importe la possibilité de son utilisation temporaire
comme morgue. C'est encore mieux si cette installation n'était
pas encore en état de marche car, alors, rien n'entravait
son utilisation comme morgue.
Comme je l'ai dit, c'est mon interprétation «favorite»
ou préférée, mais il existe quelques autres
possibilités qu'il est bon de noter.
Nous avons déjà fait remarquer que le gaz combustible
produit dans le camp avait pu été utilisé,
entre autres choses, à l'incinération des déchets.
Le gaz combustible avait donc pu servir comme combustible d'appoint.
Il y a également un second sens dans lequel Vergasung
peut s'appliquer à l'incinération des déchets
car, d'un point de vue technique, les déchets sont un combustible
qu'il faut transformer en gaz. L'incinération (ou Verbrennung)
est en réalité un cas spécial de gazéification
(ou Vergasung) où tous les combustibles sont calcinés
au plus haut degré possible, et l'on obtient par exemple
du dioxyde de carbone (CO2) au lieu du monoxyde de carbone (CO,
gaz combustible, et on pourrait dire dans ce cas que c'est une
Vergasung qui a eu lieu). Comme l'incinération parfaite
n'existe pas, la limite entre Verbrennung et Vergasung
peut être floue. La pratique de la gazéification
des ordures, ou Müllvergasung dans la langue technique
allemande, n'est apparue qu'après la guerre. 35 Il semble que, pendant la guerre,
la Vergasung n'a pu être utilisée dans le
contexte d'une incinération des ordures que comme l'un
des nombreux procédés particuliers mis en oeuvre
dans une usine considérée comme effectuant une Müllverbrennung.
36 C'est pourquoi cette seconde signification
d'une Vergasung relative à une incinération
des ordures ne semble pas s'appliquer, et il est très peu
probable qu'on ait dit, à Auschwitz, d'un incinérateur
à ordures qu'il effectuait une Vergasung.
Cette possibilité vaut cependant la peine d'être
mentionnée. Il y avait un incinérateur à
ordures dans ce que j'appellerais le local de la cheminée,
derrière les fours du crématoire II. Les gaz qui
s'échappaient de cet incinérateur se combinaient
aux effluents des fours et à la sortie du système
de ventilation pour s'évacuer par la cheminée. 37 Je ne crois pas que la Vergasungskeller
ait été ce local car, mis à part les raisons
déjà données, les plans n'y font pas référence
en tant que tel et l'espace disponible est insuffisant pour servir
de substitut même temporaire à l'énorme Leichenkeller
2. 38 Malgré tout, il vaut la
peine de noter que le terme deVergasung pouvait s'utiliser
pour évoquer les deux procédés (crémation
et incinération des ordures) dont il est question ici.
Je ne considère cependant pas comme vraisemblable une interprétation
de Vergasungskeller qui désignerait une incinération
des ordures.
A proximité des crématoires de Birkenau, il y avait
trois stations d'épuration (Kläranlager) à
différents stades de leur achèvement. 39 Le traitement des eaux usées
revient, à la base, à l'accélération
du processus naturel par lequel les bactéries transforment
par métabolisme des ordures solides en gaz et en solides
inertes (boues), et à l'élimination ou à
l'utilisation des résidus. Il y a plusieurs cas où
une Vergasung pourrait intervenir. Un bref résumé
nous sera utile:
1. Ventilation (Belüftung)
2. Javellisation
3. Production de méthane
4. Prévention de la formation de gaz dans les égouts
(Kanalvergasung )
5. Incinération des boues (Schlammverbrennung )
La gazéification des boues (Schlammverbrennung)
ne fut développée qu'après la guerre et ne
concerne pas ici notre propos.
Dans la littérature technique, la ventilation des eaux
vannes est considérée comme une forme de «transfert
gazeux» 40 parce qu'on recherche une action
biochimique spécifique de l'oxygène; le but précis
de cette ventilation est de renforcer l'activité des bactéries
aérobies. On insiste tellement sur cet objectif que j'ai
vu utiliser le mot Begasung pour désigner la Belüftung.
41 Dans cet ordre d'idées,
j'ai également vu les termes Belüftungskammer
(chambre d'aération) et Belüftungsschacht (conduit
d'aération). 42 On effectue normalement la chloration
en faisant passer du chlore liquide sous forme gazeuse -- c'est
une Vergasung 43 -- puis en injectant ce gaz dans
les eaux usées ou les effluents -- c'est une Begasung.
Dans la digestion anaérobie des eaux usées, un certain
nombre de gaz sont produits (gaz de fermentation ou Faulgas),
en particulier le méthane, qui trouvent différentes
utilisations comme source d'énergie. Mais on appelle ordinairement
cette production de gazGaserzeugung plutôt que Vergasung.
En outre, dès lors que le gaz est produit à la surface
d'un bassin de décantation, il est peu probable que le
processus puisse être considéré comme s'effectuant
dans une Keller. Néanmoins, le processus de production
du gaz utilitaire ne se termine pas là et il existe suffisamment
de complications pour permettre différentes combinaisons
qui entraînent l'apparition de divers termes techniques.
Après le traitement des eaux, il faut éliminer les
impuretés, en particulier l'hydrogène sulfuré,
si l'on veut pouvoir utiliser le méthane. Cette suppression
s'effectuait normalement par une épuration à sec
dans un Raseneisenerzfilter, 44 c'est-à-dire par filtrage
au travers d'un oxyde de fer, comme cela se pratiquait dans les
usines à gaz.
Comme nous l'avons déjà fait remarquer, le traitement
des eaux usées consiste dans l'accélération
de processus naturels; le gaz se produit d'abord spontanément
dans les égouts avant que les eaux vannes atteignent l'installation
de traitement. Ce processus est appelé Kanalvergasung
et a fait l'objet d'études en Allemagne avant la guerre.
Il y eut ainsi une thèse de doctorat sur le sujet en 1933.
45 La ventilation est souvent suffisante
pour prévenir des effets non désirés, comme
les explosions, mais, lorsque la ventilation ne suffit pas, il
y a le procédé Gerlach qui supprime les gaz par
aspiration et possède une version mobile et une version
fixe. 46 Dans ce cas, le rôle de l'installation
n'est pas d'effectuer une Vergasung mais de l'arrêter,
c'est-à-dire qu'elle fait une Entgasung [évacuation
du gaz] à cause de la Vergasung non désirée.
L'incinération des boues de vidange a été
pratiquée en Allemagne depuis le début du siècle,
mais ce fut la construction aux Etats-Unis, dans les années
trente, de vastes installations très économiques
qui suscita un grand intérêt pour cette méthode
de destruction des boues. 47 Dans ce cas, la Vergasung
resurgit de la même manière qu'au début de
cette discussion, c'est-à-dire dans la production de gaz
combustible, puisqu'on ne peut pas brûler les boues sans
utiliser un combustible d'appoint, tout au moins pour le préchauffage.
A vrai dire, le gaz issu des boues est une source d'énergie
très commode dans un tel procédé. 48 Après la guerre, on utilisa
le mazout comme combustible, dans un Ölvergasungsbrenner.
49
Je n'ai pas pu situer la Vergasungskeller dans les installations
d'épuration. Mais j'ai inventorié cinq sens du terme
où la production d'un gaz ou le traitement avec un gaz
apparaît dans la technique de l'épuration. Je n'ai
pas trouvé le terme Vergasungskeller ou Vergasungskammer
dans les ouvrages allemands sur le traitement des eaux usées,
mais ce n'est pas nécessaire. Le document en question n'a
pas été écrit par un spécialiste du
traitement des eaux; il a été écrit par un
ingénieur en construction pour informer un autre ingénieur
en construction et l'auteur n'aurait jamais imaginé qu'un
demi-siècle plus tard des gens se pencheraient longuement
sur sa note rédigée à la hâte. Néanmoins,
je préfère encore la première interprétation,
à savoir que la Vergasungskeller était un
générateur de combustible ou de gaz de ville destiné
à un usage général.
Seule l'étude de l'ensemble des plans de construction du
camp pourrait régler la question. Il se peut, hélas,
que ce soit difficile. Une partie de la documentation fournie
à Pressac par le musée national d'Auschwitz (le
Panstwowe Muzeum Oswiecim, ou PMO, à qui Pressac
exprime sa reconnaissance pour son aide multiple) avait été
fournie auparavant au musée d'Auschwitz par les Israéliens.
50 Je suppose que les Israéliens
possèdent également des documents dont ils ne se
dessaisiront pas. En réponse à ma demande de renseignements
sur les installations de traitement des eaux usées, le
musée me répondit, le 26 août 1991, qu'il
«[possédait] plusieurs plans de construction»
des installations, dont l'un est reproduit dans l'ouvrage de Pressac,
mais que «[je trouverais] aux Archives centrales de Moscou
une abondante documentation sur la construction des installations
de traitement des eaux usées de Birkenau». La localisation
précise du Vergasungskeller peut donc s'avérer
une tâche difficile. 51 Pour l'instant, la seule chose
qui semble assuréee est que la Vergasungskeller
n'était pas dans le bâtiment du crématoire.
Le rapport du War Refugee Board
Le 7 avril 1944, deux juifs slovaques, Walter Rosenberg et Alfred
Wetzler, s'échappèrent d'Auschwitz-Birkenau après
deux ans de captivité. Leur évasion fut rapportée
le 9 avril dans un télégramme de la Gestapo à
Berlin et ailleurs. 52
Rosenberg et Wetzler sont présentés comme étant
les principaux auteurs du document sur Auschwitz qui fut publié
par le War Refugee Board (américain) en novembre 1944.
Des suppléments au rapport ont été rédigés,
dit-on, par deux juifs (Czeslaw Mordowicz et Arnost Rosin) qui
se sont échappés le 27 mai 1944 et par un commandant
polonais non juif qui s'est également échappé.
En écrivant The Hoax je pensais que le document,
que j'ai appelé le rapport du WRB, était important
pour le sujet car il marquait la première caution majeure
apportée par une puissance alliée à l'allégation
d'extermination à Auschwitz.
Une brochure, publiée à New York en mars 1944 avec
la caution de l'Office of War Information du gouvernement américain
et du National CIO War Relief Committee, qui est censée
être la compilation de rapports sur Auschwitz reçus
par l'intermédiaire de la résistance polonaise,
illustre ce que l'on disait, à l'époque sur Auschwitz.
Le camp est décrit comme un «camp de la mort»
mais non comme un lieu d'extermination massive des juifs. On signale
l'existence de ces exterminations mais seulement à Belzec,
Sobibor et Treblinka. 53 Dans ce cas-là, les Alliés
ont raté l'occasion de dire qu'Auschwitz était un
camp d'extermination, deux ans après qu'il soit censé
l'être devenu, en dépit du fait que c'était
une installation énorme qui n'avait rien de secret. (La
forte présence de personnels n'appartenant pas aux SS excluait
le secret pour tout ce qui s'y passait).
Pressac consacre un chapitre de son livre à démontrer
l'exactitude du rapport du WRB, pour l'essentiel, en dépit
des différentes erreurs et contradictions qu'il note (principalement
le nombre et la disposition des fours crématoires à
Birkenau).
L'identité des auteurs du rapport du WRB demeure un problème
mais secondaire. Ce qui est incontestable c'est qu'il émanait
du cercle du rabbin Michael Dov Ber Weissmandel, en Slovaquie,
dont les membres ont prétendu avoir reçu le récit
de juifs évadés. Les cinq évadés auraient
procédé à de nombreux changements de noms.
Selon un article d'Erich Kulka publiée dans un livre de
1967, 54 Rosenberg devint Rudolf Vrba, Wetzler
devint Josef Lánik, Mordowicz devint Petr Podulka, et Rosin
devint Jan Róhac, afin de vivre à l'abri après
leur évasion. Rosenberg resta Vrba après la guerre
et enseigne à présent à la Faculté
de pharmacie de l'université de Colombie britannique, au
Canada. Il se peut que les trois autres juifs aient abandonné
leurs noms d'emprunt, bien que Wetzler ait conservé Lánik
comme pseudonyme littéraire.
Dans son article de 1967, Kulka ne mentionnait pas le commandant
polonais, qui est parfois identifié comme un Polonais nommé
Jerzy Wesolowski qui s'était échappé et avait
changé son nom en Jerzy Tabeau. Dans un article de 1964,
T. Iwaszko, qui travaille au musée d'Auschwitz (PMO), mentionnait
Wesolowski-Tabeau, signalant qu'il avait été enregistré
le 26 mars 1942 sous le numéro matricule 27.273, qu'il
s'était échappé du camp le 19 novembre 1943
et avait écrit quelques articles dans la clandestionité,
mais Iwaszko n'en faisait pas un commandant polonais. 55 En 1979, John S. Conway écrivait
que «l'identité [du commandant polonais] n'a pas
été révélée jusqu'à
présent. Nous ne savons pas non plus par quelle voie cette
dernière partie du rapport est arrivée entre les
mains des dirigeants de la communauté juive de Genève».
56 Dans son ouvrage de 1981, Auschwitz
and the Allies, Martin Gilbert déclare que le rapport
du «commandant polonais» fut joint au rapport des
juifs en juin 1944 par Richard Lichtheim du bureau de l'Agence
juive à Genève. 57 Chose curieuse, dans un documentaire
télévisé basé sur l'ouvrage de Gilbert
qui fut réalisé quelques années après
sa publication, nous apercevons le visage du commandant polonais
mais on nous laisse dans l'ignorance de son identité. Dans
un article de 1985 consacré principalement à Rosenberg
et à Wetzler, Kulka mentionnait Tabeau comme un évadé
du camp tsigane (sic) d'Auschwitz, 58 puis, dans un article de 1986 très
semblable à celui de 1985, il identifiait le commandant
polonais comme étant Wesolowski-Tabeau. 59
Le rapport du WRB renferme une contradiction capitale avec la
version de la thèse de l'extermination formulée
par Pressac. Il ignore cette contradiction, ce qui n'est pas une
surprise. D'après le rapport, il n'y avait pas de gazages
au Stammlager [le camp principal] (identifié comme
«Auschwitz» pour le distinguer de «Birkenau»).
Ce n'est pas dit explicitement dans le rapport du WRB, mais c'est
clairement implicite. 60 Les gazages sont décrits
comme ayant lieu seulement à Birkenau ou dans la forêt
de bouleaux («Brzezinski») ou les «Bunkers»
près de Birkenau.
La partie rédigée par Wetzler dans le rapport du
WRB dit qu'il a été envoyé à Birkenau
le 13 avril 1944, immédiatement à son arrivée.
61 Cependant, Vrba et la partie du
rapport du WRB qu'on lui attribue disent qu'il fut logé
au Stammlager [camp principal d'Auschwitz] depuis son arrivée
le 30 juin 1942, alors qu'il travaillait à l'usine de Buna
(Monowitz [ou Auschwitz III]), jusqu'à ce qu'il soit transféré
à Birkenau en décembre 1942. 62 Dans son livre rédigé
après la guerre, Vrba se présente comme ayant beaucoup
participé aux activités de la résistance
et dit que la «connaissance [qu'avait Wetzler] du camp était
profonde et étendue», grâce à sa grande
popularité parmi les détenus. 63 Je serais le dernier à faire
confiance à Vrba, mais il est vrai que les auteurs du rapport
connaissaient très bien le camp. Il y a beaucoup de choses
dans le rapport qui le confirment, comme la mention de l'ordre
de quarantaine du 23 juillet 1942, 64 le plan général du
camp et une équivalence approximative entre les convois
et les matricules dont la liste est fournie avec ceux qui sont
donnés comme exacts par ailleurs. 65 Comme je l'ai écrit il y
a longtemps, «L'on doit supposer qu'une bonne part des éléments
du rapport est véridique. [....] la compétence des
auteurs du rapport n'est pas contestable.». 66 Les auteurs connaissaient l'intérieur
du camp (mais non, comme Pressac le reconnaît, l'intérieur
des crématoires de Birkenau).
C'est pourquoi Pressac devrait faire face ici à une contradiction
majeure. Il relève différentes contradictions dans
les dépositions des prétendus témoins oculaires
habituels (tels que le commandant Höss), mais continue de
croire qu'ils parlaient d'événements réels.
Cependant, s'il veut accepter le rapport du WRB, il doit alors
rejeter (je ne dis pas «nous devons» car il y a longtemps
que je l'ai fait) les dépositions des prétendus
témoins oculaires Höss, Fajnzylberg (Jankowski), Müller
et Broad, puisque ils prétendent avoir assisté à
des gazages de masse dans le Stammlager et que, selon Pressac,
le manque de documents et «l'état actuel des locaux»
font que leurs témoignages sont la seule «preuve
pour établir la réalité de gazages homicides
dans le Stammlager». 67 Il ne s'agit pas là d'une
contradiction de détail. Ce que je veux dire par là
c'est qu'on ne peut plus soutenir qu'ils parlaient d'événements
réels. Parce qu'ils sont douteux, leurs témoignages
sur les exterminations de masse dans d'autres parties du camp
doivent être rejetés. Mais parce que ces témoignages
ne sont pas moins dignes de foi que les autres, Pressac doit rejeter
tous les prétendus témoignages oculaires. C'est
pourquoi Pressac a un programme d'exterminations de masse dont
aucune personne digne de foi n'a été le témoin.
Comme je l'ai dit, nous avons affaire ici à une «inépuisable
source d'absurdités» et l'on pourrait aisément
négliger l'importance de cet aspect des choses pour lequel
la question de l'identité des auteurs du rapport du WRB
est secondaire. L'unique objectif des auteurs, fort bien informés,
en composant et diffusant le rapport, était de prétendre
qu'on était en train d'exterminer les juifs en masse
[en français dans le texte] à Auschwitz. C'est un
exemple de propagande de guerre et rien ne nous oblige à
y croire. Néanmoins, ni Pressac ni personne d'autre ne
peut contester que s'il y avait eu en réalité des
gazages de masse dans le Stammlager [d'Auschwitz I], le
rapport du WRB en aurait parlé. Par conséquent il
n'y en a pas eu. Et pourtant les témoignages concernant
le Stammlager sont équivalents, par leur crédibilité
et par les conditions dans lequelles ils ont été
recueillis, aux témoignages sur des gazages de masse dans
d'autres parties du camp.
Dans l'exploitation contemporaine du rapport du WRB, Vrba est
vraiment la vedette. Depuis qu'il s'est fait connaître publiquement
comme étant Rosenberg (probablement en 1958), il a publié
un livre (en 1964) sur ce qu'il a vécu pendant la guerre,
I Cannot Forgive, a déposé comme témoin
à charge lors du premier procès Zündel, à
Toronto, en 1985, et est apparu dans différents documentaires
télévisés. 68 Vrba ment de manière manifeste
lorsqu'il évoque ce qu'il a vécu à Auschwitz.
On peut le constater en examinant son livre et sa déposition
de 1985 à Toronto au cours de laquelle il déclara
que son livre n'était qu'«un tableau artistique,
[...] pas un document pour un tribunal». 69 J'ai noté précédemment
les principales erreurs de fait de son livre: 70 il croit qu'il n'y a presque pas
eu d'évasions d'Auschwitz avant avril 1944, 71 et il affirme qu'il y eut un raid
aérien sur Auschwitz au moment de son évasion, en
avril. En réalité, le premier raid aérien
eut lieu le 20 août 1944. 72
J'ai également fait remarquer que «le ton général
du livre et sa description de la manière dont se comportaient
diverses personnes» contribuent à ruiner un peu plus
sa bonne foi, si c'est possible. Je n'avais pas donné les
meilleurs exemples dans mon livre car je craignais de ne pas être
cru, mais je vais mentionner ici quelques unes de ces fantaisies.
Vrba prétend par exemple qu'au camp de Novaky, les gardes
slovaques appuyaient le canon de leur fusil sur le ventre d'un
pauvre juif persécuté lorqu'il était assis
sur la tinette, tandis qu'à Auschwitz il avait «vu
des billets de vingt dollars utilisés comme papier toilette».
73 Il veut parler de billets américains
et non de billets allemands. La licence poétique permet
à ce dramaturge des toilettes d'Auschwitz de nous dépeindre
une scène où un colonel de la Gestapo appuie son
pistolet sur la tête d'un juif à qui il remet poliment
un billet de vingt dollars quand il a terminé -- ce qui
n'est pas plus incroyable que ce que Vrba a écrit en réalité.
(Entre parenthèses, les fantaisies scatologiques sont également
un trait récurrent du Talmud.). 74
D'autre part, la description donnée par Vrba du racket
opéré par les SS et les détenus responsables
du «Kanada», «le coeur commercial d'Auschwitz»
75 où les biens des détenus
étaient entreposés, me semble d'une franchise inhabituelle,
même si elle est agrémentée de quelques inepties.
Je note avec gratitude que le livre de Wetzler-Lánik sur
Auschwitz est franchement présenté comme un roman.
76
Parce que j'ai insisté sur Vrba dans mon livre, John S.
Conway, historien et collègue de Vrba à l'université
de Colombie britannique, a publié en 1979 un article sur
le rapport du WRB. 77 En 1981, Conway a également
publié une version allemande du rapport du WRB, et, en
1984, il a publié un article sur le rapport du WRB (et
plus particulièrement sur Rudolf Vrba) et la Hongrie. 78
Conway était en retard sur la critique. Dans son article
de 1967, Kulka n'avait pas critiqué le livre de Vrba publié
en 1964 mais, en 1985, le révisionnisme battait son plein.
Kulka reprochait à Conway de s'être montré
disposé «à accepter sans esprit critique et
comme un fait les propos fallacieux [de Vrba]» et «de
laisser ses propos contradictoires et douteux [...] servir à
montrer que le rapport [du WRB] dénature les faits et que
la description des chambres à gaz d'Auschwitz n'était
que le fruit de l'imagination». 79
Lorsqu'il avoua, en 1985, que son livre n'était pas véridique,
j'ai cru que Vrba était fini comme acteur au cirque d'Auschwitz.
Cependant, c'est un triste commentaire sur l'état actuel
de la controverse de dire que cette stupidité a été
rééditée en 1989, avec quelques ajouts, sous
le titre 44070: The Conspiracy of The Twentieth Century.
80 Il semble que le texte d'origine,
avec toutes ses inepties, ait été reproduit dans
cette nouvelle édition. On a également ajouté
quelques annexes. La partie du rapport du WRB attribuée
à Wetzler et Rosenberg est reproduite; il y a une annexe
sur les «procès des officiers SS d'Auschwitz»;
il y a un essai de Vrba sur les aspects économiques des
persécutions des juifs par les Allemands, une courte biographie
de Vrba (où le nom de «Rosenberg» n'est pas
mentionné) et un essai de Conway, tiré de son article
de 1979 et le complétant.
Nulle part, dans la nouvelle édition, il n'essaie de corriger,
d'expliquer ou de s'excuser pour les inepties et les erreurs de
fait de l'édition originale du livre ou pour l'aveu de
1985, reconaissant que le livre n'était qu'une «peinture
artistique», c'est-à-dire qu'il n'était pas
conforme à la vérité. Conway ignore tous
ces problème et toutes les critiques qu'il avait reçues
à propos de sa crédulité concernant Vrba.
Il ne s'excuse pas d'avoir accordé une caution implicite
à un ouvrage dont chacun, y compris Vrba, dit qu'il n'est
pas vrai. Il semble qu'il ne veut ou ne peut pas en tirer de leçon.
C'est la même chose pour ceux qui publient des ouvrages
sur l'Holocauste; ils semblent supposer qu'un examen critique
de ces ouvrages n'est pas nécessaire. Ils paraissent tout
à fait disposés à publier n'importe quoi
aussi longtemps que la critique restera sera confinée dans
quelques écrits relativement ésotériques.
En 1990, Vrba s'est querellé avec Raul Hilberg, Shmuel
Krakowski de Yad Vashem, et Yehuda Bauer à propos du nombre
des exterminés. 81
Conclusion
Revenons à Pressac. La règle d'or de son travail
est le refus d'accepter les implications du rapport du WRB. J'ai
entendu des révisionnistes parler comme si le travail de
Pressac était celui d'un historien. On peut aisément
déceler le fondement de cette opinion. Avec le soutien
de gens influents désireux de l'aider, Pressac a pu rendre
accessible au public des documents techniques qui relèvent
de la catégorie des textes à la diffusion extrêmement
restreinte, inconnus ou connus seulement de quelques chercheurs.
Ce livre nous sera utile, mais le gain est comparable à,
disons, la publication d'un index ou d'une bibliographie. Sa valeur
réside uniquement dans les faits rapportés. La partie
analytique du livre est une fumisterie dont l'auteur est assuré
par avance que les personnes à qui il rend service prendront
part à la comédie et n'appelleront pas l'attention
sur le déguisement voyant qui fait de lui un clown aux
yeux de ses cibles. Quelle autre réaction peut-on avoir
devant quelqu'un qui persiste à considérer comme
sans rapport, au moment où l'on décide de construire
de vastes crématoires, le fait qu'il y avait là
un taux de mortalité catastrophique attesté par
les documents ? Le péché mignon de Pressac, qui
est de supposer qu'il est en train de découvrir des «traces»,
est peu de chose comparé à la comédie de
ses pirouettes disgracieuses autour des points centraux du problème.
J'ai commencé cette conférence en promettant de
montrer comment Pressac cherche à égarer l'intérêt
du lecteur sur des questions purement locales, au détriment
du contexte, du camp de concentration d'Auschwitz dans toutes
ses dimensions. J'en ai fourni trois exemples précis. Premièrement,
lorsqu'il examine les décisions de construire les crématoires
à Auschwitz, il néglige d'en reconnaître le
rapport avec l'épidémie catastrophique de typhus
qui faisait rage au moment où ces décisions furent
prises. Deuxièmement, sa «trace criminelle»
numéro un consiste dans l'interprétation hautement
contestable d'un seul mot qui se trouve dans un document qui montre
la fausseté de son affirmation la plus importante ou, du
moins, qui la rend invraisemblable. Troisièmement, son
examen du rapport du WRB néglige le récit qu'il
contient et, par conséquent, les conséquences décisives
de ce récit pour évaluer la crédibilité
des soi-disant témoins, ce qui lui permet de se polariser
sur un détail insignifiant.
On pourrait poser la question: comment une telle manière
de procéder est-elle possible dans un travail aussi épais
qui déborde de détails documentaires? C'est ce à
quoi concourt le désastreux désordre de ce livre;
c'est le moyen d'éviter de se concentrer sur les éléments
simples et essentiels. Cette désorganisation est présente,
non à cause du style déplorable de l'auteur mais
à cause de la logique de mauvais aloi qu'il applique à
son travail et qu'il attend de ses lecteurs.
L'un des messages qu'on peut tirer du livre de Pressac consiste
à dire que, oui, les révisionnistes et Faurisson
en particulier ont bel et bien raison de rejeter les preuves traditionnelles
et communément admises de l'existence des chambres à
gaz homicides à Auschwitz. Il ne le dit pas aussi carrément,
mais l'esprit y est. Il prétend alors que c'est lui, presque
un demi-siècle après les événements
en question, qui a finalement rétabli la vérité
à cet égard. Le procédé est classique;
il suffit de feuilleter une montagne de documents, d'écarter
tous ceux qui contiennent manifestement une disculpation en prétendant
que c'est le résultat d'une ruse des Allemands dans la
tenue de leurs documents administratifs puis, quand on découvre
quelque chose qui serait susceptible d'une interprétation
accusatrice, de déclarer qu'il s'agit d'une «énorme
gaffe» masquant un aveu involontaire.
Je pense que je pourrais faire la même chose avec n'importe
quelle institution ou administration qui produit une grande masse
de dossiers écrits. En ces jours d'«affirmative action»
[ou discrimination positive] dans le domaine de l'emploi, je devrais
peut-être chercher les chambres à gaz pour hommes
blancs de l'université de Northwestern, tout en prenant
la précaution d'élaborer une explication sur les
raisons qui m'ont permis de survivre. De la même façon,
un futur Pressac pourra admettre que notre Pressac a tort mais
qu'il a raison en fin de compte. Ce petit jeu peut donc se poursuivre
éternellement; il représente l'avenir, s'il y en
a un, de la légende et demeure le seul type possible d'essai
anti-révisionniste .
NOTES
1 / Les
comptes rendus et les analyses de l'ouvrage de 1989 de Pressac
sont parus dans The Journal of Historical Review : M. Weber
in vol. 10, No 2, été 1990, p. 231-237 ; C. Mattogno
in vol. 10, No 4, hiver 1990-91, 461-485 ; R. Faurisson in vol.
11, No 1, printemps 1991, p. 25-66, et in vol. 11, No 2, été
1991, p. 133-175.
2 / «An Official Polish Report
on the Auschwitz "Gas Chambers"», The Journal
of Historical Review, vol. 11, No 2, été 1991,
p. 207-216. [Cf. également le «Lüftl Report»
et d'autres articles dans The Journal of Historical Review,
vol. 12, No 4, hiver 1992-1993.]
3 / J.-C. Pressac, Auschwitz,
1989, p. 133.
4 / Idem, p. 16, 53.
5 / Sur ce point, voy. mon article dans
The Journal of Historical Review, vol. 3, No 4, été
1982, p. 371-406. (Voir ici supplément B). Cf. aussi mon
court article du Daily Northwestern, 13 mai 1991, corrigé
avec corrections du 14 mai. (Cet article a été reproduit
dans The Journal of Historical Review, vol. 11, No 2, été
1991, p. 251-254.) [voir RHR]
6 / J.-C. Pressac, Auschwitz,
1989, p. 132.
7 / Idem, p. 200, 206.
8 / A. R. Butz, The Hoax, p.
131.
9 / D. Czech, « Kalendarium der
Ereignisse im Konzentrationslager Auschwitz-Birkenau »,
Hefte von Auschwitz, No 3, 1960, p. 68-76. Egalement D.
Czech, « Die Rolle des Häftlingskrankenbaulagers im
KL Auschwitz II », Hefte von Auschwitz, No 15, 1975,
p. 27 sqq.
10 / D. Czech in Hefte von Auschwitz,
No 3, 1960 (cité plus haut), p. 73.
11 / J.-C. Pressac, 1989, p. 217-218,
use à nouveau de ce stupéfiant faux-fuyant. A la
p. 384, il suggère rapidement un lointain rapport entre
la construction des crématoires et les épidémies.
12 / J.-C. Pressac, 1989, p. 188, 202.
13 / Personne ne croit qu'Oswald Pohl
avait une influence égale à celle de Reinhard Heydrich
quand ce dernier était en vie. C'est Ernst Kaltenbrunner,
le chef du RSHA, qui donna, vers la fin de la guerre, l'ordre
d'ouvrir les camps à la Croix-Rouge internationale. Butz,
The Hoax, p. 44.
14 / Idem, p. 128.
15 / J.-C. Pressac, à la p. 108
d'Auschwitz (1989), cite une lettre de Topf (reproduite
in R. Schnabel, Macht ohne Moral, Francfort, 1957, p. 346).
Cette lettre prétend que l'un des fours à deux moufles
de la firme est capable d'incinérer «10 à
35 corps en à peu près 10 heures» (c'est-à-dire
que le temps moyen pour incinérer un cadavre dans un moufle
irait de 34 minutes à deux heures) et peut marcher jour
et nuit, une affirmation qui n'a pas été vérifiée
à Auschwitz par la suite, comme le note Pressac (p. 227-247,
en particulier p. 244).
Je crois que le document est authentique et que les exagérations
sont celles que les gens employent habituellement quand ils essayent
de vendre quelque chose. Je note que l'on précise nettement
que les cadavres étaient placés dans le four l'un
après l'autre (hintereinander), en contradiction
avec les « témoins » habituels qui prétendent
qu'on en mettait trois ou même davantage à la fois
dans un moufle. Les témoins affirment également
que les crématoires crachaient des flammes par les cheminées,
ce qui ne correspond certainement pas au mode de fonctionnement
des crématoires modernes. Pressac accepte de telles histoires
sans protester (p. 251, 253).
J'ai plus de difficultés avec le document reproduit par
Pressac à la p. 247, censé reproduire une lettre
du 28 juin 1943 du département de la construction d'Auschwitz
affirmant que les 52 moufles d'Auschwitz pouvaient incinérer
4.756 cadavres en 24 heures. Cela fait une moyenne de 16 minutes
par cadavre. La date du document se situe pendant la panne des
crématoires ; les tentatives de réparations d'urgence
ne donnaient aucune raison aux SS pour exagérer l'efficacité
des produits de Topf (par exemple, Pressac, p. 100, 227, 236).
En outre, selon un autre document reproduit par Pressac (p. 224),
les crématoires ne marchaient que douze heures par jour.
A la p. 91, Pressac dit que le document du 28 juin 1943 provient
du « Comité des résistants anti-fascistes
de la République Démocratique Allemande ».
Je suis dans la situation de quelqu'un qui a devant les yeux un
document allemand qui a l'air authentique et qui affirme qu'une
Volkswagen a franchi le mur du son. S'il ne s'agit pas d'un faux,
alors cela a dû être une sorte de plaisanterie. Dans
l'une de ses exégèses néo-pythagoriciennes
que Faurisson a relevée (The Journal of Historical Review,
vol. 11, No 2, été 1991, p. 145-149), Pressac dit
(p. 110, 244) que ces chiffres devraient être divisés
« par un facteur de 2 à 5 ».
16 / A. R. Butz, The Hoax, p.
42.
17 The Journal of Historical Review, vol. 9, No 3, automne 1989, p.
369 sq. [Compte rendu du livre d'Arno Mayer, Why Did the Heavens
Not Darken ?]
18 / A. de Cocatrix, « The number
of victims of the National Socialist persecution », Arolsen
: Service International de Recherches, avril 1977.
19 / J.-C. Pressac, Auschwitz,
1989, p. 94sq., 106 ; A. R. Butz, The Hoax, p. 128.
20 / Document de Nuremberg PS-2171, publié
in Nazi Conspiracy and Aggression, U.S. Government Printing
Office, 1946-1948, vol. 4, p. 800-835 ; P. Berben, Dachau 1933-1945
: The Official History, Londres, Norfolk Press, édition
de 1975, p. 281.
Je n'ai pas utilisé Mauthausen dans cette comparaison parce
que, bien que le chiffre des décès enregistrés
soit assez bien connus (cf., par exemple, Hans Marsálek,
Die Geschichte des Konzentrationslagers Mauthausen, Vienne,
1974), l'importance des moyens de crémation est mal connue.
Mauthausen était plus décentralisé que les
autres camps ; par exemple, il y a eu à peu près
autant de décès dans le camp satellite de Gusen
que dans le camp principal, et Gusen ainsi que d'autres camps
satellites possédaient leurs propres crématoires
dont on ne connaît pas l'importance (voy. : Pressac, p.
108-114, et, Marsálek, p. 157). De plus, Mauthausen utilisait
à l'occasion les crématoires ordinaires municipaux,
comme celui de Steyr.
21 / A. R. Butz, The Hoax, p.
240 ; Moment, mensuel juif publié à Boston,
vol. 11, No 1, décembre 1985, p. 51.
22 / J.-C. Pressac, Auschwitz,
1989, p. 216.
23 / A. R. Butz, The Hoax, p.
116 ; Pressac, Auschwitz, p. 211. [Cette correspondance
de 1943 constitue le document de Nuremberg NO-4473. L'original
allemand est donné dans E. Kogon, et al., Nationalsozialistische
Massentötungen durch Giftgas, Francfort, Fischer, 1986,
p. 220.]
24 / J.-C. Pressac, Auschwitz,
p. 548.
25 / Idem, p. 432.
26 / Comparez avec la discussion de Faurisson
sur ce point dans The Journal of Historical Review, vol.
11, No 1, printemps 1991, p. 55sq.
27 / J.-C. Pressac, Auschwitz,
p. 27sq., 31. H. Breymesser et E. Bernfus, éds., Blausäuregaskammern
zur Fleckfieberabwehr, Berlin, Reichsarbeitsblatt, 1943, utilisent
normalement Gaskammer mais Begasungskammer est aussi
employé.
28 / J.-C. Pressac, Auschwitz,
p. 106-113, 222-225. Au début de 1989, Faurisson m'avait
dit que mon interprétation du Vergasungskeller n'était
pas exacte, mais, autant que je m'en souvienne, il n'avait pas
abordé la question de la conception des fours. C'est pourquoi
je n'avais pas été convaincu à ce moment-là.
29 / J.-C. Pressac, Auschwitz,
p. 217.
30 / Raul Hilberg, The Destruction
of the European Jews, New York, Holmes & Meier, 3 vols.,
p ; 885, n. 67. [Dans l'édition de 1961 en un volume :
p. 566, n. 52.]
31 / J.-C. Pressac, Auschwitz,
p. 429.
32 / John F. Foster et Richard J. Lund,
éds., Economics of Fuel Gas from Coal, New York,
McGraw Hill, 1950, p. 68-97.
33 / A. R. Butz, The Hoax, p.
121. On peut élargir la remarque sur la méthode
de fabrication du gaz à partir du four à coke. Voy.
Foster & Lund, 1950, cité plus haut, p. 41. Quoi qu'il
en soit, les procédés allemands étaient suffisamment
avancés pour ne pas tomber nécessairement dans les
catégories classiques. Voy. : Foster & Lund, 1950,
p. 68 sq.
34 / Un résumé de différents
procédés de fabrication du gaz est donné
in Hermann Franke, éd., Lüger. Lexikon der Technik,
Stuttgart, Deutsche Verlags-Anstalt, 1960-1972, vol. 7, 1965,
p. 484 sq. La gazéification du pétrole, ou Ölvergasung,
distincte de la gazéification de combustibles solides,
ou Vergasung festes Brennstoffe a également été
effectuée en Allemagne depuis la fin du dix-neuvième
siècle. Voy. : H. Franke, éd., Lüger,
Stuttgart, 1960-1972, vol. 4, p. 390.
35 / H. Franke, éd., Lüger,
cité plus haut, vol. 16, p. 337.
36 / Idem, vol. 7, p. 89.
37 / J.-C. Pressac, Auschwitz,
p. 277, 281 sq., 287, 306.
38 / Ces objections s'appliquent également
contre l'hypothèse selon laquelle une pièce du petit
Leichenkeller 3 (Pressac, Auschwitz, p. 285, p.
295) était la Vergasungskeller. Cf. R. Faurisson,
The Journal of Historical Review, vol. 11, No 1, printemps
1991, p. 55 sq.
39 / Cf. J.-C. Pressac, Auschwitz,
p. 51, 165-170, 420 sq., 542 sq., pour des données limitées.
40 / Metcalf et Eddy, Inc., Wastewater
Engineering, 3e éd., 1991, p. 276.
41 / H. Kretzschmar, Technische Mikrobiologie,
Berlin et Hambourg, 1968, p. 217. 42 / J. Brix, H. Heyd et E. Gerlach, Die Wasserversorgung,
1963, p. 323, 329.
43 / H. Kittner, W. Starke et D. Wissel,
Wasserversorgung, Berlin, 1964, p. 424.
44 / K. Imhoff, Taschenbuch der Stadtentwässerung,
Munich et Berlin, 1943, 10e éd., p. 207.
45 / K. Dau, Über Kanalvergasungen
und ihre Verhütung, Würzburg, Dissertationsdrückerei
und Verlag Konrad Triltsch, 1935.
46 / H. Franke, éd., Lüger
(cité plus haut), vol. 10, p. 693 ; F. Gerlach, «
Die Beseitigung von explosiven und gesundheitsschädlichen
Gasen aus Kanalisations-bauwerken », Gesundheits-Ingenieur,
vol. 52, No 8, 1929, p. 118-122 ; K. Dau, Über Kanalvergasungen,
Würzburg, 1935, cité plus haut, p. 61.
47 / K. Imhoff, « Schlammverbrennung
», Gesundheits-Ingenieur, vol. 59, No 40, 1936, p.
583-587.
48 / K. Imhoff, 1943, cité plus
haut, p. 218 sq.
49 / H. Wulf, « Die Verbrennung
von Schlämmen mit Ölvergasungsbrennern », Brennst.-Wärme-Kraft,
vol. 16, No 8, août 1964, p. 397 sq. ; O. Pallach et W.
Triebel, éds., Lehr- und Handbuch der Abwassertechnik,
Berlin et Munich, 1969, vol. 3, p. 193.
50 / J.-C. Pressac, Auschwitz,
p. 331 ; R. Faurisson, The Journal of Historical Review,
vol. 11, No 2, été 1991, p. 156.
51 / Dans son introduction à la
nouvelle édition américaine de Hitler's War,
David Irving dit que « les carnets de Himmler ont disparu
... on dit qu'il y en a une partie à Moscou et l'autre
à Tel Aviv, en Israël ; Chaim Rosenthal, ancien attaché
auprès du consulat israélien de New York, a obtenu
le journal de Himmler par les moyens les plus discutables ».
Cf. The Journal of Historical Review, vol. 10, No 4, été
1990-1991, p. 402. [Cf. aussi l'IHR Newsletter, No 83,
novembre 1991, p. 2-3.]
52 / T. Iwaszko, « Häftlingssfluchten
aus dem Konzentrationslager Auschwitz », Hefte von Auschwitz,
vol. 7, 1964, p. 67 ; E. Kulka, « Five Escapes from Auschwitz
», in Y. Suhl, éd., They Fought Back, New
York, Crown, 1967, p. 205.
53 / Oswiecim. Camp of Death, New York, Poland Fights, 1944,
en particulier p. 45 sq.
54 / E. Kulka, in They Fought Back,
1967, cité plus haut.
55 / T. Iwaszko in Hefte von Auschwitz,
1964, cité plus haut, p. 7sq., 38.
56 / J. S. Conway, « Frühe
Augenzeugenberichte aus Auschwitz. Glaubewürdigkeit und Wirkungsgeschichte
», Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte, vol.
27, No 2, avril 1979, p. 269.
57 / M. Gilbert, Auschwitz and the
Allies, New York, Rinehart and Winston, 1981, p. 234.
58 / E. Kulka, « Attempts by Jewish
escapees to stop mass extermination », Jewish Social
Studies, vol. 47, automne 1985, p. 296.
59 / E. Kulka, « Kampf der jüdischen
Häftlinge gegen die Endlösung in Auschwitz »,
Zeitgeschichte, vol. 13, 1986, p. 381-396 (note 53).
60 / Rapport du WRB. C'est-à-dire
: US War Refugee Board, German Extermination Camps -- Auschwitz
and Birkenau, Washington, DC, Executive Office of the President,
novembre 1944. Cf. en particulier p. 8 sq., 12, 14, 29-32, 40,
et 11 sq., 17 sq. à partir de l'histoire du « commandant
polonais », qui ne parle pas d' « exécutions
de masse » au Stammlager, mais seulement de fusillades.
Il déclare aussi de manière explicite que le Crématoire
I n'était pas employé pour se débarrasser
des juifs gazés.
61 / Rapport du WRB, cité plus
haut, p. 1, 6.
62 / Rapport du WRB (1944), cité
plus haut, p. 29, 32 ; R. Vrba et A. Bestic, I Cannot Forgive,
New York, Grove, 1964, p. 77, 106 sq., 113, 167 sq.
63 / R. Vrba et A. Bestic, I Cannot
Forgive, cité plus haut, p. 218.
64 / Rapport du WRB, 1944, cité
plus haut, p. 218.
65 / Comparez avec D. Czech, «
Kalendarium der Ereignisse im Konzentrationslager Auschwitz-Birkenau
», Hefte von Auschwitz, No 3, 1960, No 4, 1961, et
No 7, 1964.
66 / A. R. Butz, The Hoax, p.
92.
67 / J.-C. Pressac, Auschwitz,
p. 123. Pressac écrit à la p. 132 que « la
chambre à gaz [du Stammlager] fut utilisée
sporadiquement de la fin de 1941 à 1942 ». Etant
donné les témoignages qu'il cite, il aurait été
préférable de dire « de la fin de 1941 jusqu'au
moins, pendant le courant de (l'année) 1942 ». Ainsi,
le témoignage de Fajnzylberg citée par Pressac à
la p. 124 parle d'un gazage de « 400 juifs arrivés
de Birkenau » à une date qui ne se situe pas avant
novembre 1942, mais où il fut affecté au Sonderkommando
du crématoire I. Les autres témoignages -- in Jadwiga
Bezwinska, éd., KL Auschwitz Seen by the SS, New
York, Howard Fertig, 1984, p. 114 sq., 174 sq., et in Filip Müller,
Eyewitness Auschwitz, New York, Stein and Day, 1979, p.
31-49 -- n'affirment également pas seulement l'existence
de gazages, mais de gazages massifs de juifs, dans la morgue du
crématoire I pendant une grande partie de 1942.
L'une des nombreuses contradictions de l'ouvrage de Pressac est
qu'à la p. 133 il affirme également, s'appuyant
sur une logique que je ne saisis pas du tout, que, d'après
les données fournies par le rapport Leuchter, nous pouvons
conclure à un « usage comme chambre à gaz
homicide » du crématoire I. Une autre contradiction
que j'ai relevée est qu'à la p. 106, il oppose les
fours alimentés au mazout de Buchenwald aux fours alimentés
au coke d'Auschwitz mais qu'à la p. 259 il déclare
qu'ils sont « identiques ». Faurisson a relevé
d'autres contradictions. Cf. The Journal of Historical Review,
vol. 11, No 1, printemps 1991, et No 2, été 1991.
68 / Dans un documentaire qui s'appuie
sur l'ouvrage de Martin Gilbert, Auschwitz and the Allies,
Vrba dit qu'en mai-juin 1944 les juives hongroises arrivaient
à Auschwitz en manteau de vison. À cette époque,
il était censé être caché en Slovaquie.
69 / Toronto Sun, 24 janvier 1985, p. 52.
70 / A. R. Butz, The Hoax, p.
98 sq., 150 sq.
71 / R. Vrba et A. Bestic, I Cannot
Forgive, cité plus haut, p. 217, 220 ; E. Kulka in
Jewish Social Studies, automne 1985, p. 295, mentionne
55 évasions réussies jusqu'à la fin de 1942,
154 en 1943 et 167 en 1944. E. Kulka in Y. Suhl, éd.,
They Fought Back, 1967, cité plus haut, p. 201,
donne des chiffres inférieurs, mais l'article de 1985 utilisait
les chiffres fournis par le musée d'Auschwitz (PMO) en
1964 (T. Iwaszko in Hefte von Auschwitz, 1964, cité
plus haut, p. 49).
72 / A. R. Butz, The Hoax, p.
150 ; R. Vrba et A. Bestic, I Cannot Forgive, cité
plus haut, p. 233.
73 / R. Vrba et A. Bestic, I Cannot
Forgive, cité plus haut, p. 35, 209.
74 / Pour savoir ce que dit le Talmud
sur ce qui est arrivé à Jésus, lire Gittin
57a chez Soncino Press, Londres, 1936 , p. 261 avec une note faisant
référence au codex de Munich ou dans l'édition
de Jüdischer Verlag, Berlin, 1932, p. 368.
75 / R. Vrba et A. Bestic, I Cannot
Forgive, cité plus haut, p. 127.
76 / J. Lánik, Was Dante nicht
sah, Vienne, Die Buchgemeinde, 1964. Traduction de l'original
slovaque Co Dante nevidel, Bratislava, 1964.
77 / J. S. Conway in Vierteljahrshefte
für Zeitgeschichte, avril 1979, cité plus haut.
78 / « Der Auschwitz-Bericht von
April 1944 », Zeitgeschichte, vol. 8, 1981, p. 413-442
; « Der Holocaust in Ungarn. Neue Kontroversen und Überlegungen
», Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte, vol.
32, No 2, 1984, p. 179-212.
79 / E. Kulka in Jewish Social Studies,
automne 1985, cité plus haut, p. 304, 306 (note 45).
80 / R. Vrba et A. Bestic, 44070 :
The Conspiracy of the Twentieth Century, Bellingham, Washington,
Star and Cross, 1989.
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